Fête internationaliste pour les 40 ans du Parti des travailleurs de Tunisie 10 juin 2026
Le Parti des Travailleurs de Tunisie fête dans les différentes villes du pays, ses quarante années de luttes. La section de France du PT a invité ses camarades, ami.e.s, sympathisant.e.s, ainsi que les partis frères présents à Paris, et des représentants d’organisations de jeunes, d’étudiants, à partager ce moment festif et politique, ensemble (1).
Un diaporama très riche sur l’histoire du parti et la présentation de la fondation du parti par un des membres fondateurs, intervenant depuis Tunis, ont introduit les discussions. Ils ont retracé l’histoire du parti, en liaison étroite avec le mouvement ouvrier, des mobilisations des étudiants et surtout de la classe ouvrière depuis les années 70. C’est dans les années 70-80 que la classe ouvrière a fait irruption dans le combat syndical et politique, à travers notamment les grandes grèves menées par l’UGTT. Le régime de l’époque a répondu par une répression féroce, pour décapiter la centrale, procédant à des centaines d’arrestations, fermant les locaux dans toutes les régions.
Mais devant la puissance du mouvement de soutien populaire, autour notamment de l’UGTT, le régime a dû reculer et a libéré les prisonniers politiques, comme le camarade Hamma Hammami, et les syndicalistes arrêtés. En janvier 1984, éclatait la grande « révolte du pain », un mouvement qui est resté largement spontané et qui n’a pas, pour cette raison, débouché sur un changement politique de fond.
Les marxistes-léninistes en ont tiré des leçons essentielles, notamment sur la nécessité de construire un parti prolétarien, pour garantir l’indépendance de classe par rapport aux autres partis. Ce travail de clarification, qui s’est mené en lien avec la lutte de classe qui se développait en Tunisie, a débouché sur la fondation du PCOT, en janvier 1986, qui a permis d’approfondir l’analyse de classe de la société, de préciser la nature de la révolution – démocratique, nationale, avec la perspective du socialisme. Il a également fait le bilan du mouvement communiste en Tunisie, passé en revue les différents courants et forces qui agissent dans la société, et répondu de façon argumentée aux thèses du mouvement islamiste. Il a également inscrit sa démarche dans celle du mouvement marxiste-léniniste, qui a abouti, en 1994, à la constitution de la CIPOML, dont il est membre.
En janvier 2012, il a pris le nom de Parti des Travailleurs de Tunisie.
Les responsables de la section de France du PT sont intervenus sur la situation sociale et politique actuelle, dénonçant la flambée des prix des produits de consommation de base et les ingérences des puissances impérialistes. Ils ont notamment dénoncé les projets de production « d’hydrogène vert », à l’initiative des monopoles français et allemands, et ceux en matière de production d’électricité à partir de l’énergie solaire, pilotés par les monarchies du Golfe et la Norvège, qui sont une forme de « colonialisme énergétique », payé par les masses populaires qui n’en tirent aucun bénéfice.
Ils ont également dénoncé la vague de racisme promu par le régime tunisien, qui brandit la menace d’un « grand remplacement » par les immigrés qui ont fui la misère et qui sont pourchassés et violemment réprimés.
Il collabore avec l’UE dans la politique de refoulement des migrants.
Ce régime essaie de museler toute forme d’opposition, en s’en prenant aux organisations démocratiques, comme la LDH tunisienne (la plus ancienne du monde arabe), dont il gèle les activités, aux médias indépendants et à l’UGTT. Ceci dit, il n’arrive pas à empêcher la contestation sociale et politique, notamment celle qui s’exprime sur les réseaux sociaux, celle qui s’est développée massivement dans certaines régions contre des projets pollueurs, ni les mobilisations des chômeurs, qui reprennent de l’ampleur.
Les camarades ont insisté sur le fait que le PT a été le seul parti à immédiatement dénoncer le coup de force de Kaïs et la politique répressive et antipopulaire qu’il a développée, et qui n’a cessé de s’aggraver. C’est cette position, qu’il a traduite en luttes, qui fait qu’il est aujourd’hui largement reconnu comme une voix populaire indépendante, progressiste, antiraciste.
Cette initiative, traversée par l’esprit internationaliste qui animent les camarades et les organisations présentes, a permis de partager un moment chaleureux de fraternité. ★
