Parti Communiste des Ouvriers de France

La dette de l’Etat, ce n’est pas celle des travailleurs, des masses populaires, des jeunes et des retraités : c’est au Capital, aux monopoles, aux riches de la payer !
16 juillet 2025

Ce ne sont plus 40, mais 43,8 milliards « d’économies » que Bayrou vient d’annoncer pour le budget 2026. Les 3,8 milliards supplémentaires – depuis des semaines ce sont 40 milliards qui étaient visés – sont à mettre en lien avec l’annonce par Macron, le 13 juillet, d’augmenter de 3,5 milliards le budget de la défense, pour 2026. Il y a déjà ajouté 3 milliards pour 2027.

Autrement dit, le chef de l’Etat s’octroie le droit d’imposer à la dernière minute, des dépenses supplémentaires dans un budget sensé être discuté et voté par le parlement. Bayrou a repris le discours militariste de Macron sur le lien entre « indépendance militaire » – qui suppose le doublement du budget de guerre pour atteindre 64 milliards en 2027 – et « l’indépendance financière » – qui dicterait l’urgence de freiner l’augmentation de la dette de l’Etat, objectif central de son projet de budget.

La longue et confuse présentation du plan de Bayrou pour réduire l’endettement de l’Etat vise à installer l’idée que nous sommes tous responsables et coupables de la dette « qui augmente de 5000 euros par seconde ». Nous serions « accrocs » à la dette ! Et si nous n’acceptons pas les « sacrifices » maintenant, nous allons droit vers l’abîme… Les accrocs de la dette d’Etat, ce sont les marchés financiers qui s’enrichissent grâce à elle, ce sont les monopoles qui bénéficient des commandes de l’Etat, des collectivités, ce sont aujourd’hui, les marchands de canons gavés de commandes.

Le projet Bayrou confirme la baisse des dépenses sociales, le gel des retraites, des salaires des fonctionnaires, la suppression de 3000 postes de fonctionnaires… Cette « année blanche » signifie aussi une augmentation mécanique des impôts et un creusement des inégalités en faveur des plus riches. C’est ce que le rapport de l’Insee sur l’accroissement de la pauvreté souligne déjà pour les dernières années : 9,8 millions de pauvres, avec une augmentation de 650 000 personnes la dernière année.

Cinq milliards d’économies sont prévues dans la santé (!) à travers toute une série de mesures, comme les 100 euros à charge des usagers sur les médicaments, une moindre prise en charge des affections de longue durée (ALD), des restrictions et des contrôles sur les arrêts maladie… L’éducation nationale doit réaliser 683 millions d’économies, plusieurs missions du ministère du travail sont aussi dans le collimateur, de même que celui de l’écologie, de la culture… Sans oublier l’annonce d’une nouvelle « négociation » sur les économies à réaliser sur l’assurance chômage, alors que la précédente n’est même pas encore mise en œuvre. C’est encore les chômeurs qui sont visés.

Les annonces concrètes sont distillées au jour le jour, et tous les secteurs sont concernés, à l’exception sans cesse martelée de la défense, la « sécurité » et la justice (les prisons de haute sécurité).

Il a également annoncé des mesures en faveur des entreprises, qu’il veut faire passer, comme l’a fait Macron, en 2018 lors de son premier septennat, à travers des ordonnances. C’est la même logique néolibérale, pro patronale, menée au nom de la « simplification administrative », qui donne plus de pouvoirs au patronat pour imposer plus de flexibilité, plus de facilités à licencier, plus de remises en cause des conventions et des règlements collectifs… Bayrou s’est saisi du dernier rapport parlementaire sur les 211 milliards d’aides de l’Etat versées en 2023 (ce qui en fait la plus grosse dépense de l’Etat), sans aucune transparence ni contrôle, pour propose de les diminuer – sans chiffrer – en échange de moins d’obligations pour les patrons.

L’annonce de la suppression de deux jours fériés a été immédiatement saluée comme positive par le patronat et une partie de la droite. « Nous ne travaillons pas assez » reprennent en chœur les patrons licencieurs, les partisans du travailler plus, en gagnant moins.

Il a proposé deux dates – le lundi de Pentecôte et le 8 mai – tous en se disant prêt à écouter toutes les propositions. Par-delà le symbole – le choix du 8 Mai, anniversaire de la victoire sur le nazisme – la fourberie du premier ministre se manifeste dans la façon d’ouvrir des « portes » à la discussion, à la recherche de compromis, en direction notamment du PS érigé en arbitre d’une éventuelle motion de censure.

Ne nous y trompons pas, la mise en œuvre des grandes lignes de ce plan n’attendent pas le débat parlementaire : elles ont déjà commencé à s’appliquer.

Comme le dit la « une » de La Forge : face aux fauteurs de guerre, au patronat, à la réaction, on ne lâche rien.