Iran : Une guerre impérialiste aux conséquences mondiales 09 avril 2026
Tout le Moyen-Orient est aujourd’hui le terrain de cette guerre, qui, par ses conséquences internationales, notamment dans le domaine de l’exportation du gaz, du pétrole, des engrais, et du transport des marchandises, notamment de l’Asie vers l’Europe, est plus grave que la crise économique consécutive à la pandémie. Ce sont les Etats du Sud-Est asiatique, Japon, Corée du Sud, mais aussi l’Inde et la Chine, qui subissent à la fois la pénurie d’énergie, la hausse des prix de l’énergie, et le blocage de leurs exportations, tout à la fois. A cela viennent s’ajouter les augmentations des droits de douanes imposés de façon brutale et discriminatoires par l’administration Trump depuis des mois.
Les conséquences en Afrique sont catastrophiques ; la flambée des prix de l’énergie a déjà un lourd impact sur les économies déjà très fragiles de la plupart des pays d’Afrique, avec un surenchérissement du prix des denrées alimentaires et de graves conséquences pour les populations.
Les Etats d’ Europe sont à nouveau impactés et pris de court par l’ampleur des conséquences qu’elle produit sur leurs économies, avec notamment la flambée du prix des carburants, qui est encore plus rapide et plus importante qu’au moment de la guerre d’Ukraine, qui avait entraîné l’arrêt des livraisons de pétrole et de gaz russes. Déjà visés par la politique chaotique et brutale de la hausse des droits de douane, les gouvernements sont tous engagés dans des politiques d’austérité qui impactent durement les masses populaires. Ces politiques d’austérité sont aggravées par les conséquences de la militarisation accélérée qui touche tous les Etats d’Europe, notamment ceux de l’UE, la guerre contre l’Iran servant de justification supplémentaire.
Bref, la crise de l’énergie déclenchée par cette guerre menace l’économie mondiale, y compris les USA, et accroît le poids des politiques anti-ouvrières et anti-populaires.
Tensions accrues à l’intérieur de l’Otan
Pour le moment, les dirigeants des Etats de l’UE membres de l’Otan ont refusé de suivre Trump dans une opération militaire de grande envergure dans le détroit d’Ormuz.
Il leur reproche de ne pas respecter les accords de soutien militaire réciproque (l’article 5 du traité), à quoi certains répondent « ce n’est pas notre guerre ». Certains gouvernements sont allés plus loin, en refusant aux avions de chasse ou des avions ravitailleurs US de se poser sur des aéroports, dès lors qu’ils participent aux bombardements de l’Iran.
La nouvelle menace de Trump de retirer les USA de l’Otan est avant tout une façon de dire aux « alliés » européens que les USA n’ayant pas besoin du pétrole du Moyen-Orient, c’est aux Etats européens de trouver une solution pour lever le blocus du détroit d’Ormuz : « allez chercher votre pétrole vous-mêmes ». De la même façon qu’il a diminué les livraisons d’armes à l’Ukraine, en disant aux « alliés » européens que c’était à eux de gérer la guerre avec la Russie.
Trump estime que l’impérialisme US a démontré de façon spectaculaire qu’il était la puissance militaire la plus forte au monde et que le « monde libre » avait plus besoin des USA que l’inverse.
Les peuples tirent la conclusion que l’impérialisme US, avec ou sans Otan, menace tous les peuples du monde. ★
Israël poursuit son expansion militaire et territoriale
Depuis longtemps, l’Etat sioniste veut affaiblir au maximum l’Iran et se débarrasser du régime des mollahs. Ce n’est pas seulement ses capacités militaires qui sont visées, mais tout ce qui fait de l’Iran une puissance économique. Israël veut liquider, les uns après les autres, les dirigeants iraniens, même ceux qui seraient prêts à discuter avec Trump. C’est le signe qu’Israël ne veut pas de négociation avec le régime iranien. Cette fuite en avant, qui ne pourrait pas se poursuivre sans les livraisons d’armes et de munitions US, s’est élargie en envahissant le Liban. L’armée israélienne occupe 10 % du territoire. Le gouvernement libanais dirigé par le réactionnaire Aoun se range derrière le projet d’éradication du Hezbollah, prenant la responsabilité d’une possible nouvelle guerre civile. Plusieurs responsables politiques et militaires font état de leur crainte d’un enlisement dans le « bourbier libanais ».
Le ciblage par les missiles iraniens d’un centre secret de production d’armes nucléaires au centre d’Israël a créé un choc dans l’opinion pourtant majoritairement favorable à la guerre contre l’Iran. La question nucléaire, taboue, commence à être discutée, avec en arrière-plan la crainte de l’embrasement nucléaire. ★
