Frais d’inscription pour les étudiants étrangers hors UE: Le gouvernement veut passer en force 08 mai 2026
Un des éléments qui contribue à la destruction du service public de l’enseignement supérieur est l’instauration est l’instauration de frais de scolarité de plus en plus élevés pour l’ensemble des étudiants, mais ces dernières années, ce sont les étudiants étrangers qui sont la cible de très lourdes augmentations de frais d’inscription. En 2019, déjà sous Macron, le gouvernement avait tenté d’ouvrir une première brèche avec le plan « Bienvenue en France » instaurant notamment des frais d’inscription aux diplômes universitaires différenciés pour les étudiants étrangers non-communautaires (environ 80 % des étudiants étrangers en France) les portant à 2 875 euros pour une licence et à 3 941 euros pour un master (soit environ 15 fois plus que pour un étudiant français ou ressortissant de l’Union européenne ). Les Universités restaient néanmoins libres de financer des exonérations sur leurs fonds propres.
En conséquence et devant le tollé suscité par cette mesure, environ 90 % des étudiants visés par cette mesure ont été exonérés jusqu’à présent. L’accroissement des difficultés budgétaires a néanmoins rendu cette situation de plus en plus difficile pour un nombre croissant d’Universités qui ont donc commencé à appliquer cette mesure.
C’est dans ce contexte que le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche (ESR), Philippe Baptiste, a décidé d’enfoncer le clou avec la préparation d’un décret gouvernemental faisant de ces frais d’inscription différenciés la règle et de l’exonération l’exception, afin de forcer toujours plus la main aux Universités.
Cette mesure, qui touche en premier lieu les étudiants du Maghreb et de l’Afrique subsaharienne (environ la moitié des étudiants étrangers en France), place déjà nombre d’entre eux en situation de grande précarité et on assiste dans certaines universités, comme par exemple à Strasbourg, à la désinscription d’étudiants incapables de s’acquitter de leur frais d’inscription. Il est bien sûr à craindre, dans les années à venir, que beaucoup d’étudiants du Maghreb et d’Afrique francophone (et de beaucoup d’autres pays) fassent le choix de ne plus faire d’études supérieures en France.
Il faut garder à l’esprit que cette mesure xénophobe n’est qu’une étape avant l’instauration de frais de scolarité élevés pour tous les étudiants à l’instar de ce qui se pratique depuis des décennies dans les pays anglo-saxons (pays où l’endettement étudiant est par ailleurs un véritable fléau).
Depuis les annonces récentes du ministère, de nombreuses voix de protestation se sont levées au sein de l’ESR. Une forte mobilisation des étudiants et personnels dans les Universités et les laboratoires de recherche sera nécessaire afin de lutter contre ces mesures discriminatoires et défendre le service public de l’ESR. ★
