Equateur : Noboa, dehors ! 09 avril 2026
La dernière fois que nous avons rendu compte de la situation en Equateur, c’est en décembre, pour saluer la « victoire sans appel du peuple » (LF 678). En effet, le peuple équatorien venait d’infliger une défaite cinglante au pouvoir de Noboa, en votant Non au référendum de novembre. L’impérialisme US, qui soutient à fond ce président arrogant et incompétent, était également touché, et très en colère.
Cette victoire était celle de l’unité entre un large éventail de forces politiques et sociales populaires, dans laquelle l’Union Patriotique (UP) a joué un rôle important, aux côtés des autres forces qui ont réussi à surmonter leurs divergences. Comme le soulignaient nos camarades du PCMLE, un « nouvel état d’esprit de lutte » s’était développé dans les masses (1).
Depuis, sur le continent sud-américain, l’impérialisme US a agressé le Venezuela, il soumet Cuba à un blocus mortifère pour faire tomber le régime, et déstabilise tous les régimes qui ne s’alignent pas sur ses positions et ne lui donnent pas libre accès exclusif aux richesses.
C’est dans ce contexte que le gouvernement Noboa, un fidèle parmi les fidèles de Trump, a décidé de décréter un nouvel état d’urgence en Equateur, soi-disant pour « lutter contre le crime organisé ». Les forces armées, dotées de pouvoirs de perquisition, arrestations… sont déployées à Quito, Guayaquil, dans 9 des 24 provinces du pays.
En collaboration avec l’impérialisme US, l’armée équatorienne a bombardé de soi-disant camps du groupe dissident des Farc (2), près de la frontière avec la Colombie.
Noboa a également appliqué la politique tarifaire de son mentor Trump, à l’égard de la Colombie, accusée de ne pas lutter assez contre le narcotrafic et de « profiter de l’Equateur » : 30 % de hausse sur tous les produits importés, avec des mesures réciproques de la part du gouvernement colombien. Le reproche fait par Trump au régime colombien, c’est de ne pas être suffisamment aligné.
En même temps que 70 000 soldats sont déployés, le régime de Noboa s’en prend au mouvement social, syndical, politique, qui a continué à se mobiliser contre sa politique néolibérale très agressive.
Le 13 mars, une journée nationale de mobilisation a marqué l’intensification de la confrontation entre le peuple et la politique autoritaire et néolibérale du gouvernement. Y avaient appelé l’Union nationale des Educateurs, le Front Unitaire des Travailleurs, le Front Populaire, la Confédération nationale des Fonctionnaires de l’Équateur et plus de 50 organisations.
« Dehors Noboa, dehors ! » C’est le cri qui monte dans toutes les mobilisations dans lesquelles la jeunesse et les femmes sont très présentes.
Il faut dire que la vie devient de plus en plus difficile pour la grande masse des travailleurs, chômeurs, retraités… des villes et des campagnes.
Le gouvernement veut faire passer la TVA à 15 % sur les produits de consommation de première nécessité.
C’est dans ce contexte que le gouvernement s’en prend à l’UP, en la déclarant « illégale ».
Pour cela, la responsable du Conseil national électoral (CNE), sous les ordres du gouvernement, prétend que 175 000 personnes affiliées à l’UP le sont frauduleusement, alors que l’UP a déposé tous les documents nécessaires à son enregistrement, au moment de son inscription en tant que parti. Depuis, elle est connue comme « UP, liste 2 ».
L’UP mène le combat sur tous les fronts, contre cette mesure antidémocratique. Dans toutes les mobilisations nationales qui se sont succédé, la démission de la responsable du CNE est une des exigences portées par l’ensemble des organisations qui sont mobilisées. Parmi les exigences, il y a l’abrogation de la loi minière, qui permet l’exploitation sans contraintes notamment environnementales et qui ouvre le secteur énergétique aux capitaux privés.
Figurent aussi le rejet d’une série de lois et règlements qui flexibilisent les horaires de travail (jusqu’à 10 heures de travail consécutives) et qui facilitent les licenciements dans le secteur public.
Une première mobilisation a été lancée pour le 1 er avril, « en défense de la démocratie », suivie de celle du 8 avril « en défense des conditions de travail dignes et des droits des travailleurs ». Le 1 er Mai sera placé sous le slogan « Dehors Noboa ! ».
Un slogan que nous faisons nôtre, en solidarité avec nos camarades de l’UP et ceux du parti frère, le PCMLE. . ★
