Parti Communiste des Ouvriers de France

La fascisation prend de l’ampleur aux USA
10 octobre 2025

Le 10 septembre, le prédicateur raciste, C. Kirk était abattu sur le campus de l’université de l’Utah, par un individu aux motivations confuses.

Principalement connu dans la constellation des réseaux des prédicateurs évangélistes, des racistes et suprémacistes blancs et dans les multiples réseaux soutenant Trump, C. Kirk est devenu en quelques jours une figure centrale du courant MAGA. Trump et ses conseillers se sont lancés dans une campagne hystérique contre ceux et celles qui, à gauche, ne condamnaient pas assez, à leurs yeux, cet assassinat, appelant à débusquer et à dénoncer ceux « qui célèbrent la mort de Kirk » et ceux qui critiquaient son racisme, son homophobie, sa misogynie. La cible est rapidement devenue la «  gauche  », rendue responsable de la « violence politique » dont l’assassinat de Kirk serait une illustration.

Pour les secteurs extrémistes du mouvement MAGA, la gauche inclut le parti démocrate, dont plusieurs dirigeants se sont empressés de condamner la violence politique, évitant soigneusement d’exprimer la moindre critique vis-à-vis de Kirk.

Si cette « violence de gauche » est affirmée sans la moindre preuve, la violence de la droite et de l’extrême droite, est, quant à elle, bien réelle, notamment depuis l’assaut du Capitole, en janvier 2021, dont les émeutiers ont été graciés par Trump dès sa prise de fonction. Comme la plupart des politiciens de droite, il défend le droit de porter des armes et a renoué avec la politique d’impunité pour les forces de police.

Le 15, le vice-président, JD Vance, a animé une émission du Charlie Kirk show depuis les bureaux de la Maison blanche, entouré de plusieurs membres de l’administration Trump.

Le fait que l’assassin de Kirk vivait avec une personne transgenre a été l’occasion pour le secrétaire d’Etat à la défense de s’en prendre à ces personnes au sein de l’armée. Cette croisade réactionnaire a été alimentée par l’instrumentalisation d’une énième tuerie attribuée à une personne transgenre. Elle s’élargit aux « étrangers qui glorifient la violence et la haine », une notion floue qui s’inscrit dans la vague d’arrestations des étrangers qui se poursuit, malgré l’opposition de secteurs importants de la jeunesse, accusée de soutenir le « terrorisme intérieur ».

Le 17, Trump s’en prenait aux Antifa, qui dénoncent le caractère fasciste de sa politique et des positions de Kirk, et signait le 22 un décret les qualifiant d’organisation terroriste.

Le 21, il a transformé l’hommage religieux organisé dans un grand stade près de Phoenix, en meeting politique, ultra nationaliste, d’autopromotion (Trump a été sauvé par Dieu, lors de l’attentat qui le visait), d’affirmation de sa « haine » pour ses ennemis politiques et l’étalage de ses réussites.

Comme le soulignent de nombreux analystes, le climat actuel renvoie à la période du maccarthysme des années cinquante, où régnait l’anticommunisme hystérique. Aujourd’hui, l’offensive idéologique qui mêle vision apocalyptique, conspirationnisme, fondamentalisme chrétien et opposition radicale entre le bien – représenté par le camp trumpiste– et le mal – la gauche, s’appuie sur les possibilités de manipulation via la « réalité virtuelle » des réseaux sociaux.

C. Kirk est « apparu » à ses fans, via une image générée par l’intelligence artificielle (IA) et les algorithmes amplifient toutes les théories réactionnaires. Ce n’est pas un hasard si les Musk, Bezos et autres milliardaires de la Tech gravitent autour de Trump et de son administration.

L’instrumentalisation de cet assassinat s’inscrit totalement dans l’entreprise de contrôle politique, idéologique, médiatique que Trump, ses conseillers, son administration ont lancé contre les institutions fédérales, contre les médias, contre les universités, les centres de recherche, la culture, les villes solidaires des migrants,… considérés comme des « nids d’ennemis de la nation ».

Dans tous ces secteurs, les résistances s’organisent, malgré la répression. La solidarité avec le peuple palestinien continue à fédérer de larges secteurs.

La résistance à la politique raciste, aux discriminations fait échec aux tentatives de division. La lutte de classe va immanquablement se développer dans les entreprises, les services, du fait notamment d’une inflation qui reste élevée et de la brutale politique économique qui aggrave la crise, tout en enrichissant les oligarques. ★