Parti Communiste des Ouvriers de France

Espagne : face aux élections et la grève générale, tous en grève
08 octobre 2026

Comme le soulignent les camarades du Parti Communiste d’Espagne (m-l), « il manque de logements sociaux, le parc est dégradé, les crédits immobiliers sont inaccessibles et les locations affichent des prix prohibitifs. La politique du « tout touristique » entraîne la flambée du coût de la vie pour les populations ». Récemment, l’expulsion d’une dame âgée de 87 ans de son logement suite à l’augmentation très élevée de son loyer par le fonds d’investissement qui a acquis l’immeuble a provoqué un tollé. La place Puerta del Sol à Madrid s’est couverte de tentes, en signe de mobilisation sur la question du logement. Le gouvernement Sanchez a déposé deux projets de décrets prévoyant notamment de protéger davantage les familles les plus vulnérables d’expulsion, d’encadrer les loyers des locations saisonnières… La droite et l’extrême droite ont voté contre, provoquant le rejet de ces deux décrets qui étaient loin de satisfaire les exigences populaires. Sanchez qui n’a pas de majorité, a décidé de dissoudre le parlement pour provoquer de nouvelles élections.

Nous publions l’appel du PCE (m-l) qu’il a lancé le 6 octobre.

Secrétariat du Comité central du PCE (m-l)

Pedro Sánchez a convoqué des élections législatives pour fin novembre. La dissolution des Cortes et la constitution de la Commission permanente lui permettront de présenter deux nouveaux textes législatifs reprenant l’essentiel de ce que l’assemblée plénière du Congrès a rejeté vendredi 2 octobre, en vue de leur examen par la Commission permanente. S’ils étaient adoptés, cela constituerait un soulagement temporaire relatif face à la situation oppressante que subissent plus de 8,5 millions de personnes dans notre pays. Mais ce ne sera pas une victoire du gouvernement de coalition ; c’est une victoire de la mobilisation populaire qui, comme le soulignent les porte-parole du Syndicat des locataires, a obtenu en huit jours plus que le gouvernement de coalition en huit ans.

Il a réussi à faire sortir la lutte politique dans la rue, à remettre entre les mains de notre classe et de notre peuple l’initiative détournée par des tribuns bourgeois qui s’en étaient emparés pour l’enliser dans les méandres des institutions de l’État monarchique ; il a réussi à forcer à l’action des syndicats paralysés pendant tout ce temps, engagés dans un dialogue social inexistant et attendant les décisions d’un gouvernement incapable de représenter les intérêts de la majorité des travailleurs qui ont voté pour lui comme un moindre mal face à la montée de la droite et du fascisme ; elle a réussi à montrer que la jeunesse ouvrière n’est pas étrangère à la politique et s’est placée à la tête de la lutte populaire ; et elle a surtout réussi à montrer que le fascisme a progressé parce que, jusqu’à aujourd’hui, on ne lui a pas tenu tête.

Les milliers de jeunes qui ont mené les manifestations et les campements dans tout le pays et qui ont défendu de leur corps ceux que l’ordre bourgeois expulsait de leur logement ont prouvé sans l’ombre d’un doute que les marionnettes fascistes, que les patrons et les financiers de ce pays, ainsi que leurs serviteurs intellectuels et politiques, ne sont rien lorsque le peuple passe à l’action.

Nous ne sommes pas naïfs ; nous savons que la victoire du fascisme aux prochaines élections rendrait plus difficile la défense des droits acquis ; nous ne sommes pas naïfs, nous savons que les conditions ne sont pas encore réunies pour en finir avec un régime héritier direct d’une dictature fasciste, dont les institutions détiennent toujours les instruments permettant d’imposer, à la majorité des travailleurs, la politique qui sert les intérêts d’une infime minorité de spéculateurs, de banquiers et de profiteurs. Mais nous savons aussi que ce n’est qu’en luttant que l’on pourra aller de l’avant.

Les centaines de milliers de travailleurs qui sont descendus dans la rue ont pris la mesure de leur force, de la force de l’unité et de la détermination ; ils ont pu constater que, lorsque le peuple se lève, aucune menace ne peut l’arrêter. Aujourd’hui, la politique est dans la rue ; elle a été réveillée par la force d’un peuple las de l’exploitation et de la violence, mais aussi de l’impuissance et des manœuvres politiques.

L’expression de la lutte, de la combativité et de la conscience de classe s’étend à travers les campements et les manifestations qui ne cessent de se multiplier. Le 2 octobre, un parlement composé de monarchistes lèche-bottes a ignoré les ordres du peuple qu’ils prétendaient représenter ; et la décision de ce dernier est de poursuivre la bataille en organisant une grève générale qui rassemble les aspirations en matière de logement et qui doit aller de l’avant pour garantir des salaires décents, des services de santé et d’éducation publics de qualité, des droits sociaux et une politique de paix. Notre parti, ainsi que tous ses militants, restera engagé envers les objectifs de ceux qui prennent aujourd’hui la parole et refusent de la céder à nouveau à ceux qui n’ont pas su tenir la leur.

Pour faire avancer ces revendications, pour progresser vers une démocratie populaire et pleine, pour régler nos comptes avec un régime qui nous ignore et bafoue nos droits, les priorités aujourd’hui sont les suivantes : S’ORGANISER en organisations de classe et créer, développer et renforcer le tissu social ; S’ORGANISER et PRÉPARER ensemble LA GRÈVE GÉNÉRALE ; créer des COMITÉS DE SOUTIEN À LA GRÈVE dans les quartiers, sur les lieux de travail et d’étude.

Aujourd’hui, c’est à notre peuple de prendre la parole, c’est à notre classe de prendre l’initiative.

En avant, la grève générale !

En avant, la lutte populaire !

Vive la lutte de la classe ouvrière !

6 octobre 2026

Secrétariat du Comité central du PCE (m-l)