Il y a 178 ans paraissait le Manifeste du parti communiste : Prolétaires de tous les pays unissez-vous ! 12 février 2026
Février, c’est aussi le mois anniversaire de la parution du Manifeste du Parti communiste , écrit par Karl Marx et Friedrich Engels et publié pour la première fois en février 1848.
Ce texte, qui a joué un rôle décisif dans l’histoire du mouvement ouvrier et communiste, a été écrit à une époque où la révolution mûrissait dans toute l’Europe. Marx et Engels en ont mis en évidence les bases objectives : « La société bourgeoise moderne, élevée sur les ruines de la société féodale, n’a pas aboli les antagonismes de classes. Elle n’a fait que substituer de nouvelles classes, de nouvelles conditions d’oppression, de nouvelles formes de luttes, à celles d’autrefois ». Analysant les nouveaux rapports de classes issus de la première révolution industrielle et des révolutions bourgeoises qui ont permis l’essor du capitalisme, ils ont mis à jour les caractéristiques de ce nouveau mode de production : « Poussée par le besoin de débouchés de plus en plus larges pour ses produits, la bourgeoisie envahit le globe entier. Il lui faut s’implanter partout, mettre tout en exploitation, établir partout des relations. ». Ils ont souligné tout ce que les bouleversements ultérieurs dans l’appareil de production n’ont fait que confirmer : « La bourgeoisie ne peut exister sans révolutionner constamment les instruments de production et donc les rapports de production, c’est-à-dire l’ensemble des rapports sociaux ». Appliquant à l’analyse de leur époque les critères du matérialisme dialectique et historique, ils ont indiqué que le règne sans partage de la bourgeoise ne serait pas éternel et que « les armes dont elle s’est servie pour abattre la féodalité se retourneraient un jour contre elle ». Ils ajoutaient que « la bourgeoisie n’a pas seulement forgé les armes qui la mettront à mort, elle a produit aussi des hommes qui manieront ces armes : les ouvriers modernes, les prolétaires.
» Le Manifeste souligne que si « de temps à autre, les ouvriers triomphent, c’est un triomphe éphémère » tant que la classe ouvrière ne se sera pas emparée du pouvoir et n’aura pas aboli la propriété bourgeoise.
C’est pourquoi le Manifeste fixe comme but aux partis ouvriers le « renversement de la domination bourgeoise » et la « conquête du pouvoir politique par le prolétariat ». Mais ce texte de 1848 reste imprécis sur les voies pour y parvenir. Dans la préface à l’édition allemande du Manifeste écrite en 1872, juste après la Commune de Paris, Marx et Engels se reconnaissent le droit de combler cette « lacune ». Citant La guerre civile en France qui la synthétise, ils soulignent une des principales leçons tirées de cette première expérience de prise de pouvoir par les travailleurs, à savoir « que la classe ouvrière ne peut pas se contenter de prendre telle quelle la machine de l’Etat et de la faire fonctionner pour son propre compte ». Cette conception de l’Etat et de la révolution, reprise par Lénine dans le texte du même nom écrit en août 1917, est la pierre de touche qui distingue réformistes et révolutionnaires.
La lutte des classes moteur de l’Histoire
Depuis la parution du Manifeste, de profondes transformations ont eu lieu dans l’appareil de production capitaliste et le système capitaliste a atteint un stade nouveau, celui de l’impérialisme. Mais les rapports sociaux fondés sur la propriété privée des moyens de production et d’échange mis à jour dans ce texte fondateur du communisme n’ont pas disparu. L’antagonisme de classes entre ceux qui les possèdent et ceux qui en sont dépourvus reste la contradiction fondamentale de notre époque à côté des contradictions inter-impérialistes et de celle entre l’impérialisme et les peuples.
Depuis le Manifeste et la Commune de Paris, il y a eu la Révolution socialiste d’Octobre de 1917 dirigée par Lénine et notre référence est aujourd’hui le marxisme-léninisme.
Mais les deux enseignements de cet ouvrage de base restent d’une cuisante actualité : la nécessité de s’organiser dans un parti qui combat pour les intérêts et les buts immédiats de la classe ouvrière, mais qui en même temps se bat pour un changement radical de tout l’ordre social et politique existant ; et la nécessité d’appuyer « en tous pays tout mouvement révolutionnaire contre l’ordre social existant ». C’est le sens du mot d’ordre qui conclut le Manifeste :
« Prolétaires de tous les pays unissez-vous ». Prolétaires de tous les pays et peuples opprimés, unissez-vous ! ★
