Parti Communiste des Ouvriers de France

Cuba toujours plus sous la menace des USA
10 juin 2026

Empêtrés dans une guerre contre l’Iran qui n’en finit pas, les dirigeants de l’impérialisme US pensent pouvoir remporter une « victoire » rapide contre Cuba. Trump n’a surpris personne en mettant l’île sur la liste des pays à mettre sous leur contrôle : le blocus a débuté en 1962 et a continué de façon quasi continue depuis.

Le calcul est grossier et cynique  :

créer le maximum de difficultés à la population pour alimenter le mécontentement qui, espère-t-il, sapera le soutien de la population au régime.

La crise du pétrole, largement provoquée par la guerre lancée par l’impérialisme US et Israël contre l’Iran, n’a fait qu’aggraver la situation économique de Cuba, qui a également perdu le soutien du régime vénézuélien. Et ce ne sont pas les dirigeants actuels du Venezuela, de plus en plus inféodés à l’impérialisme US, qui vont livrer le fuel indispensable à toute l’économie. Le gouvernement du Mexique a livré du pétrole en début d’année, mais en quantité insuffisante pour les besoins de l’île.

La situation se dégrade, avec des pénuries (liées entre autres aux difficultés de transport), les systèmes de protection sociale et sanitaire se détériorent et les départs se multiplient.

La situation est complexe, car la vie est de plus en plus difficile pour les masses populaires et le mécontentement est réel, et c’est bien là-dessus que joue la réaction et l’impérialisme.

Mais quand Trump a lancé des poursuites contre Raul Castro, pour avoir dirigé les forces armées cubaines qui ont tiré, il y a 30 ans (!) contre des avions de «  contras  », des milliers de jeunes Cubains ont manifesté leur opposition à l’intervention des « gringos », d’autant que le scénario rappelle celui qui a « justifié » le kidnapping de Maduro et de son épouse.

La situation est complexe, car il y a aussi la responsabilité des autorités cubaines : le poids de la bureaucratie, les passe-droits… qui alimentent la contestation qui s’est déjà exprimée dans la rue. Ces questions doivent être résolues en « interne », c’est-à-dire, par le peuple cubain lui-même, sans ingérence de l’impérialisme, notamment étasunien, sans ses pressions et son chantage permanent.

La solidarité avec Cuba, avec son histoire, son combat révolutionnaire, avec son peuple qui défie l’impérialisme US et qui veut rester maître de son destin, reste vivace. On le voit dans les marques de solidarité qui s’expriment, partout où Cuba représente la résistance à l’impérialisme US et une référence au socialisme.

Pour nous, la défense de Cuba, de son intégrité territoriale, de son indépendance, le droit de son peuple à décider du système social et politique, sont des exigences démocratiques et anti-impérialistes. Cela fait partie du combat actuel contre l’impérialisme, notamment l’impérialisme US. Nous publions ci-dessous le texte d’appel que nous avons signé. Il a été proposé par le Mouvement de la Paix.

Le texte avec les signatures est sur notre site. ★



Appel pour la paix à Cuba et dans les Caraïbes, contre le blocus et pour le respect du droit international Nous, soussignés, exprimons notre grave préoccupation face à l’intensification des menaces du gouvernement des États-Unis contre Cuba, laissant entendre que l’île pourrait être la prochaine cible d’une agression militaire. Une telle situation fait peser de graves risques sur la paix à Cuba et dans la région. Sous le prétexte que Cuba représenterait une « menace extraordinaire » pour sa sécurité nationale, le gouvernement des États-Unis a par ailleurs renforcé le blocus économique, commercial et financier à des niveaux sans précédent. Cette politique se traduit notamment par l’imposition d’un blocus pétrolier et par le durcissement des mesures extraterritoriales visant à empêcher toute possibilité de commerce ou même de réception d’aide, en particulier à travers les décrets exécutifs du 29 janvier et du 1 er mai 2026. Pourtant, les faits parlent d’eux-mêmes  : Cuba, petit pays de 9 millions d’habitants, ne constitue aucune menace pour la plus grande puissance économique et militaire du monde. Il n’existe donc aucune justification à une telle punition collective imposée au peuple cubain, qui subit chaque jour une détérioration marquée de ses conditions de vie. Au-delà des sensibilités politiques de chacun, il s’agit aujourd’hui de défendre les principes fondamentaux de la Charte des Nations unies ainsi que du droit international et humanitaire  : le respect de la souveraineté nationale des États, la résolution pacifique et politique des différends, le refus du recours ou de la menace du recours à la force dans les relations internationales, l’interdiction de la coercition collective, la prise en compte des conséquences humanitaires des mesures coercitives et la liberté des échanges commerciaux. Cette escalade agressive touche non seulement Cuba, mais aussi l’ensemble des peuples des Caraïbes et de l’Amérique latine, qui ont le droit de vivre en paix, de coopérer librement et de construire leur avenir dans le respect mutuel et la solidarité, à travers le développement d’une culture de paix telle que définie par l’ONU et l’UNESCO. Les acteurs gouvernementaux, institutionnels et de la société civile, aux niveaux européen et international, doivent agir, faire entendre leur voix et appeler à : La fin du blocus économique, commercial et financier contre Cuba L’arrêt des menaces d’intervention militaire des États-Unis contre Cuba Le respect de la souveraineté de Cuba et de tous les États des Caraïbes Le respect du droit international et de la Charte des Nations unies.

Venezuela : la mainmise US se renforce

Dans La Forge de mars, nous disions : « les autorités transitoires acceptent le pillage des richesses par les USA ». Depuis, la situation s’est aggravée.

Comme le souligne le parti frère (PCMLV), le fait significatif et largement déterminant est «  l’attitude collaborationniste du nouveau gouvernement de la présidente par intérim, Delcy Rodríguez, qui marque sans aucun doute un changement profond entre l’exécutif actuel et celui de Maduro.  » (…) «  Au sein du mouvement populaire, de grands doutes subsistent, que le gouverne ment lui-même a tenté de neutraliser par divers mécanismes dans le cadre de la lutte politique et idéologique, mais il n’a pas pu éviter les remises en question, les désaccords et les revendications qui ne cessent de croître, notamment face à l’attitude docile et à la soumission des dirigeants du gouvernement face à l’administration Trump. (…) La lutte pour la reconquête de l’indépendance et de la souveraineté nationale sera au pre mier plan dans les temps à venir, car l’impact du revirement politique et la manière si abrupte dont s’est déroulé le départ du gouvernement Maduro et son remplacement par celui de Rodríguez laissent, dans une grande partie de la population, un sentiment de confusion et de méfiance très marqué. » Et d’en conclure : « Face à cette réalité si complexe et multi forme, l’organisation de la résistance populaire et de la contre-offensive est une tâche urgente pour le mouvement révolutionnaire. »

Bolivie : “Qu’il s’en aille !”

Un puissant mouvement de grève générale paralyse le pays depuis des semaines, avec comme premier mot d’ordre, le départ du président de droite, R. Paz. Le mouvement est dirigé par la COB (centrale ouvrière de Bolivie) et les organisations paysannes, auxquelles se sont joints les enseignants et de plus en plus de secteurs ouvriers et populaires. Paz, qui a rétabli les relations avec les USA, accuse l’ancien président de gauche Evo Morales, de vouloir reprendre le pouvoir. L’impérialisme US suit de très près la situation : la CIA est sur place et des appels au meurtre de Morales circulent. ★