Kanaky : répondre au coup de force des anti indépendantistes, par une solidarité renforcée avec le combat du peuple kanak 15 mai 2025
Le 8 mai, les anti-indépendantistes radicaux, les Loyalistes, le Rassemblement-les Républicains, de S Backes, N. Metzdorf, V. Ruffenach, P Blaise… ont délibérément fermé la porte à tout accord avec les forces indépendantistes, FLNKS, Palika, Uni…
Les opposants à toute idée d’indépendance de la Kanaky-Nouvelle Calédonie, ont accusé le texte soumis à la discussion d’ouvrir cette perspective, qu’ils rejettent de façon viscérale.
Les forces indépendantistes avaient accepté d’ouvrir des négociations sur la base du texte, qui se réfère aux avancés des accords de Nouméa.
Le ministre des outre-mer, E. Valls a pris acte de l’échec du processus de discussions qu’il avait entamé depuis sa nomination. Le « silence » de l’Elysée apparaît comme un désaveu de Valls.
Le mouvement de révolte de 2024 a mobilisé une importante partie de la jeunesse kanak et toutes les forces sociales et politiques, les masses populaires kanak qui ont refusé la provocation de Macron, Darmanin et des députés macronistes, de droite et d’extrême droite remettant en cause le corps électoral. C’est ce mouvement qui a obligé l’Etat à reprendre les discussions avec les organisations indépendantistes à partir des accords de Nouméa.
Toute cette année, depuis le début des émeutes jusqu’aujourd’hui, les forces indépendantistes et leurs alliés ont continué à défendre l’exigence d’engager un processus allant jusqu’à la pleine souveraineté, aussi bien au sein de leur peuple, qu’en France et au niveau international. Le mouvement de solidarité autour des prisonniers politiques kanak déportés en France et ceux qui sont poursuivis et incarcérés en Kanaky a contribué à développer et à élargir le soutien au combat du peuple kanak. Elle nourrit la dénonciation de la domination coloniale que l’impérialisme français continue à imposer aux peuples des colonies et se traduit notamment par la présence du drapeau kanak dans les manifestations du 1er Mai en France, mais interdites en Kanaky ! Nous disons, /plus que jamais, liberté pour les prisonniers politiques de Kanaky.
Depuis un an, l’Etat colonial a laissé la situation sociale s’aggraver, avec un chômage massif, l’augmentation de la pauvreté, le délabrement accéléré du système de santé et d’éducation, frappant notamment les écoles primaires et les collèges.
Les loyalistes qui dirigent la province sud ont mis en place une politique de ségrégation qui touche essentiellement les familles pauvres, kanak et mélanésiennes.
A l’approche de l’anniversaire du soulèvement du 13 mai, les renforts de gendarmes et de policiers ont été envoyés, pour empêcher les rassemblements, pour interdire les drapeaux kanak et faire régner la peur.
La suspension des discussions ne met évidemment pas un terme au combat du peuple kanak, d’autant que les causes profondes, politiques, sociales, économiques… des émeutes de 2024 sont plus vives que jamais. La solidarité ici, en France et au niveau international, doit s’amplifier, pour obliger l’Etat colonial à prendre des mesures concrètes pour répondre aux demandes sociales urgentes, à retirer les forces de répression, à désarmer les milices loyalistes. Il doit abandonner la réforme du corps électoral et respecter les engagements pris, notamment ceux contenus dans les accords de Nouméa qui reconnaissent le droit à l’autodétermination du peuple kanak colonisé.
Nous reproduisons ci-dessous le communiqué du FLNKS auquel nous tenons à exprimer notre solidarité.


