Italie : victoire du NON au référendum 09 avril 2026
Nous reproduisons ci dessous de larges extraits de l’analyse faite par nos camarades italiens aux lendemains de la victoire du Non au référendum.
La signification politique du vote
Lors du référendum constitutionnel des 22 et 23 mars 2026, la majorité des citoyens qui se sont rendus aux urnes, affichant une participation de 59 %, ont fermement rejeté la contre-réforme du système judiciaire voulue par les forces de droite (« loi Nordio »). Avec 53,7 % de NON, les femmes et les hommes de la classe ouvrière et des masses opprimées ont remporté une victoire politique importante et infligé une lourde défaite au gouvernement Meloni et aux grands groupes du capital qui le soutiennent.
Les millions d’euros dépensés par la droite pour la propagande, l’utilisation des médias d’État et publics, les artifices démagogiques, les mensonges les plus honteux, le discours agressif et les insultes, le clientélisme et la honteuse réduction temporaire des droits d’accise (1) (au détriment de la santé publique), les prévisions délibérément erronées des sondeurs du régime, les nombreuses irrégularités enregistrées dans les bureaux de vote, n’ont pas empêché la défaite des forces de la réaction et du privilège. (…) Les ouvriers, la jeunesse prolétarienne et populaire, ont puni le gouvernement Meloni dans les urnes, disant : NON, à l’autoritarisme ! NON à l’austérité et au réarmement ! NON à la guerre de Trump et Netanyahu !
NON aux lois sur la « sécurité » !
NON au démantèlement de la santé publique et de l’éducation ! NON au coût de la vie élevé et aux réductions de salaires ! NON à l’augmentation de l’âge de la retraite ! NON à la criminalisation des manifestations sociales !
NON aux pleins pouvoirs pour un gouvernement anti-peuple ! (…) Les résultats du référendum ouvrent un nouveau scénario politique dans le pays. La victoire aidera à développer une meilleure corrélation des forces, à provoquer un changement d’état d’esprit positif parmi les salariés, à ouvrir des fissures et à affaiblir le gouvernement, plaçant le mouvement des masses dans une situation plus avantageuse. De nouveaux secteurs de la classe et des masses populaires se sentiront encouragés à affronter le gouvernement des patrons et les conditions seront créées pour le balayer par la lutte dans les usines et dans les rues.
Le triomphe du NON lors du référendum est avant tout le résultat de l’action de nombreuses associations et organisations de base, d’organisations et mouvements progressistes, de syndicalistes combatifs, de femmes et d’hommes du peuple, d’artistes et d’intellectuels progressistes qui ont animé la campagne référendaire.
Cette large opposition doit être unie et mobilisée par une politique de front uni antifasciste et anti-impérialiste, avec la classe ouvrière à sa tête comme une force décisive. Une large et stable coalition populaire de tous les secteurs de la classe ouvrière, avec un programme qui représente leurs intérêts, visant à vaincre la politique réactionnaire et belliciste de la bourgeoisie, capable de lutter pour le pain, la paix et la liberté, de mettre fin au pouvoir des capitalistes et des parasites, afin de construire une nouvelle société, pour la démocratie ouvrière. C’est aux communistes qu’il redevient de donner un élan à cette ligne politique, qui doit connaître des moments significatifs de lutte et d’unité les 25 avril et 1 er mai prochains.
Les manœuvres du gouvernement et la réponse à mettre en place
La victoire du NON a marqué un revers pour les projets réactionnaires que la droite poursuit, mais nous ne devons pas nous faire d’illusions.
Malgré cette défaite, le gouvernement continuera de poursuivre sa politique anti-ouvrière, néolibérale, antidémocratique et belliciste.
L’extrême droite au pouvoir a reçu un coup. Elle doit faire face à la méfiance des masses et est politiquement plus faible. Meloni s’est débarrassée de certains représentants imprésentables, pour se sauver elle-même et sauver son gouvernement où des fissures s’ouvrent, mais elle bénéficie toujours du soutien des grands monopoles et des patrons, des États-Unis de Trump et des sionistes, du Vatican et de l’UE. Les partis qui soutiennent le gouvernement tenteront de surmonter la crise pour poursuivre l’offensive politique et économique (…). Cependant, la situation politique a changé avec l’avalanche du NON et il sera plus difficile pour les forces les plus réactionnaires et belliqueuses de mettre en œuvre leurs plans (…). Nous ne devons pas baisser la garde ! Pas d’attentisme ! Le coup de grâce au gouvernement Meloni doit être donné en poursuivant et en unissant les torrents de lutte, sans attendre les élections comme le souhaite l’opposition parlementaire réformiste, populiste et libérale. Le gouvernement doit être battu dans les usines et dans la rue, avec la lutte des classes ! ★
Organisation pour le Parti communiste du prolétariat
