Parti Communiste des Ouvriers de France

Crise du logement – crise du système
10 octobre 2025

L’inquiétude et la colère sont fortes parmi les associations qui militent pour le droit au logement et ce n’est pas un hasard si cette question a été présente dans les manifestations contre l’austérité des 10, 18 septembre comme du 2 octobre.

Les dépenses publiques pour le logement sont passées de 2,2 % du PIB en 2010 à 1,5 % en 2023 et il est clair que ce n’est pas la priorité du gouvernement à l’heure où les ressources de l’Etat sont massivement mobilisées pour aider les entreprises, épargner les riches et augmenter les budgets de le Sécurité et de la Défense.

«  Depuis 40 ans, souligne le DAL, la crise du logement ne cesse de s’aggraver à mesure que les loyers augmentent, grâce aux politiques de soutien à la spéculation et de casse sociale généralisée  : baisse des APL, criminalisation des locataires en difficulté et des squatteur.euses, ponction dans les caisses des HLM, expulsionsreprésailles de familles entières des quartiers populaires, accélération des saisies sur salaire des ménages endettés… » Cette crise est le résultat des choix de classe qui ont été faits. Les gouvernements qui se sont succédé depuis des décennies n’ont, en effet, cessé d’encourager le parc privé par différentes mesures fiscales, tout en sabordant le parc social, notamment avec la réforme des APL de 2018 qui a privé les bailleurs sociaux de plus d’un milliard de recettes par an. Les logements se dégradent, les rénovations traînent et la construction de logements sociaux connaît une chute vertigineuse (85 000 logements financés en 2024 contre 124 000 en 2016).

Comme dans toutes les crises qui affectent le système capitaliste, il y a les victimes, de plus en plus nombreuses, et les profiteurs, les spéculateurs qui encaissent les bénéfices de la pénurie.

C’est aux victimes de cette crise que la loi Kasbarian-Bergé de juillet 2023 a ouvertement déclaré la guerre. Les chantres de la rigueur budgétaire ne se contentent pas d’épargner les possédants et d’imposer l’austérité aux masses populaires ; au nom de la défense des propriétaires, de la lutte anti-squats, ils stigmatisent, criminalisent et sanctionnent ceux qui n’arrivent pas à trouver de logement et ceux qui ne parviennent plus à régler leur loyer. Et pendant ce temps, la réaction distille ses discours racistes sur la pression migratoire qui serait soi-disant à l’origine de la crise du logement et de l’hébergement d’urgence.

Autour de cette question du logement, il y a des urgences sociales :

qu’il n’y ait plus d’enfants qui dorment à la rue, de mère et de nourrissons sans abri à la sortie des maternités, d’occupants de logements indécents, de salariés contraints de dormir dans leur voiture…  ! Il y a des combats politiques comme celui qui se mène autour des lois de réquisition. Il y a une mise en accusation de l’Etat et de son action au service exclusif du patronat et des riches et de son inaction quand il s’agit de d’apporter des réponses concrètes à la détresse sociale que vivent des millions de personnes.

Le droit au logement est un droit fondamental reconnu par la Déclaration universelle des droits de l’homme et par le préambule de la Constitution ; la loi de 2027 a même instauré un «  droit au logement opposable  », mais dans les Etats capitalistes, il y a un monde entre le droit formel inscrit dans les textes et la réalité. La crise du logement est un acte d’accusation contre le système. Engels l’avait déjà mis en évidence dans l’ouvrage où il analyse les conditions de logement dans les quartiers ouvriers au moment de la révolution industrielle (1). C’est toujours vrai à l’heure actuelle et c’est pour cela que nous inscrivons la lutte pour le droit au logement dans la lutte pour le renversement du système capitaliste-impérialiste et l’instauration d’un système débarrassé de l’exploitation capitaliste et de la course au profit. ★


1. Friedrich Engels,La question du logement, 1872.