Parti Communiste des Ouvriers de France

Israël : Trump fait le forcing pour imposer son plan de paix
12 novembre 2025

Au tout début du mois d’octobre, Trump a annoncé en grandes pompes son plan en 20 points pour Gaza qui devait garantir la fin des bombardements et l’accès de ses habitants à l’aide humanitaire.

Malgré l’acceptation par le Hamas d’une bonne partie de celui-ci (en particulier la restitution de tous les otages) et la signature de ce plan par Netanyahu, Israël continue ses attaques. Si l’intensité des bombardements a bien diminué permettant à des dizaines de milliers de Gazaouis de revenir sur les ruines de leurs maisons, l’Etat sioniste, au mépris de ses engagements, occupe toujours plus de la moitié de l’enclave palestinienne, empêche l’arrivée de l’aide humanitaire et se livre toujours à des bombardements meurtriers « ciblés », avec la bénédiction des Etats-Unis sous le prétexte de frapper le Hamas pour assurer sa sécurité. Ce dernier a, quant à lui, libéré tous les otages vivants et continue de rendre les dépouilles. Cela montre que ce sont ces mêmes bombardements, qu’Israël justifiait tant que tous les otages n’étaient pas libérés, qui empêchaient cette libération. Israël, de son côté, a bien libéré 250 prisonniers politiques condamnés à de lourdes peines ou à perpétuité mais 154 d’entre eux ont été expulsés vers l’Egypte. Il a aussi libéré 1728 Gazaouis kidnappés après le 7 octobre par l’armée. Mais les images des échanges ont frappé par l’asymétrie entre les prisonniers palestiniens affamés, épuisés, malades, et les exotages israéliens dont l’état laisse supposer qu’ils ont été bien traités.

Et si l’on peut comprendre que les dépouilles des otages soient difficilement identifiables puisqu’ils ont certainement été tués par les bombardements israéliens, l’état des 300 corps de Palestiniens restitués ne fait que montrer les privations et la torture qui leur ont été imposés pendant leur détention. Les violations du cessezle-feu par Israël (plus de 125 et près de 600 morts  !) s’accompagnent en Cisjordanie d’une explosion des attaques de colons, un record absolu de 264 au mois d’octobre, soit huit par jour. Les colons, avec l’appui de l’armée, profitent de la focalisation sur Gaza pour intensifier leur accaparement des terres palestiniennes.

Si Israël continue de bénéficier du soutien US, celui-ci n’est plus total et aveugle. L’objectif de Trump est de garder la région sous contrôle et il veut pour cela s’appuyer sur les autres puissances régionales, en particulier les monarchies du Golfe, en maintenant une sorte de «  paix armée » sans se soucier du sort des Palestiniens. Cela explique les prises de positions récentes de l’administration Trump refusant l’annexion de la Cisjordanie par l’Etat sioniste ou les pressions exercées pour l’ouverture d’un passage sûr pour la sortie vers l’Egypte de deux cents militants du Hamas retranchés dans des tunnels à Rafah. Trump, malgré le mépris qu’il affiche pour l’ONU, veut tout de même l’utiliser et fait le forcing au conseil de sécurité pour lui faire endosser l’application d’une partie de son plan de paix. Il veut une résolution sur Gaza qui avaliserait la création d’une « force de stabilisation ».

Celle-ci, forte de 20  000 hommes, aurait pour rôle de «  protéger les civils  », superviser les frontières, entraîner une nouvelle police palestinienne et désarmer tous les groupes non étatiques. Elle serait placée sous le contrôle de Trump et Tony Blair (nommé dans les faits administrateur de Gaza) qui aurait carte blanche pour «  utiliser toutes les mesures nécessaires  » à l’application de son mandat. Mais s’il est prévu que la majorité de cette force viennent de pays arabes et musulmans de la région, les Palestiniens en sont exclus contrairement à Israël, ce qui ne serait autre chose qu’une occupation légalisée sous couvert de l’ONU. Trump ne fait là que poursuivre ce qu’il avait initié avec les accords d’Abraham qu’il continue d’ailleurs de promouvoir dans la région élargie (le Kazakhstan les a récemment ratifiés) en normalisant les relations des puissances régionales avec Israël, au mépris des Palestiniens, pour y assurer son contrôle politique et économique.

En France, malgré les affichages, la solidarité avec le peuple palestinien toujours réprimée !

Omar Alsoumi, co-fondateur et porteparole d’Urgence Palestine a été placé en garde à vue et inculpé pour apologie du terrorisme avec un jugement prévu en mai 2026. Alors que l’organisation était déjà dans le collimateur du ministère de l’Intérieur et que son compte bancaire avait été bloqué, le militant franco-palestinien a vu la police perquisitionner son domicile à l’aube devant sa femme et ses enfants avant d’être placé en détention.

A la Philharmonie de Paris devait avoir lieu, le 6 novembre, un concert de l’Orchestre philharmonique d’Israël dirigé par son chef d’orchestre, Lahav Shani, ambassadeurs culturels déclarés de l’Etat sioniste. Mais si la ville de Gand avait déprogrammé ce chef du fait de sa promotion d’Israël, la Philharmonie de Paris a maintenu le concert, véritable provocation dans le contexte actuel. Si les militants BDS sont intervenus pacifiquement, sortant des fumigènes pendant le concert, ils ont été plaqués au sol et frappés par de nombreux spectateurs ramenés en nombre par le CRIF en soutien à la propagande sioniste.

Quatre personnes ont étés placées en garde à vue et la Philharmonie porte plainte …. seulement contre les militants BDS, dont certains se sont retrouvés le visage en sang.

Refusons la criminalisation de la solidarité avec le peuple palestinien ! ★