Défendre le droit à soutenir le peuple palestinien ! Signez la pétition contre la loi Yadan 07 avril 2026
Nous publions l’article qui est dans La Forge d’avril. Il éclaire les enjeux de cette loi, qui s’inscrit dans la criminalisation de la solidarité avec le combat du peuple palestinien.
La pétition a déjà dépassé les 500 000 signataires : nous invitons nos lecteurs à continuer de la faire signer en ligne.
https://petitions.assemblee-nationale.fr/initiatives/i-5158
Malgré l’embarras que peut provoquer la guerre que mène actuellement Israël en embrasant toute la région ou l’instauration de la peine capitale pour les seuls Palestiniens, l’État français continue de soutenir l’Etat sioniste et exerce une répression continue contre le mouvement de solidarité avec le peuple palestinien. Après avoir décidé de la dissolution d’Urgence Palestine, le gouvernement continue de vouloir étoffer son arsenal répressif législatif en soutenant la proposition de loi Yadan. Ce texte, que nous décrivions en détail dans le numéro 680 de La Forge, vise à généraliser le délit d’apologie du terrorisme, pour pouvoir l’appliquer à la solidarité avec la lutte du peuple palestinien. IL le fait par le biais d’une définition de l’antisémitisme permettant d’assimiler une critique d’Israël à un appel à sa destruction.
Malgré une campagne de dénonciation de la dérive répressive que représente cette loi par le mouvement de solidarité, le gouvernement, après un premier échec à mettre le texte à l’agenda de l’assemblée en début d’année, pousse à son adoption en le présentant en procédure accélérée les 16 et 17 avril, ce qui signifie une seule lecture par l’Assemblée puis le Sénat. Signe de l’ampleur de la conscience du danger que représente ce texte, malgré une absence quasi totale de couverture médiatique et la course imposée par le gouvernement, une pétition dénonçant la proposition de loi a atteint les 100 000 signatures ; elle est désormais en ligne sur le site de l’Assemblée nationale visant les 500 000 lui permettant d’être débattue dans l’hémicycle. Il faut cependant garder à l’esprit que le seul précédent concernait la loi Duplomb qui, malgré cela, est toujours d’actualité.
Cette loi, si elle était votée, légitimerait encore plus l’offensive judiciaire que le gouvernement impose au mouvement de solidarité sous couvert d’accusation d’apologie du terrorisme. Les exemples se sont multipliés en ce début d’année.
Mi-février, l’UJFP était attaquée dans un article du journal Le Point affirmant qu’une enquête était ouverte par le parquet national antiterroriste contre l’association pour notamment avoir hébergé un membre de l’organisation « terroriste » FPLP (la militante Miryam Abu Dakkah qui avait pourtant obtenu un visa) et pour financement du terrorisme par l’envoi de quelques milliers d’euros de dons humanitaires à Gaza.
Le 26 mars, le tribunal de Paris a condamné Olivia Zémor, présidente de l’association EuroPalestine, à deux ans de prison avec sursis pour apologie du terrorisme, inscription au fichier judiciaire des infractions terroristes, inéligibilité de cinq ans, trois mille euros de dommages et intérêts versés à l’Organisation juive européenne, sans oublier deux mille euros de frais de justice ! Et ce, après l’arrestation violente à 6 h du matin et la mise en garde à vue de son mari, Nicolas Shashahani, cofondateur et vice-président d’EuroPalestine, quelques jours auparavant. Ce n’est pas la première fois qu’Olivia Zémor doit faire face à la justice sous les mêmes allégations mais c’est une peine d’une lourdeur inédite qui est prononcée, peine qui a été dénoncée par l’ensemble des organisations du mouvement de solidarité.
C’est toujours la même accusation qui a été utilisée contre la députée LFI Rima Hassan, le 2 avril, lorsqu’elle a été convoquée par la police pour un tweet citant Kōzō Okamoto, qui avait pris part à un attentat à l’aéroport de Lod en 1972, évoquant le « devoir de résistance » envers le peuple palestinien. C’est aussi ce prétexte qui avait justifié la décision de dissoudre Urgence Palestine fin 2025. Il est clair que si la loi Yadan est votée, ce type d’attaques contre les militants et organisations qui se mobilisent vont se multiplier.
Autre angle d’attaque pour bâillonner le mouvement de solidarité, les ministres de l’Intérieur et de l’Enseignement supérieur et de la recherche ont publié, en début d’année, une circulaire qui renforce elle aussi l’arsenal répressif. Elle a d’ailleurs été invoquée à Tours très récemment : une conférence qui devait dénoncer les partenariats entre les universités et entreprises françaises avec des entreprises complices du génocide à Gaza, autorisée par la présidence de l’Université, a finalement été interdite pour « risque de trouble à l’ordre public », qui est le principal argument de cette circulaire.
Aujourd’hui, le peuple palestinien plus que jamais à besoin de notre soutien et donc aussi que l’on se batte pour pouvoir le lui apporter. On ne nous fera pas taire !
