Italie : « La journée de lutte du 22 septembre et la voie à suivre pour avancer » 23 septembre 2025
Plateforme communiste, Organisation pour le parti Communiste du Prolétariat – Italie
Nous reproduisons l’article de nos camarades d’Italie sur la mobilisation contre le génocide du peuple palestinien ; une des plus grandes mobilisations en Europe.
La journée de grève générale et de mobilisation du 22 septembre, pour arrêter le génocide du peuple palestinien, rompre toutes les relations avec l’État terroriste d’Israël et dénoncer la complicité du gouvernement italien, a vu une large participation des travailleurs, des jeunes et des femmes des couches populaires.
Dans la centaine de manifestations qui ont eu lieu du nord au sud, au moins 700 000 personnes sont descendues dans la rue, dont de nombreux jeunes et très jeunes qui ont fait leurs premières expériences de lutte.
Des actions déterminées et ciblées ont été menées tels que le blocus des ports (Gênes, Livourne, Venise), des gares (Milan, Rome, Naples), des transports publics, des jonctions autoroutières (Turin-Milan, Florence-Bologne) et des routes (Pise), des écoles et des universités, et cela, malgré la « loi sécurité ».
La machinerie de l’industrie et des transports de guerre a été ralentie, il y a eu des garnisons placées en protection devant le siège du groupe militaro industriel Léonardo ([1]). Lors de plusieurs manifestations, des photos du criminel Netanyahu et de sa complice Meloni ont été brûlées. La riposte des manifestants contre les forces répressives qui tentaient d’empêcher les manifestations de masse à coups de gaz lacrymogènes, de canons à eau et de charges, a été vigoureuse.
Le 22 septembre, le slogan « Bloquons tout ! » s’est traduit en action concrète dans de nombreuses villes, dans le cadre de l’une des plus grandes manifestations organisées en Europe depuis le début de l’agression sioniste contre Gaza.
La mobilisation est allée bien au-delà de la capacité de mobilisation des syndicats de base qui avaient appelé à la grève. Des milliers d’activistes politiques, sociaux et étudiants ont contribué à son succès, à la base, et, dans certaines villes, elle s’est prolongée jusqu’au soir. À Livourne, la surveillance du port, par les masses populaires, contre le trafic d’armes se poursuit.
En tant que communistes (marxistes-léninistes), nous avons coopéré à la réalisation de la journée de lutte et avons été présents avec notre presse et notre propagande partout où c’était possible.
Sur les places publiques, un fort sentiment de solidarité s’est exprimé envers le peuple palestinien et pour la défense de la flottille Soumoud : ce sentiment est majoritaire parmi les masses populaires de notre pays qui rejettent avec indignation la barbarie de l’État sioniste.
Mais se sont également exprimés le rejet de la politique et de l’économie de guerre imposées par l’OTAN, l’UE et les grands monopoles de guerre, le rejet des coupes dans les dépenses sociales et de santé, et de la toute-puissance du capital financier qui détruit Gaza et la vie de millions de travailleurs.
Les perdants de cette journée de lutte ont été : d’abord, le gouvernement réactionnaire et pro-sioniste de Meloni, qui a d’abord menacé de prendre des mesures contre la grève et tente maintenant de cacher la participation massive, impossible à cacher. Deuxièmement, la fausse opposition bourgeoise et les dirigeants des confédérations syndicales, sévèrement critiqués également par les nombreux travailleurs syndiqués qui ont participé à la grève.
Ce qui a marqué la grève générale du 22 septembre, c’est la large sympathie populaire pour la cause palestinienne et la reprise de la mobilisation de masse dans notre pays. Avec le réveil émerge la nécessité de lier étroitement la solidarité avec le peuple palestinien, la lutte pour la paix, aux revendications des travailleurs exploités pour leurs besoins vitaux et urgents : travail, fortes augmentations de salaire, santé, droits et liberté de lutte.
Cela est d’une importance fondamentale pour favoriser la participation de larges secteurs du prolétariat, qui doivent briser l’étau de l’offensive patronale et le frein imposé par les bureaucraties syndicales. Dans les usines et autres lieux de travail, parmi les licenciés, les chômeurs, les précaires, le mécontentement et la colère grandissent de jour en jour et peuvent rapidement se transformer en lutte ouverte contre le régime d’exploitation et de misère.
La lutte à développer n’est pas « morale » ou « humanitaire », mais d’une grande importance politique. C’est à partir du lien entre la lutte du prolétariat organisé dans les métropoles capitalistes et la lutte pour la libération des peuples et des nations opprimés par l’impérialisme que la question d’une issue révolutionnaire à la crise profonde d’un système pourri jusqu’à la moelle sera à nouveau mise à l’ordre du jour.
La convergence dans un front populaire de caractère anti-impérialiste, antifasciste et antisioniste, dans lequel le prolétariat exerce l’hégémonie, rassemblant autour de lui les alliances de classe nécessaires, est d’une actualité brûlante.
Un front de masse, qui sait faire en sorte que la solidarité entre les peuples trouve son expression dans la sortie du bloc belliciste de l’OTAN, dans le rejet du réarmement, dans le démantèlement des bases militaires étrangères, dans le retrait des troupes italiennes à l’étranger ; un front qui lutte contre toute implication de l’Italie dans la guerre en cours en Ukraine, qui, sous la pression des conflits entre États et monopoles impérialistes, peut plonger les peuples dans l’abîme d’un conflit plus vaste.
Pour avancer dans cette voie, il est nécessaire que les communistes et les ouvriers avancés s’unissent dans la lutte pour le parti indépendant du prolétariat capable de donner une orientation révolutionnaire et internationaliste au mouvement ouvrier et populaire. Sans ce parti, la classe ouvrière et les larges masses se trouveraient politiquement, idéologiquement et organisationnellement désarmées face au développement des contradictions de l’époque et des grandes batailles qui nous attendent.
En attendant, les événements se pressent et il est nécessaire de se préparer à de nouvelles actions plus décisives de lutte de masse.
Tous et toutes à Rome, pour la manifestation nationale du 4 octobre ! En avant dans la lutte pour sauver Gaza, pour une Palestine libre et indépendante, pour évincer le gouvernement Meloni !
23 septembre 2025
Organisation du Parti communiste du prolétariat, d’Italie
[1] Leonardo S.p.A., qui a son siège à Rome est un des plus grand groupe industriel italien, spécialisé dans l’armement, les hélicoptères, l’aéronautique, l’industrie spatiale et l’énergie. [note e traduction]
