Parti Communiste des Ouvriers de France

Contre l’A69, le combat continue !
13 janvier 2026

Que ce soit en France ou dans l’UE, ce sont les monopoles qui dictent leur loi. Quand des mesures vont à l’encontre de leurs intérêts, ils utilisent leur poids économique pour les assouplir ou les supprimer ; quand d’autres qui leurs sont favorables sont contestées par le mouvement populaire, l’Etat est appelé à la rescousse pour les imposer. C’est ce que démontrent les articles qui suivent.

Le 30 décembre, la cour administrative d’appel de Toulouse a rétabli les autorisations environnementales permettant à l’entreprise maître d’œuvre de poursuivre les travaux de l’autoroute A69 prévue pour relier Toulouse à Castres.

Pour rappel, le 27 février 2025, le tribunal administratif de Toulouse rendait une décision largement motivée qui avait conduit à l’arrêt du chantier. Dix mois plus tard, la cour administrative d’appel est venue contredire ce jugement, permettant la poursuite des travaux et balayant les arguments développés dans le jugement de février.

On peut légitimement se poser des questions sur ce revirement d’autant que les nouveaux arguments développés pour justifier cette décision sont particulièrement lapidaires : ils tiennent en 24 lignes alors qu’en février, dans le rendu du jugement, c’est sur plusieurs pages que les juges avaient motivé leur décision et conclu à « l’absence de raison impérative et d’intérêt public majeur », ce qui avait eu pour conséquence d’annuler l’autorisation environnementale du chantier et de suspendre les travaux.

Nous avons rendu compte à plusieurs reprises dans les colonnes de ce journal de la lutte menée par les opposants à ce projet et expliqué les raisons qui les ont amenés à développer des actions de terrain comme des démarches juridiques.

Association de défense de l’environnement, mais aussi paysans et riverains directement impactés par le tracé de cette autoroute de 54 km, se battent depuis le début du projet en 2022. Manifestations, grève de la faim, occupation, pétition, recours en justice, ce sont les moyens utilisés pour faire connaître les raisons de leur opposition.

Ce projet d’autoroute est emblématique des travaux inutiles et coûteux, destructeurs de l’environnement et de la vie des gens. Ce qui les caractérise en premier lieu, c’est leur caractère antidémocratique, car ce sont des projets décidés par l’Etat et/ou les instances départementales et régionales, pour répondre aux intérêts exclusifs des monopoles sans jamais tenir compte de l’avis des populations locales concernées. Pour imposer ces projets, contre la volonté populaire, les forces de polices et de gendarmerie sont appelées en renfort. On l’a vu à Notre-Dame-desLandes, à Sivens, à Sainte-Soline… Et dans tous les cas, des opposants ont été blessés grièvement, marqués à vie, quand ils n’ont pas été tués comme ce fut le cas du jeune botaniste, Rémi Fraisse, 21 ans, à Sivens, en octobre 2014.

Dans un article récent, le site Reporterre rappelle les raisons de l’opposition au projet de l’A69.

Ce projet est une absurdité écologique, puisqu’une zone humide disparaît ainsi que les espèces animales qu’elle abrite, que des arbres centenaires sont abattus et des terres agricoles supprimées. C’est un projet antisocial puisqu’il coupe en deux des exploitations agricoles, qu’il exproprie plusieurs paysans et expulse 820 personnes. C’est un projet coûteux de 530 millions d’euros, dont 23 de subventions publiques pour une autoroute de 53 km qui coûtera à celui qui l’emprunte 17 euros l’allerretour. Un projet qui, comme nous l’avons rappelé plus haut se construit dans la violence, s’impose par la force alors que des alternatives existent !

De son côté la Confédération paysanne a réagi dans un communiqué dans lequel elle s’indigne de cette décision de la cour administrative d’appel de Toulouse. Elle conclut en indiquant : « Outre les nombreuses irrégularités qui émaillent ce dossier, la Confédération paysanne s’oppose particulièrement à l’accaparement et l’artificialisation de ce foncier agricole, qui détruisent les paysages et la biodiversité. Nous rappelons que l’A69 est une entrave majeure à l’agriculture. »

Pour les opposants à l’A69 et tous ceux qui les soutiennent, le combat continue ! ★



Sources :

https://reporterre.net/L-A69-ressuscitee-par-la-justice-explication-d-un-retropedalage-lapidaire https://reporterre.net/A69-les-raisons-d-une-lutte-qui-va-perdurer
https://www.confederationpaysanne.fr/actu.php?id=16295