Parti Communiste des Ouvriers de France

Gironde : L’Etat porte une responsabilité dans les inondations
10 mars 2026

Trente-six jours de pluie sur cinquante jours depuis début 2026 !

C’est le régime météo qui a prévalu en Gironde de fin janvier à mi-février. Conséquences dramatiques pour des centaines de milliers de personnes tout le long de la Gironde et ses affluents (Dordogne, Lot, etc.) «  Que fait l’État et où sont les autorités nationales ? » entendait-on ici et là.

Une secrétaire d’Etat est bien venue, en chapeau grand manteau rouge dans une petite ville du sud Gironde, pour «  constater  » et repartir sans le moindre engagement du gouvernement.

Depuis 2014, l’État a transféré aux collectivités locales le soin de financer et d’entretenir ces digues : merci Hollande  ! Résultat, des communes sont obligées de jongler entre budgets réduits et risques majeurs. La taxe GEMAPI, outil supposé financer ces ouvrages, couvre à peine une fraction des besoins, et certaines communautés de communes, faute de moyens, laissent filer la protection de leur population.

A l’époque, le PS a fait passer la pilule en avançant l’argument des «  communautés de communes  » comme moyen de mutualiser les risques et dépenses. Mais douze ans plus tard et plusieurs crues à répétition, les faits sont là  : certaines communes ont été inondées, envahies, submergées d’eau jusqu’à huit fois en dix ans, comme Saintes (17). Les campagnes médiatiques anti-écologie des climato-sceptiques n’ont pas cessé et elles sont maintenant accompagnées de décisions et lois anti-environnementales, antisciences, au service d’intérêts agrochimiques  : l’agrobusiness et ses tenants, à commencer par la FNSEA dont le président est aussi un grand patron (groupe Avril).

La réalité est que la combinaison des intempéries, des grandes marées, du risque de submersions sur le littoral et l’estuaire, et de vents violents a mis plusieurs secteurs dans une situation difficile à gérer.

Concrètement, en Gironde, des dizaines de kilomètres de digues sont à réparer à des prix astronomiques impossibles à supporter. Quant au département lui-même, il croule déjà sous 100 millions de dette à apurer d’ici trois ans  ! La région Nouvelle-Aquitaine, quant à elle, ne sait déjà pas comment financer les 30  milliards du chantier pharaonique LGV Sud-Ouest et envisagerait de laisser une partie de l’addition aux citoyens, par un impôt lambda peut-être, alors, lui demander de payer ces réparations de digues… Macron, qui n’a que le mot « protéger les Français » à la bouche, aurait dû être présent auprès des sinistrés.

Feu vert à l’usine EMME – Seveso haut

C’est précisément pendant cette crue de la Garonne (10-25 février) que le préfet de Gironde a validé la décision favorable de la Commission d’enquête pour l’implantation, à Parempuyre, de l’usine EMME, en bords de Garonne et en zone inondable, classée Natura2000. Cette usine, classée site SEVESO haut, devrait procéder au raffinage de nickel-cobalt à destination d’entreprises fabriquant des batteries électriques. Cette décision est en opposition totale avec les résultats de l’enquête publique : 85 % d’avis défavorables sur les 2 000 reçus. Sous la pression des écologistes et de la mairesse PS de Blanquefort, également vice-présidente de Bordeaux Métropole, la présidente PS de Bordeaux Métropole a finalement demandé au préfet de reporter la date limite lui permettant de se prononcer sur la modification du plan local d’urbanisme, nécessaire à la construction en zone inondable.

Le projet EMME est devenu un enjeu dans le contexte des municipales, le PS comme le PCF, étant divisés ; mais pour les opposants au projet la lutte continue.

Le parti a travaillé les trois derniers mois de cette lutte aux côtés du Collectif du Bois vert pour dénoncer cette implantation tout en faisant le lien avec la lutte des indépendantistes kanak pour le contrôle et le développement de la filière nickel au profit du peuple kanak. A ce sujet, les « loyalistes » viennent de voter la modification du code minier calédonien permettant désormais l’exportation massive du nickel brut, donc sous-valorisé, au grand dam du FLNKS qui a déposé un recours suspensif. ★



Correspondance Bordeaux

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