Parti Communiste des Ouvriers de France

Equateur : Révocation !
10 juin 2026

C’est le mot d’ordre de la « une » du numéro de juin d’ En Marcha , journal du Parti Communiste Marxiste-Léniniste d’Equateur (PCMLE). Depuis notre article d’avril, sur la situation de tension sociale et politique qui règne dans ce pays, le caractère « d’un petit dictateur » de Noboa n’a cessé de s’affirmer, en lien avec le renforcement de ses liens avec l’administration Trump.

Nous reproduisons l’article d’ En Marcha , qui explique le sens de cette exigence populaire.

« Le débat sur la révocation du mandat du président Daniel Noboa s’est peu à peu imposé dans les syndicats, les organisations sociales, les quartiers, les universités et les communautés qui observent avec inquiétude la direction prise par le pays au cours de la première année de mandat du gouvernement actuel. La révocation est un mécanisme reconnu par la Constitution équatorienne permettant à la population d’évaluer si un gouvernement a manqué au mandat politique qui lui a été confié par les urnes. C’est pourquoi il est significatif que des organisations indigènes, syndicales et populaires aient commencé à lancer la collecte de signatures pour déclencher ce processus.

La montée en puissance de cette initiative s’explique par l’usure politique du gouvernement. Bien que Carondelet [le siège du gouvernement * ndlr] s’efforce de présenter une image de stabilité et de reprise, les indicateurs qui mesurent la perception qu’en ont les citoyens montrent une autre réalité. Divers sondages indiquent une baisse continue de la cote de popularité du président et une augmentation du mécontentement. Selon des données publiées en mai 2026, l’évaluation positive de la gestion de Noboa a considérablement chuté par rapport au début de son mandat.

La principale promesse du gouvernement était de rétablir la sécurité dans le pays. Or, un an plus tard, la violence continue de frapper la population et l’Équateur reste confronté à l’une des crises de sécurité les plus graves de son histoire récente.

À cela s’ajoutent les problèmes économiques, la hausse du coût de la vie, les licenciements dans le secteur public et la détérioration des services fondamentaux tels que la santé et l’éducation.

Le débat de fond ne se limite pas à la figure de Noboa. Ce qui est en cause, c’est le modèle politique et économique qu’il incarne. Son gouvernement a renforcé un programme favorable aux groupes oligarchiques, tandis que les revendications des travailleurs, des paysans, des peuples indigènes et celles des classes populaires restent sans réponse. La militarisation permanente, les états d’exception récurrents et les restrictions imposées à la contestation sociale ont créé un climat de tension démocratique croissante.

Ce n’est pas un hasard si la proposition de révocation a trouvé un soutien précisément auprès d’organisations qui, depuis des années, soutiennent les luttes sociales du pays.

Pour ces secteurs, la révocation apparaît comme un outil de résistance face à un gouvernement éloigné des besoins populaires.

Aujourd’hui, la révocation devient une forme d’expression de la lutte politique  : la confrontation entre les intérêts du peuple et ceux de l’oligarchie et de l’impérialisme.

Ce mécanisme ne fait pas seulement ressortir le mécontentement d’une partie importante de la population, mais il met à nu le gouvernement de Noboa et le dépeint sous son vrai jour.

L’histoire du pays montre que lorsque le mécontentement social s’accumule, de nouvelles formes d’organisation et de mobilisation émergent . La révocation du mandat doit être comprise dans ce contexte.

Plus qu’une contestation juridique, elle constitue l’expression de la crise de légitimité que traverse le gouvernement  ; autrement dit, il s’agit d’un instrument de lutte politique qui oppose le peuple à la bourgeoisie. Il appartient aux organisations sociales, aux syndicats, au mouvement indigène, à la jeunesse et aux femmes travailleuses d’unifier leurs drapeaux et d’assumer le rôle historique de dynamiser ce processus.

La collecte de signatures pour déclencher le processus de destitution doit se transformer en une grande minga [une initiative collective à but social – ndlr] nationale pour la dignité, une grande mobilisation de résistance populaire qui entraîne les grandes masses. C’est le moment d’activer l’organisation communautaire et territoriale  : la sortie démocratique de cette crise est entre nos mains et commence dès maintenant ! » ★