Juin 1919 – Signature du traité de Versailles: un traité de paix impérialiste pour conclure une guerre impérialiste 10 juin 2026
L’impérialisme est un stade de développement du capitalisme intervenu à la fin du 19 e siècle et au début du 20 e siècle. Dans son ouvrage L’impérialisme, stade suprême du capitalisme, Lénine en donne la définition suivante :
« L’impérialisme est le capitalisme arrivé à un stade de développement où s’est affirmée la domination des monopoles et du capital financier, où l’exportation des capitaux a acquis une importance de premier plan, où le partage du monde a commencé entre les trusts internationaux et où s’est achevé le partage de tous les territoires du globe entre les plus grands pays capitalistes. » À la veille de la Première Guerre mondiale, ce « partage de tous les territoires du globe entre les plus grands pays capitalistes » était réalisé. Mais au regard du développement inégal, qui est une caractéristique du capitalisme et de l’impérialisme, l’équilibre des forces ne pouvait être que provisoire.
La Première Guerre mondiale fut une guerre pour un nouveau partage du globe.
L’Allemagne voulait s’emparer de colonies anglaises et françaises. Elle voulait enlever l’Ukraine, la Pologne et les provinces baltes à la Russie et menaçait la domination de l’Angleterre au Proche-Orient.
La France voulait reprendre à l’Allemagne l’Alsace et la Lorraine, qui lui avaient été enlevées à l’issue de la guerre de 1870-1871, et s’emparer de la Sarre et de la Ruhr, riches en charbon et en fer.
L’Angleterre redoutait la concurrence des marchandises allemandes sur le marché mondial. Elle voulait enlever à la Turquie, la Mésopotamie (Irak) et la Palestine et renforcer sa présence en Égypte.
La Russie tsariste voulait conquérir le détroit des Dardanelles, qui relie la mer Noire à la Méditerranée, et s’emparer de Constantinople (Istanbul).
Elle visait également l’annexion de la Galicie, qui appartenait à l’AutricheHongrie.
Le Japon et les États-Unis d’Amérique furent également parties prenantes de ce conflit mondial.
La paix des vainqueurs !
Les vainqueurs réclament « réparation » aux vaincus. Ils démilitarisent une partie de l’Allemagne et imposent des mesures pour limiter son réarmement.
L’Allemagne se voit amputée d’une partie de territoire au profit de la France, de la Belgique et du Danemark. Le corridor de Danzig, attribué à la Pologne, sépare la Prusse orientale du reste de l’Allemagne.
La France récupère l’Alsace et la Lorraine ; elle occupe la Ruhr et la Sarre.
L’Allemagne perd l’intégralité de ses colonies. Le Cameroun et le Togo sont partagés entre la France et le Royaume-Uni. Le Rwanda et le Burundi vont à la Belgique. Le SudOuest Africain allemand, actuelle Namibie, passe sous mandat de l’Afrique du Sud. La Nouvelle-Guinée et les possessions allemandes d’Océanie passent sous domination britannique, via ses dominions d’Australie et de Nouvelle-Zélande qui en assurent l’administration.
La carte de l’Europe centrale et des Balkans est totalement remodelée.
L’empire austro-hongrois est démantelé. L’Autriche et la Hongrie perdent de nombreux territoires. De nouveaux États naissent : la Pologne, la Yougoslavie, qui réunit de nombreuses nationalités, la Tchécoslovaquie qui intègre 3 millions d’Allemands dans les Sudètes… L’année suivante, le 10 août 1920, le traité de Sèvres dépèce l’ancien Empire ottoman qui perd des territoires dans les Balkans et en mer Egée qui reviennent à la Grèce.
La chute de l’Empire ottoman permet également aux impérialismes français et britannique de consolider leur domination au Moyen-Orient.
Tout en s’entendant pour mater les révoltes des populations locales, ils s’y disputent les territoires riches en pétrole. Le Liban et la Syrie sont sous le contrôle de l’impérialisme français, la Palestine et l’Irak sous mandat britannique. Depuis 1914, l’Égypte était devenue un protectorat de la Grande-Bretagne qui poursuivra sa domination après l’indépendance relative acquise en 1922.
L’impérialisme, c’est la guerre.
La guerre de 14-18 devait être la « der des ders », mais ce fut loin d’être le cas.
Après l’avènement du nazisme en Allemagne dans les années 30, les « démocraties occidentales » laissèrent le Reich se réarmer, dans l’espoir qu’il dirige sa force de frappe contre l’Union soviétique.
Après la chute du nazi-fascisme, les guerres coloniales réprimèrent durement les peuples qui se battaient pour leur indépendance.
Depuis les années 1990 jusqu’à aujourd’hui, les Balkans et le Moyen Orient, l’Ukraine , ont été le terrain de nouvelles guerres de repartage impérialiste, que ni la Société des Nations, fondée au traité de Versailles, ni l’ONU, créée à l’issue de la Seconde Guerre mondiale, n’ont pu empêcher. Les motivations sont toujours les mêmes : mettre la main sur des matières premières, contrôler des marchés, affaiblir un concurrent qui devient menaçant Telle est la nature fondamentale du système capitaliste impérialiste. ★
