Parti Communiste des Ouvriers de France

Grève au Parisien : Les journalistes contre la vente du journal à Bolloré
10 octobre 2025

Démantèlement de l’audiovisuel public, mais aussi concentration toujours plus poussée de la presse écrite entre les mains des milliardaires, notamment ceux de l’extrême droite, on assiste aujourd’hui à une mise en coupe réglée de l’ensemble des médias au service du Capital. Dernier titre dans le collimateur  :

Le Parisien/Aujourd’hui en France (groupe Les Echos-Le Parisien, propriété de LVMH), 3 e quotidien le plus diffusé en France, soit quelque 260 000 exemplaires (édition nationale et régionale).

Le jeudi 25 septembre, les salariés du Parisien votaient à 72 % une grève de deux jours pour protester contre une réorganisation interne du journal et exprimer leur inquiétude face à des rumeurs de rachat. Plusieurs dizaines de salariés du quotidien s’étaient déjà rassemblés lundi à Paris pour protester contre une éventuelle vente à Vincent Bolloré et contre des suppressions de postes.

«  Vendre cet héritage éditorial au groupe Bolloré reviendrait à livrer à une idéologie militante d’extrême droite un des grands quotidiens du pays, à appauvrir la pluralité de l’information en France  » , avaient dénoncé journalistes et syndicats dans une lettre ouverte à leur propriétaire Bernard Arnault, PDG de LVMH, grand admirateur de Trump, en mars dernier. Après des rumeurs récurrentes ces derniers mois, l’hypothèse d’une vente du quotidien à Vincent Bolloré a pris corps début septembre avec un article du magazine Challenges . Cette perspective a aussitôt suscité craintes et oppositions au sein de la rédaction. Le numéro un mondial du luxe n’a ni confirmé ni infirmé l’hypothèse d’une vente.

Le mardi 30, les personnels votaient une nouvelle grève jusqu’au 1 er octobre au soir pour exiger que la direction respecte «  ses engagements en matière d’embauches  » et garantisse « des conditions de travail acceptables », et s’opposer à un éventuel projet de vente du quotidien au groupe Bolloré, pour la deuxième fois en une semaine.

Des conditions de travail dégradées

En mai dernier, la direction avait lancé un plan de départs volontaires qui devait concerner 29 journalistes.

Mais deux minutes après l’ouverture du dépôt de candidatures, le 12 mai, 29 dossiers étaient déjà arrivés et 40 supplémentaires moins d’une demiheure plus tard, d’autres se rajoutant les jours suivants. Un afflux de candidatures qui en dit long sur le ras-le-bol des journalistes face à la dégradation des conditions de travail et le refus de journalistes de passer sous la coupe du magnat de la presse Bolloré.

Les syndicats dénoncent le remplacement de certains départs prévus dans le cadre du plan de réorganisation en cours par des contrats temporaires (CDD, contrats à la pige) et exigent le remplacement des 17 CDI supplémentaires ayant choisi le plan de départs volontaires, pour lesquels la direction «  s’était engagée dans le cadre d’un accord signé avec trois syndicats  ». Le plan de réorganisation prévoit la suppression de près de 40 postes. Malgré la réorganisation déjà en cours, la direction du groupe Les Echos-Le Parisien entend passer à la vitesse supérieure au prétexte du déficit chronique du journal et d’une perte de 34 millions d’euros en 2024.

Avec deux options sur la table : une vente du titre, ou un plan de restructuration de plus grande ampleur. ★