Parti Communiste des Ouvriers de France

Des armes dangereuses aux mains des policiers
12 février 2026

La perspective d’une présomption de légitime défense de la police est d’autant plus inquiétante que les violences policières se sont multipliées ces dix dernières années.

L’épisode le plus significatif a été la période de la révolte des gilets jaunes. La violence répressive de la police a été mise en lumière, avec des chiffres inquiétants : 1 mort, 32 éborgnés et 5 mains arrachées… Pour briser la mobilisation, l’Etat a équipé les forces de l’ordre de moyens disproportionnés : gaz lacrymogènes, grenades explosives GLI-F4, grenades de désencerclement et lanceurs de balles LBD 40.

La dangerosité de l’armement policier est connue. La grenade GLI-F4 est la plus puissante utilisée depuis l’interdiction des grenades offensives F1, à la suite de la mort de Rémi Fraisse, à Sivens, en 2014. Le tristement célèbre LBD  40 est responsable de beaucoup de visages et corps fracassés.

Les Nations Unies et le Conseil de l’Europe, comme le Défenseur des Droits, ont condamné cet usage excessif de la force, sapant le droit à manifester.

En 2023, la répression de la manifestation de Ste-Soline a été féroce.

5  000 grenades explosives ou lacrymogènes ont été tirées, 200 manifestants blessés, dont 36 hospitalisés et l’un deux plongé dans le coma, avec de lourdes séquelles.

Mais les images des caméras piétons et les propos tenus par les forces de l’ordre (1) ont mis à jour la violence des gendarmes à l’égard des manifestants  :

«  Faut qu’on les tue  », « Tirez-leur dans la gueule » — « Je ne compte plus les mecs qu’on a éborgnés », « J’ai tiré 7 LBD, j’en ai couché au moins 4 » (1).

Si la police et la gendarmerie est perméable aux idées d’extrême droite, l’Etat, à travers les décisions politiques et les lois des gouvernements successifs, et le choix de l’armement, porte une lourde responsabilité dans la violence de la répression et la clémence, voire l’impunité de ses forces de l’ordre. ★


1. 84 heures d’images issues des caméras-piétons des forces de l’État, révélées le 5 novembre par Libération et Mediapart. https://reporterre.net/Grenades-LBD-A-Sainte-Soline-ces-armes-de-guerre-qui-visaient-les-manifestants