Parti Communiste des Ouvriers de France

Grand succès de la Journée internationale de lutte pour les droits des femmes
10 mars 2025

En France, les manifestations du 8 mars ont, cette année, été un vrai succès. 250 000 manifestantes et manifestants ont défilé dans tout le pays : 120 000 à Paris, 15 000 à Lyon, 12 000 à Marseille et à Toulouse 8000 à Lille, 5 000 à Strasbourg et à Grenoble…, selon le collectif « Grève féministe », réunissant les syndicats (CGT, CFDT, CFE-CGC, FSU, Solidaires, Unsa) et les associations.

« Ce ne sont pas les femmes qui sont fragiles, ce sont leurs droits » ; « on ne veut pas des fleurs on veut des droits » !

Les revendications pour le droit des femmes étaient au cœur des mobilisations : beaucoup de mots d’ordre, de pancartes, de banderoles… dénonçaient les violences faites aux femmes, les discriminations au travail, les bas salaires, le temps partiel imposé. Autant d’exigences, partagées par beaucoup d’hommes, d’avancer vite vers plus d’égalité, de combattre les violences sexistes et sexuelles et d’exiger leur condamnation, de défendre des droits menacés dans beaucoup de pays, définitivement acquis nulle part.

Importante partout, la mobilisation s’est nourrie de toutes les luttes en cours : droit au logement pour toutes et tous, des papiers pour toutes les travailleuses et tous les travailleurs, solidarité avec les femmes et le peuple palestinien, avec les femmes et le peuple kanak, sans oublier les grèves de travailleuses en cours…

A travers la contestation de la place des femmes dans la société capitaliste, s’exprimait dans les faits, une contestation plus générale du système.   

Les inquiétudes générées par la situation internationale et ses répercussions dans chaque pays, la montée des nationalismes, l’agitation de tous ceux qui comme Macron, veulent nous faire entrer dans l’ère de la guerre, étaient dans les têtes. Beaucoup de jeunes femmes -et de jeunes hommes- sont venu.e.s manifester, déterminé.e.s à se faire entendre et à ne pas laisser la vague réactionnaire, les inégalités, le « masculinisme » et les bruits de bottes broyer nos vies. La « Solidarité avec les femmes du monde entier » a pris dans ce contexte une résonance particulière alors que dans de nombreux pays, les mobilisations ont été également été importantes. 

Beaucoup monde : associations, cortèges syndicaux, partis. Alors que la manifestation arrivait à la arrivait à Place de la Nation, son terminus, les cortèges syndicaux démarraient à peine de sons point de départ, Place de la République !

Ce 8 mars 2025 a été très politique et imprégné d’antiracisme et d’antifascisme. Les revendications d’augmentation de salaires, d’égalité salariale, de défense des services publics, étaient présentes mais les discussions se portaient très rapidement sur la situation nationale et internationale, notamment sur l’escalade militaire qui préoccupe et les discours « patriotiques » et « guerriers » de Macron qui ulcèrent.

Les fascistes du groupe Nemesis prétendument « féministes », ainsi que le groupe « Nous vivrons », ont tenté d’organiser un  cortège pour entrer dans la manifestation, mais ils ont été repoussés par des « Siamo tutte antifascite » (Nous sommes toutes des antifascistes).

La manifestation du 22 mars, a été présentée comme le prochain rdv important. 

Femmes Égalité animait, comme elle le souligne, un cortège, « compact et combatif, très bien organisé, avec de nombreux panneaux très photographiés et des mots d’ordres bien repris ». Avant le départ de la manifestation, sa présidente a pris la parole depuis le camion sono de la Grève féministe en intervenant sur les femmes migrantes et les travailleuses sans papiers et en appelant à la « prochaine manifestation du 22 mars ».

Photo Égalité

Plus de 3000 personnes ont défilé à Strasbourg, dont une grande majorité de jeunes.

Les banderoles, les slogans, les chants, les panneaux fleurissaient le long de la manifestation, très dynamique et haute en couleurs. Les exigences, revendications, dénonciations des différentes composantes du cortège se réunissaient en une remise en cause de la société, contre le patriarcat, le racisme, le capitalisme, l’extrême-droite, le colonialisme, l’impérialisme.

Dès la première prise de parole au départ de la manifestation place Kléber, le ton était donné. Une jeune étudiante d’Unistras est intervenue pour le collectif étudiant de solidarité pour la Palestine et a mis en avant le rôle des femmes dans la résistance palestinienne et leur répression ; elle a appelé à soutenir la campagne pour le démantèlement de la prison de Damon où sont enfermées les Palestiniennes et réclame la libération des résistantes de Palestine.

Les thèmes féministes étaient présents, contre les violences et les féminicides, contre le patriarcat et les inégalités, pour le droit de décider de son corps et du genre, pour le droit à l’IVG et « Contre la vie de galère des femmes », comme l’affirmait la banderole de Femmes Egalité. Beaucoup de panneaux faisaient le lien entre féminisme et les préoccupations de société, la lutte contre la guerre, contre l’extrême-droite, contre le colonialisme, etc. Le cortège internationaliste était important aussi : Femmes kurdes, iraniennes, kanak, turques, afghanes, solidarité avec les Palestiniennes, …

Le cortège des jeunes et des étudiants faisait les trois quarts de la manifestation. En musique et en slogans, haut en couleurs. Le collectif Mixité de la CGT a défilé derrière sa banderole sur l’égalité professionnelle Femmes-Hommes.

A la fin de la manifestation, différentes organisations ont pris la parole. Ce sont les femmes kanak qui ont ouvert les interventions. La porte-parole a lu deux lettres des militantes politiques emprisonnées en France, loin de chez elles et de leurs enfants. Des lettres poignantes et combatives, qui ont été ovationnées. Nos camarades ont lancé le mot d’ordre « Libérez les prisonnières et prisonniers politiques »

D’autres interventions ont suivi, toutes applaudies. Les manifestant-e-s étaient contents de se retrouver aussi nombreuses et nombreux et savaient qu’ils et elles allaient se retrouver ensemble dans la rue. Ils ont eu du mal à se quitter.

A Mulhouse, Colmar, Haguenau, des manifestations ont également eu lieu ce 8 mars.

Deux lettres de militantes Kanak, lues lors de la manifestation du 8 mars :

Un beau rassemblement unitaire et réussi à Carcassonne, organisé par le Collectif 11 Droits des Femmes, avec près de 100 personnes, soit plus que l’année dernière malgré la pluie. Des ateliers, débats et expositions étaient prévus dans une salle municipale le reste de la journée. Quelques néofascistes ont tenté de perturber le rassemblement mais se sont fait refouler rapidement.

Le texte d’appel national a été lu, il y a eu des chants et slogans féministes avec l’aide de deux chorales. Le collectif « Nous Paysannes » a eu la parole pour parler de la situation des femmes paysannes. L’AFPS a eu la parole pour parler de la situation des femmes à Gaza et appeler à une collecte de solidarité avec des familles de Gaza.

Un stand AFPS habituel était tenu à côté pour le marché et a pu bénéficier du rassemblement pour récolter 300 euros qui ont été inclus dans les 600€ envoyés chaque semaines à des familles de Gaza par l’AFPS 11.

Ce fut un très beau cortège, très fourni de plus de 12 000 personnes qui ont manifesté ce 8 mars à Toulouse, malgré le vent tumultueux. Un village associatif s’est tenu le matin à la bourse du travail.
En introduction à la marche, une dénonciation de la montée de l’extrême droite et des slogans « siamo tutti antifascisti ! ». Des jeunes femmes en grand nombre. Beaucoup de pancartes aussi contre la militarisation et la guerre et pour la paix. On a pu remarquer une plus forte présence des différents secteurs de la CGT. Les luttes des femmes travailleuses ont ainsi pris une place plus importante dans la manifestation, comme la lutte des camarades CGT de Téléperformance -avec qui nous avons des liens anciens-, en lutte contre la fermeture du site de Blagnac et pour exiger que Téléperformance paye !
Elles ont fait une intervention à la fin de la manif ainsi que les femmes de ménage de la cité administrative : avec le déménagement du site, la nouvelle société de sous traitance
refuse de les maintenir dans l’emploi, alors que certaines travaillaient ici depuis 30 ans. Un large mouvement est en cours pour les soutenir. Les employées des bibliothèques aussi sont intervenues, elles sont en grève depuis plusieurs semaines contre les baisses des budgets : un exemple des conséquences des coup de rabot dans les services publics. Un cortège de femmes espagnoles, des femmes kurdes, des pancartes en soutien aux femmes palestiniennes… donnaient aussi un caractère internationaliste à cette manifestation.

Beaucoup de monde, beaucoup de jeunes et, de ce fait, une manifestation beaucoup plus « mélangée », sans la coupure des années précédentes en deux cortèges séparés, dont un non-mixte

Dénonciation des violences sexistes et sexuelles, colère contre la demande d’annulation par la préfète du congé menstruel, du congé IVG et du congé deuxième parent mis en place par plusieurs communes de l’agglomération…

Des drapeaux palestiniens… Une forte mobilisation du DAL pour dénoncer les femmes et les familles à la rue. Plusieurs interventions en début et en fin de manif dont celle du comité Femmes Égalité qui organise également autour du 8 mars, dans le quartier Villeneuve (à la Machinerie) une exposition sur les droits des femmes acquis par la lutte et pour lesquels il faudra continuer à se battre

Et beaucoup de discussions sur la situation, un intérêt pour notre journal, des questions sur notre parti…

600 personnes l’an dernier et plus de 1000 cette année, avec la participation de diverses catégories de la société dont beaucoup de jeunes. Les conditions étaient réunies pour que la manif amène du monde : pas de pluie, un samedi, la situation politique nationale avec le procès de Gisèle Pélicot, et la situation internationale avec les annonces de Trump remettant en cause les droits des femmes dont l’IVG , anti gays et transphobes, l’avancée de l’extrême droite…  Il y avait pas moins de 20 associations et partis, dont le nôtre, qui avaient rejoint l’appel, à l’initiative du Réseau Féministe 37 à cette manifestation pour l’égalité réelle et contre toutes les sortes de racisme.

A l’image des organisations appelantes, les horizons et les raisons de manifester étaient divers, depuis les organisations et revendications purement féministes, les organisations transgenres, LGBTQIA+, la participation des syndicats, des antifascistes, des habitant.es du quartier populaire du Sanitas venu.es en cortège avec le centre social Plurielles. Une marche blanche avait eu lieu dans le quartier en hommage à Pharell, jeune du quartier tué à coups de couteau le 26 février. Les organisations de solidarité internationale, étaient présentes également avec notamment la Palestine. Interventions, chants, mots d’ordre, la manifestation était animée, joyeuse, revendicative et solidaire.

Une manif en faveur des droits des femmes  anti raciste, anti fasciste…. à Tours, en France et dans le monde.

Le 8 mars dans le monde

Des dizaines de milliers de personnes se sont rassemblées dans les rues de Madrid, Bruxelles, Berlin… La mobilisation a été forte également à Rome et dans de nombreuses autres villes italiennes.

Rome, devant le Colisée

A Varsovie (Pologne), juste en face du parlement qui continue à s’y opposer, des militantes ont inauguré un centre où les femmes peuvent accéder à la contraception et à l’avortement.

À Lagos, au Nigeria, des milliers de femmes se sont rassemblées dans un stade de la ville. Au Burkina-Faso, l’intersyndicale (CGTB-CNTB-CSB-FO/UNSL-ONSL-USTB-SYNDICATS AUTONOMES), l’association Kebayina des femmes du Burkina et la division Femmes et enfants du Mouvement Burkinabè des Droits de l’Homme et des Peuples, en ont fait l’occasion d’un « appel à l’action pour un Burkina Faso où les droits des femmes sont pleinement respectés et protégés même en temps de crise ».

En Argentine, alors que le gouvernement Milei multiplie les attaques contre les droits des femmes, qu’il remet en cause le droit à l’avortement et menace de supprimer la notion de féminicide du code pénal, des milliers d’Argentines et d’Argentins se sont rassemblés dans les rues de Buenos Aires.

 En Turquie, alors qu’Ergogan a retiré la Turquie de la Convention d’Istanbul sur la prévention et la lutte contre la violence à l’égard des femmes et la violence domestique, les manifestantes ont, comme dans beaucoup d’autres pays, dénoncé les féminicides dont le nombre a été, en 2024, le plus élevé de ces dernières années et ont lu les noms des femmes assassinées. A Istambul, les manifestations ont été interdites et la place Taksim bloquée, mais cela n’a pas arrêté la mobilisation. La «loi n°2911 » (loi « relative aux réunions et manifestations qui prévoit une peine de prison en cas de  « non-dispersion malgré sommation ») a été dénoncée, avec des mots d’ordre très offensifs : « Nous ne nous taisons pas, nous n’avons pas peur, nous n’obéissons pas ».  Selon le journal Evrensel, 112 personnes, dont deux enfants, ont été frappées et menottées dans le dos. 111 ont été relâchées après avoir été emmenées à la Direction provinciale de la sécurité et procédures sur place. 1 femme a été déférée au parquet pour « insulte au président ».

A Istanbul Photo Evrensel