Parti Communiste des Ouvriers de France

Haro sur toutes les protections sociales !
12 novembre 2025

Au moment où nous écrivons cet article, nous ne savons pas ce qui sera ou ne sera pas dans les textes finaux du budget, mais nous savons, quoi qu’il en soit, que ce sera un nouveau coup porté contre toutes les protections sociales gagnées dans les luttes.

Les mesures d’économies qu’exige le patronat et que les gouvernements Macron, les uns après les autres, présentent comme incontournables, sont principalement dirigées contre les classes populaires. Manger correctement, se loger, se soigner devient de plus en plus difficile. Les conditions de vies des retraitées aux petites pensions, les conditions d’études des étudiants issus de familles ouvrières et populaires ne cessent de se détériorer.

Santé : un accès aux soins encore plus compliqué

Souffrant d’un sous-financement chronique, de nombreux hôpitaux étaient déjà dans le rouge, avec des effectifs insuffisants, des personnels épuisés, des services –  y compris des services d’urgence  – qui ferment. Le montant de l’enveloppe initiale prévue par l’article 49 du PLFS était, dans cette situation, une véritable provocation. Même avec quelques corrections et la promesse gouvernementale d’un milliard de plus « à répartir entre l’hôpital public, le médico-social et France santé » , on reste très loin des financements qui seraient nécessaires pour arrêter la casse.

Le projet de budget prévoit également le doublement des franchises existantes sur les boîtes de médicaments, les consultations et les transports médicaux. Comme le dénonce la Fédération Nationale des Centres de Santé (FNCS), qui alerte sur ses «  graves conséquences pour les patients, en particulier les plus vulnérables » , cette mesure ne peut qu’aggraver l’accès aux soins, avec des risques importants en termes de santé publique  :

«  Le doublement des franchises et des forfaits ne fera qu’accentuer cette fracture et aggravera les pathologies par défaut ou retard de traitement ou de suivi ».

Et comme si ça ne suffisait pas, le projet de budget prévoit également la création de nouvelles franchises dans des domaines qui n’étaient jusqu’à présent pas concernés  : soins dentaires, lunettes, prothèses, pacemakers, pansements… !

A cela s’ajoute l’augmentation des tarifs des mutuelles qui ont déjà flambé en 2025. Les nouvelles baisses de prise en charge par l’assurance maladie et la taxe exceptionnelle de 2,05  % prévue sur les montants des cotisations versées par leurs adhérent·e·s vont inévitablement se répercuter sur le coût des complémentaires santé.

Retraité.e.s : ponctions, ponctions, ponctions !

Dans le texte initial, les retraités étaient concernés à triple titre : suppression de l’abattement de 10  % applicable sur toutes les pensions  ; suppression de l’abattement spécial pour les personnes handicapées ou âgées de plus de 65 ans ; non-revalorisation des pensions (alors que l’inflation a été de +1,2  % entre octobre 2024 et septembre 2025) et gel du barème de la CSG. Lecornu a annoncé vouloir renoncer au gel des pensions et des minima sociaux. Le gel du barème de la CSG a été lui supprimé en commission des Affaires sociales. Mais dans un cas comme dans l’autre, rien n’est acquis tant que le texte final n’est pas promulgué. La suppression de l’abattement spécial applicable sur les petites pensions (moins de 28 000 euros de revenus global, conjoint éventuel compris) et le remplacement de l’abattement de 10  % par un abattement forfaitaire de 2  000 euros seraient eux maintenus. Ce qui peut représenter des augmentations d’impôt de plusieurs dizaines, voire centaines d’euros pour des retraites entre 20  000 et 30  000 euros de revenu annuel !

A cela s’ajoute la non-revalorisation des pensions complémentaires Agirc Arrco au 1 er novembre, revalorisation refusée par le patronat qui siège au sein de son conseil d’administration (bien que les réserves de la caisse s’élèvent à 101,7 milliards d’euros).

Etudiants : « préférence nationale » dans l’attribution des aides au logement

Le projet initial prévoyait 108 millions d’euros d’économies sur les APL, dont la moitié (54 millions) devait être réalisée par l’exclusion de la quasi-totalité des étudiants communautaires du bénéfice des aides au logement (article 67 du PLF). Les étudiant.es étranger.es bénéficiant d’une bourse sur critères sociaux ne seraient pas concerné.e.s. mais ils sont très peu nombreux dans ce cas (moins d’un étudiant.e sur 10), vu les conditions d’attribution très restrictives. ★