Impérialisme US, Etat sioniste : ennemis des peuples Stop à la guerre contre l’Iran ! 10 mars 2026
Le soir même des premiers bombardements US et israéliens de l’Iran, le 28 février, nous avons publié le communiqué suivant.
Non à la guerre de l’impérialisme US et de l’Etat sioniste contre l’Iran
La guerre a recommencé à l’initiative des USA et d’Israël, contre l’Iran.
Le déploiement des forces US montre qu’il s’agit d’une guerre pour non seulement renverser le régime des mollahs, mais pour venger l’impérialisme US de l’affront infligé par le peuple iranien qui l’a chassé en 1979.
Pour Israël, c’est la poursuite de la guerre pour renforcer la domination de l’Etat sioniste sur le Moyen-Orient.
La répression féroce exercée par le régime iranien n’a pas mis fin aux manifestations légitimes des étudiants et d’autres secteurs sociaux.
Mais jamais les bombes et les missiles lancés par l’impérialisme US et son allié sioniste ne sauveront les peuples d’Iran, ni leur apporteront la démocratie et la souveraineté, bien au contraire.
C’est pourquoi, nous dénonçons cette guerre impérialiste réactionnaire.
Paris, 28 février 2026
Il était volontairement court, pour mettre l’accent sur l’aspect essentiel : dénoncer l’agression impérialiste et ne cautionner aucun des prétextes avancés, notamment celui sur la nature réactionnaire du régime.
Cette question est centrale : le régime des mollahs est réactionnaire, il s’en prend à toute forme d’opposition.
Mais l’impérialisme qui bombarde l’Iran agit pour ses seuls intérêts : faire main basse sur les richesses de l’Iran, installer un régime docile, essayer d’affaiblir son principal rival, la Chine, et faire pression sur tous les Etats tributaires du pétrole et du commerce international.
Il ne veut pas favoriser la démocratie en Iran et ne cache pas qu’il est intéressé par l’installation d’un régime « non démocratique », dès lors qu’il lui obéit. Toutes les guerres menées par l’impérialisme US le démontrent amplement.
Cette guerre prolonge les bombardements « des 12 jours » déjà menés conjointement par l’impérialisme US et Israël en juin 2025. Les pour parlers autour du nucléaire iranien n’étaient qu’une manœuvre de diversion pour permettre le déploiement des forces US dans la région. Les dirigeants US n’avaient aucune intention de parvenir à un accord, même si les négociateurs iraniens sont allés très loin dans les concessions. Le déploiement d’une grande armada US dans le golfe Persique et dans le golfe d’Oman, n’était pas seulement un moyen de pression, mais bien un dispositif destiné à attaquer l’Iran.
Les objectifs avancés sont le renversement du régime. Trump est remonté jusqu’à la fin des années 70, quand l’impérialisme US a été chassé de l’Iran, pour justifier cette guerre.
L’impérialisme US n’a jamais digéré cet échec cinglant et il veut le faire payer aujourd’hui au peuple iranien.
C’est un des éléments qui fonde l’accord entre les partis US qui alternent au pouvoir, sur la question de l’Iran.
Trump a appelé les Iraniens à « prendre le pouvoir », en chassant le régime, ce qui revient à pousser à une guerre intérieure dévastatrice, pour que l’impérialisme puisse imposer une gouvernance qui lui soit complétement soumise. Le fils du shah, chassé par le peuple iranien, propose ses services. Trump envoie ses hommes négocier avec des groupes kurdes et attiser toutes les divisions entre les multiples peuples qui vivent en Iran. Le but, les instrumentaliser, sous-traiter les opérations au sol, c’est-à-dire les opérations de liquidation des forces armées iraniennes fidèles au régime.
Le régime des mollahs a tenu plus longtemps que ce que Trump et Cie espéraient, même si les bombardements tuent de nombreux hauts responsables, dont le guide suprême.
Ils ont surtout tué énormément de civils et provoqué d’immenses déplacements de population. Il n’y a pas de bombardements « ciblés », qui épargneraient des civils, dans une ville aussi peuplée que Téhéran.
Dans cette situation, la résistance à l’agression de l’impérialisme US et celle de l’Etat sioniste est totalement légitime.
Comme nous l’avons souligné dans la courte prise de position que nous avons publiée à l’annonce de la guerre contre l’Iran, nous avons parlé du mouvement de contestation que le régime des mollahs n’est pas parvenu à étouffer, malgré la violence de la répression. Avec toutes ses limites et son hétérogénéité, ce mouvement est porteur d’une volonté de profond changement en faveur des masses populaires, de la jeunesse. Comme il y a 8 mois (juin 2025), la guerre déclenchée par l’impérialisme est un coup porté à ce mouvement.
C’est une raison supplémentaire pour que le mouvement de solidarité avec le peuple iranien exige l’arrêt immédiat de cette guerre, l’arrêt des bombardements et dénoncer les dirigeants des Etats qui soutiennent cette guerre.
Netanyahu a toujours poussé à détruire un Etat considéré comme la principale menace et obstacle à l’expansionnisme de l’Etat sioniste sur toute la région. Il a lui aussi « profité » du tir de missiles par le Hezbollah libanais, pour envahir le Liban, en occuper une partie du territoire et essayer de liquider le Hezbollah. Faire ce que l’Etat sioniste a fait à Gaza !
Le dirigeant de la monarchie saoudite, Ben Salman, a visiblement pesé dans le même sens : attaquer l’Iran, avec l’objectif de liquider un Etat rival. Cette convergence entre signataires des « accords d’Abraham » (2020), mis entre parenthèses durant la guerre génocidaire menée par Israël contre les Palestiniens, notamment de Gaza, marque un tournant dangereux pour tout le Moyen-Orient.
Cette guerre est en quelque sorte le pendant militaire de ces accords, sous l’égide de l’impérialisme US. On est loin des discussions entre dirigeants iraniens et saoudiens à Pékin (avril 2024) ; la réaffirmation de la domination militaire des USA sur le Moyen-Orient est aussi le message que Trump envoie à la Chine et à la Russie, alliées du régime iranien.
Cela signifie notamment un arrêt des exportations de pétrole iranien vers la Chine et un possible arrêt des livraisons d’armes, notamment des drones, à la Russie.
La position de l’impérialisme français
Les dirigeants des Etats alliés de l’impérialisme US et d’Israël (Allemagne, France, Royaume-Uni), ont déclaré qu’ils n’avaient pas participé aux frappes contre Téhéran, mais ont critiqué les « attaques iraniennes contre les pays de la région ». Macron a même précisé que « la France se [tenait] également prête à déployer les moyens nécessaires à la protection de ses partenaires les plus proches, selon leur sollicitation ».
C’est pratiquement la même position que celle qu’ils ont adoptée lors de la guerre des 12 jours, ou lors de l’agression US contre le Venezuela. On laisse faire le « sale boulot » par Trump et Netanyahu, tout en critiquant le non-respect du « droit international ».
Bref, ils sont complices. Mais des pas supplémentaires ont été franchis, notamment à partir du moment où les missiles iraniens ont touché des bases US installées dans les Etats voisins et que des immeubles, notamment des ambassades, des aéroports, ont été la cible de drones iraniens ; et surtout, quand les forces iraniennes ont décidé de bloquer le détroit d’Ormuz, lieu de transit de centaines de tankers et de navires marchands, dont un grand nombre transportent des marchandises destinées aux pays européens. En quelques heures, les tarifs du transport du pétrole et du gaz ont grimpé, propulsé par les craintes de pénuries de carburant. Le « spectre » des grandes crises pétrolières, notamment celle des années 70, ont fait le reste.
Macron s’est référé aux « accords de défense » bilatéraux signés avec les monarchies du Golfe, qui achètent beaucoup d’armes aux monopoles français et investissent beaucoup de capitaux dans des affaires de tous types en France. Le caractère très dangereux de ces « accords de défense », que nous avons souvent dénoncés, réside dans le fait que ces régimes achètent à la fois des armes et la garantie de leur propre protection contre leur peuple et contre d’autres Etats. C’est la condition des ventes des Dassault, KNDS-Nexter et autre missilier MBDA réalisées au Moyen-Orient.
Macron a donc décidé d’envoyer le « Charles de Gaulle », son groupe aéronaval (et très certainement un sous-marin) dans le Golfe et de mettre en alerte les Rafale disséminés sur les « emprises françaises » dans le Golfe et autres moyens militaires (Emirats arabes unis, Qatar), sans oublier Djibouti, en mer Rouge.
Autrement dit, la position « strictement défensive » des forces armées françaises peut rapidement évoluer vers une position plus « offensive », une participation aux frappes contre l’Iran.
La situation évolue chaque jour et les risques d’engrenage grandissent.
La propagande pour justifier cette guerre, préparer l’opinion à son extension et à une participation de l’impérialisme français, est intense.
La hausse des prix des carburants et du gaz sont les signes avant-coureurs d’un durcissement de la politique d’austérité imposée à la classe ouvrière, aux travailleurs des villes et des campagnes.
Il faut y résister et se mobiliser pour l’arrêt de cette guerre et contre la participation de l’impérialisme français. ★
