Parti Communiste des Ouvriers de France

Grève à Eurenco : la production pour « l’économie de guerre » en panne !**
10 mars 2026

A l’appel de la CGT et de FO, les travailleurs d’Eurenco à Bergerac (24) et de Sorgues (84) sont mobilisés depuis le 20 janvier pour rejeter la proposition d’augmentation de salaires de 1,2 % proposée par la direction dans le cadre des NAO. Eurenco, c’est cette poudrerie de 900 salariés détenue à 100  % par l’Etat – qui compte aussi des filiales en Suède, en Belgique et aux Etats Unis  –, pour laquelle E.  Macron a fait le voyage, en avril 2024, afin de mettre en scène son « économie de guerre  ». Lors de ce déplacement, il avait notamment déclaré  : « Pour moi, Bergerac est l’image de cette reconquête industrielle et de cette souveraineté militaire que nous voulons pour nous même et pour l’Europe ». Un an plus tard, c’était au tour de S.  Lecornu d’inaugurer deux nouvelles lignes de production devant assurer la production de 1 800 tonnes de poudre supplémentaires par an dont 80  % destinées à l’Ukraine. Une nouvelle ligne de production de charges modulaires pour obus va aussi voir le jour. Six charges modulaires sont nécessaires par obus en fonction de la distance, chacune contenant 2,5 kilos de poudre. Le carnet de commande d’Eurenco déborde. D’après le journal Le Monde, celui-ci est évalué à 3 milliards d’euros jusqu’en 2030. Les bénéfices ont été multipliés par dix entre 2018 et 2024 pour atteindre 76,3 millions d’euros. L’économie de guerre, ça rapporte  !

D’où aussi ce mouvement de grève, du jamais vu notamment à Bergerac. D’autant qu’au sein de l’entreprise, chacun se souvient de l’abandon de l’équivalent de 350  euros mensuels en 2015, pour « préserver la compétitivité » en plein creux de la production de poudre. Les travailleurs revendiquent une augmentation générale de 130 euros pour tous, le passage de la prime d’ancienneté à 20  %, la prise en charge de la mutuelle par l’employeur à 70  % et l’embauche des intérimaires. Face à la forte baisse des volumes de la production, la direction a fini par accepter de rouvrir les discussions dans la semaine du 16 mars.

Comme le dit un syndicaliste  :

«  si rien ne change, l’économie de guerre et la souveraineté, ils s’asseoiront dessus ». ★