Elections aux conseils métropolitains: Le « troisième tour » des municipales 08 mai 2026
Quelles compétences ? Quels enjeux ?
Le statut de « métropole » a été créé en 2010. Issues des lois de « décentralisation », elles sont à ce jour au nombre de 22, regroupant entre plusieurs dizaines et plusieurs centaines de communes plus ou moins grandes, autour des villes centre (1). Elles exercent des compétences en lieu et place des communes qui en sont membres et ont éloigné des habitants les lieux où se prennent nombre de décisions les impactant directement : au niveau des politiques économiques, culturelles ou sportives, de l’aménagement du territoire et de l’urbanisme, de la gestion de l’eau et des déchets, de la voirie et des transports publics, du logement social et de la lutte contre l’habitat insalubre… Certaines, comme la Métropole de Lyon, pilotent le RSA, en lieu et place du Département.
Elles peuvent en théorie demander aux préfectures une délégation de leurs compétences en matière de logement, comme par exemple le pouvoir de réquisition.
Compte tenu de l’éclatement des votes aux municipales, la bataille pour les postes à la direction des métropoles a été souvent très tendue. Dans les grandes villes où la droite a été battue aux municipales, elle s’est souvent imposée à la présidence des métropoles avec des candidats LR, Renaissance ou Horizon (Marseille, Lyon, Lille…).
Toutes confrontées à l’austérité budgétaire imposée aux collectivités locales, elles ne priorisent pas toutes les mêmes domaines. C’était un des enjeux des élections des présidences des bureaux métropolitains qui ont suivi la mise en place des conseils municipaux.
A Grenoble, des élections dans une « Métro » toujours occupée
L’élection a eu lieu dans les locaux d’une métropole occupée depuis le 19 novembre 2025 par des livreurs à vélo et des familles expulsées de leur logement. La présidence sortante a eu une attitude positive (pas d’expulsion, recherche de solutions de relogement ) et la mobilisation a déjà permis de reloger 100 des 150 occupants-occupantes. Mais les craintes concernant les nouvelles équipes étaient importantes (2).
Les jours de vote, des rassemblements ont été organisés devant le bâtiment avec diffusion d’un appel aux conseillers métropolitains à tenir les engagements de l’ancienne majorité et à continuer à rechercher une solution pour celles et ceux qui n’ont pas encore été relogés.
Forts de cette mobilisation exceptionnelle de plus de 5 mois, les occupants et occupantes ont pu entendre, avec soulagement, le discours du nouveau président :
« Nous avons une solidarité à faire comme modèle et je veux pour preuve l’engagement que nous devons prendre pour les personnes qui sont hébergées ici depuis des mois et à qui nous devons proposer dans la dignité une solution de relogement, mais plus que cela : un travail pour les accompagner dans l’accès aux droits, dans l’accès à la régularisation. Je veux en tant que président porter cette parole-là [ .] Je continuerai à défendre ce qui me semble fondamental et la situation de ces personnes est au cœur de ce combat. » C’est incontestablement un succès de la mobilisation exceptionnelle des occupants et occupantes aidé.e.s par le DAL, la CGT, la CNT, à laquelle notre parti a apporté un soutien actif. Une mobilisation qui va bien sûr continuer, car rien n’est jamais complétement gagné ! ★
