Parti Communiste des Ouvriers de France

Des papiers pour sortir des griffes des loueurs de compte et des marchands de sommeil !
13 janvier 2026

Depuis le 19 novembre, 150 personnes –  en majorité des livreurs à vélo et leurs familles – occupent les locaux de Grenoble Alpes Métropole. Ce sont pour la plupart des travailleurs et travailleuses sans papiers. Une grande partie d’entre eux – ceux qui ont initié la lutte  – vivaient dans des logements vides appartenant au bailleur social Actis. Ces appartements, dont ils ont été expulsés, avaient été investis par une mafia de marchands de sommeil qui profitaient de leur absence de papiers pour leur « relouer » ces mêmes logements en leur extorquant 150 euros par pièce !

Avec le soutien actif du DAL (Droit au Logement), de la CGT, de la CNT, de nombreuses associations et de partis, dont notre parti, ils tiennent depuis deux mois pour que les promesses de relogement se concrétisent. Plusieurs familles ont déjà été installées dans plusieurs villes de l’agglomération.

Mais les choses avancent beaucoup trop lentement au regard des difficiles conditions de l’occupation ! La lutte continue, avec de multiples initiatives pour ne pas se faire « oublier », pour élargir les soutiens et renforcer les pressions sur les municipalités qui n’ont mis aucun bien au pot commun, ou sur celles qui traînent à donner une date d’entrée dans les logements pour lesquels elles se sont engagées.

Sans papiers, les livreurs sont soumis à la surexploitation par les plateformes qui en ont profité pour abaisser considérablement le prix des courses. En pédalant 7 jours sur 7, jusqu’à parfois très tard dans la nuit, ils ne gagnent guère plus de quelques dizaines d’euros par jour, insuffisamment pour se loger correctement.

Ouvriers à la tâche, sous le statut forcé d’autoentrepreneurs, ils ne peuvent pas ouvrir eux-mêmes un compte à l’URSSAF et sont obligés –  faute de papiers – de passer par des loueurs de compte qui leur extorquent 250 euros par semaine.

C’est pour cela qu’ils finissent à la merci des marchands de sommeil.

La lutte actuelle a permis d’arracher un engagement de maintien dans les logements attribués ou qui vont l’être, « tant qu’une solution pérenne ne sera pas trouvée ». Mais de solution de logement pérenne, il ne pourra pas y en avoir sans papiers ! Forts de leur courage, de leur organisation et du soutien qu’ils ont gagné, les occupants et les occupantes de la Métro sont déterminés à poursuivre jusqu’au bout la lutte pour que toutes et tous soient relogé.e.s rapidement. Ils savent qu’un autre combat, encore plus difficile, sera à mener : celui pour leur régularisation  ! C’est la condition pour échapper à la surexploitation par les Deliveroo et autre Uber Eats, aux loueurs de compte et aux marchands de sommeil ! ★