Parti Communiste des Ouvriers de France

Il y a 40 ans, l’accident nucléaire de Tchernobyl
08 mai 2026

Le 26 avril 1986, à 1h23, l’équipe de nuit des opérateurs de la centrale nucléaire de Tchernobyl réalise un test de sécurité sur le réacteur numéro 4. Mal préparés à cette opération et victimes des défauts de conception de la centrale, ils provoquent l’explosion du réacteur qui va libérer dans l’atmosphère des milliards de particules radioactives.

Quand la réalité de l’accident est connue et prise en compte par les autorités, ce seront 400 mineurs qui vont se dévouer pour creuser un tunnel sous la centrale ; 700 000 « liquidateurs » vont se succéder sur le site de 1986 à 1990 pour tenter de limiter les conséquences de la catastrophe.

Les premiers construiront un sarcophage pour recouvrir le réacteur éventré. Bilan : 50 morts à la suite directe de l’accident ; 4 000 personnes suivront ; et on estime à près de 300 000 les victimes à plus long terme.

Une zone d’exclusion d’un rayon de 30 km autour de la centrale sera délimitée. 45 000 habitants de la petite ville de Pripiat seront évacués.

Partis avec leurs papiers d’identité et quelques vêtements de rechange, ils ne reviendront jamais chez eux.

Les sols et tout l’environnement de la centrale sont contaminés pour des centaines, voire des millions d’années.

A l’occasion de ce sinistre anniversaire, nous pensons à toutes ces victimes et tous ceux qui sont encore aujourd’hui marqués dans leur chair par cette catastrophe nucléaire.

A l’époque des faits, Tchernobyl faisait encore partie de l’Union soviétique (URSS) ; aujourd’hui elle est sur le territoire ukrainien, à 130 km au nord de Kiev.

Depuis l’invasion en 2022 par la Russie, la centrale, occupée par l’armée russe pendant un mois, est aujourd’hui sous contrôle des autorités ukrainiennes. Le 14 février 2025, un drone russe a percuté le dôme construit dans les années 2000 pour protéger le réacteur. Cette arche de confinement en béton et en acier a été endommagée et nécessiterait une intervention – quasi impossible en zone de guerre – pour assurer son étanchéité.

Vingt-et-un ans plus tard, le 11 mars 2011, c’est l’accident nucléaire de Fukushima au Japon. Là, c’est un séisme, suivi d’un tsunami, qui va provoquer une nouvelle catastrophe, classée, comme celle de Tchernobyl, au niveau 7. Là encore, un dégagement important de radioactivité.

L’évacuation rapide des populations a limité les contaminations massives.

Mais, là encore, ce sont des terres durablement contaminées, des conséquences sociales et économiques importantes, le bouleversement de la vie de milliers de gens.

Certes, le bilan tiré de ces deux catastrophes sur des installations nucléaires civiles ont servi à améliorer la sécurité des centrales. La conception des réacteurs, de leur confinement, du refroidissement, etc. a été modifiée, les normes de sécurité renforcées, les informations circulent mieux, la transparence exigée par les citoyens est partiellement prise en compte par la création, en 2025, de l’ASNR (agence de sécurité nucléaire et de radioactivité), une institution dont l’indépendance vis-à-vis du pouvoir a été contestée.

Est-on pour autant à l’abri d’accidents plus ou moins graves ?

En Ukraine, la centrale de Tchernobyl a été endommagée – visée ou non – par un tir de drone russe. Un conflit plus étendu, voire qui se généralise, n’est malheureusement plus de la fiction étant donné l’aiguisement des contradictions inter-impérialistes.

Les centrales peuvent devenir des cibles.

Quant aux risques naturels – séisme, tsunami – ils continuent à agir, certes dans des zones répertoriées.

Mais il en existe un autre, c’est le réchauffement climatique. Celui-ci pose avec acuité le problème de l’eau qui, entre autres, sert à refroidir les réacteurs. Cette ressource indispensable à la vie commence à poser le problème de ses usages.

En France, il faudrait aussi parler du danger potentiel que représentent ces vieilles centrales dont le pouvoir a décidé de prolonger la durée de vie… et dans lesquelles un certain nombre d’incidents ont lieu régulièrement.

Nous avons beaucoup écrit dans nos colonnes sur cette question de l’énergie nucléaire en abordant différents aspects : son coût faramineux qui pèse sur la société, le problème de l’approvisionnement en uranium, le traitements des déchets, celui de la sécurité des travailleurs des centrales et notamment celui des intérimaires… Aujourd’hui, nous dénonçons cette fuite en avant de nos dirigeants qui pensent que la technologie résoudra tous les problèmes et qui se soumettent aux pressions des monopoles qui contrôlent de bout en bout ce secteur : les entreprises de production, les banques, et tous les grands consommateurs d’électricité… ★