Crise du logement : Une réalité accablante 10 octobre 2025
Associations pour le droit au logement, travailleurs sociaux, organisations humanitaires, organisations étudiantes, syndicats…, tous s’accordent sur la gravité de la situation.
Dans son 30 e rapport annuel publié en janvier dernier, la Fondation pour le logement a communiqué sur « les chiffres alarmants » du mal-logement : plus de pauvres ; un record de personnes mortes dans la rue (735 en 2024) ; plus de personnes sans logement (350 000 sans domicile, 590 000 hébergées chez des tiers-hors parents) ; plus d’expulsions locatives avec recours à la force publique (près de 20 000 en 2023 soit +17 % en un an) ; plus d’évacuation de « lieux de vie informels » (+ 34 % en un an), moins de logements sociaux… Cette crise du logement qui perdure depuis des décennies frappe de plus en plus de monde de tout âge : des personnes précaires, des parents isolés, de retraité.e.s… La situation est particulièrement dramatique pour les jeunes travailleurs et pour les étudiants. En 2023 déjà, l’Union Etudiante indiquait : 87 000 étudiants avaient entamé leur année universitaire sans logement et plus d’un étudiant sur deux, soit plus d’1,5 million d’étudiants, est mal logé ». Cette situation n’a fait que s’aggraver avec la pénurie de logements CROUS, le développent du logement de tourisme (Airbnb) qui réduit l’offre de logements dans le parc privé, l’insuffisance des bourses et le quasi-blocage des APL (+ 1,04 % au 01/10/2025) qui ne suivent pas l’augmentation des loyers (+ 3,3 % en moyenne en 2025, avec des hausses beaucoup plus importantes en Région parisienne et autour de Lyon, notamment).
Le dispositif expérimental d’encadrement des loyers institué dans certaines « zones tendues » n’a toujours pas été pérennisé ni étendu. Il est par ailleurs peu respecté : dans son baromètre de septembre 2025, la Fondation logement souligne « une chute marquée du respect de l’encadrement depuis un an et des niveaux de dépassement des « loyers-plafonds inédits »*.
Ces dépassements sont de 32 % dans l’ensemble des villes analysées, jusqu’à 59 % dans certaines villes de Seine-Saint-Denis !
Le Droit au logement opposable (DALO) reste un droit largement théorique même si le site service public.
gouv. indique : « Vous avez fait une demande de logement social, mais vous n’avez pas obtenu de proposition de logement adapté à votre situation (nombre de personnes à loger, montant de vos revenus, handicap…) ?
Une solution est possible » ! Les dossiers s’entassent dans les préfectures et les « solutions » sont bien moins nombreuses que les problèmes !
Il en va de même du « droit à l’hébergement opposable (DAHO). Le coût des loyers, le manque de logements sociaux, les blocages des préfectures devenues de véritables « fabriques de sans-papiers » ont fait exploser le nombre de personnes sans solution de logement. Le 115 est saturé, difficilement joignable, et parmi celles et ceux qui parviennent à le joindre, plusieurs milliers doivent chaque jour raccrocher sans avoir obtenu de place. Les associations, les collectivités locales manquent de moyens pour pallier cette crise du logement qui est aussi une crise de l’hébergement d’urgence ★
