Parti Communiste des Ouvriers de France

Emballement médiatique et instrumentalisation politique
10 mars 2026

Immédiatement, dès le 12 février, les groupes néofascistes lancent une intense offensive sur les réseaux sociaux, dans les médias, répandent des accusations contre des militants de la Jeune Garde (JG), faisant circuler leurs noms, leurs coordonnées et celles de leur famille sur les réseaux (1). La thèse du guetapens organisé par la JG, lancée par la responsable de Némésis, est largement reprise. Elle sera remise en cause grâce à un travail de journalistes qui ont remonté le fil des événements. Cette thèse vient à l’appui de l’accusation selon laquelle la JG est organisée comme une milice violente dont l’objectif est d’agresser, et non pas de se défendre des violences des groupes néofascistes.

Quand le décès de Q. Deranque est annoncé (14/02) par les services hospitaliers, les différents courants néofascistes lancent le mot d’ordre de « vengeance ». Plusieurs le revendiquent comme un des leurs, ce qui met en lumière son lourd passé d’engagement à l’extrême droite suprémaciste, intégriste, anti-immigrés… Chaque jour, des militants et des permanences de LFI, de Solidaires, font l’objet d’attaques…, dont les auteurs ne sont jamais poursuivis.

Des rassemblements de quelques dizaines de personnes ont lieu dans diverses villes, grossis médiatiquement, mais le point d’orgue sera la manifestation autorisée, le 21 février, à Lyon, avec tout l’éventail des néofascistes bénéficiant d’une couverture médiatique sans précédent. Avant cela, le 17, la présidente de l’Assemblée nationale organise une minute de silence, en hommage au militant néofasciste. Là encore, une première.

La focalisation sur la JG et sur ses liens avec LFI devient très vite l’angle d’attaque des forces politiques, du RN aux caciques du PS. Le RN multiplie les accusations contre LFI, appelant à créer un « cordon sanitaire » pour l’isoler et somme les droites, les macronistes et le PS, à s’y rallier.

Les LR s’alignent, sans le dire ; de toute façon, les alliances se banalisent sur le terrain. Les macronistes font à la fois de la surenchère anti-LFI, mais chutent sur le « ni LFI, ni RN », ce qui n’empêche pas la ministre A. Berger de proposer un désistement au RN, quand son candidat ne peut rien espérer, pour faire chuter LFI. Les responsables du PS, à quelques exceptions près, joignent rapidement leurs voix à la condamnation de la violence de l’extrême gauche.

Quand les poursuites policières et judiciaires se sont concentrées sur une dizaine de personnes, dont des attachés parlementaires du député LFI, R. Arnault, fondateur de la JG, les dirigeants du PS ont décidé de rompre toutes les alliances avec LFI, pour les deux tours des municipales.

Certains candidats PS émettent des réserves car, dans plusieurs villes, ils ne peuvent pas gagner sans les voix de LFI. Les Ecologistes sont divisés ; si certains exigent des « clarifications » à LFI sur la question de la violence politique, d’autres se déterminent en fonction des gains et des pertes en cas de rupture d’alliances avec LFI et certains prônent la rupture avec LFI. Macron a appelé au « calme », tout en exigeant des partis qu’ils fassent le ménage pour se débarrasser des « extrémistes ». Darmanin a une nouvelle fois fait pression sur les juges en reprenant les accusations portées contre la JG, avant même que l’enquête ait été close. Nunez exonère la police de toute responsabilité : alors que les risques étaient connus, elle n’est pas intervenue et n’était même pas visible. Par contre, la manifestation de l’extrême droite néofasciste ne posait pas problème, c’est pourquoi il l’a autorisée, tout en veillant à ce qu’il n’y ait pas de mots d’ordre ou des saluts ouvertement nazis… Et il y en a eu. De toute façon, il assume la position selon laquelle c’est l’ultragauche qui est le principal danger et qu’il faut la criminaliser. Rappelons qu’il venait de justifier le classement de LFI dans l’extrême gauche.

Le ministre de l’enseignement supérieur a décidé d’interdire toute réunion politique qui risquerait de «  troubler l’ordre public » : une simple menace téléphonique. ★