Parti Communiste des Ouvriers de France

La flottille Global Sumud violemment stoppée
10 octobre 2025

Finalement, après plusieurs attaques de drones incendiaires depuis leur départ, tous les bateaux participant à la Global Sumud ont été violemment interceptés au large de Gaza entre le 1 er et le 2 octobre à coups de canons à eau et grenades assourdissantes avant d’avoir pu pénétrer dans les eaux territoriales israéliennes. Après cet acte de piraterie, l’armée israélienne a placé tous les équipages en prison le temps de les expulser.

Cette flottille comptant une quarantaine de bateaux s’est formée à la suite de l’arraisonnement, en juin dernier, du bateau Madleen qui avait tenté, avec Greta Thunberg à son bord, de briser symboliquement le blocus de Gaza avec une cargaison de médicaments et de vivres. Cette foisci, 460 militants de 44 pays étaient partis de plusieurs ports européens, en particulier Gênes et Barcelone.

Parmi eux se trouvaient des dizaines de soignants partis pour apporter une aide médicale d’urgence à Gaza, mais aussi des syndicalistes, plusieurs personnalités du monde culturel et des députés européens, notamment de LFI pour la France. Au-delà de l’aide matérielle symbolique apportée par les bateaux qui, malheureusement, représentent une goutte d’eau au vu des besoins immenses des Gazaouis, cette opération a eu un impact important sur le plan médiatique et sur le développement du mouvement de solidarité.

En Italie et en Espagne en particulier, le soutien populaire massif au peuple palestinien s’est également cristallisé sur la flottille. Les dockers de Gênes, qui avaient déjà bloqué des livraisons d’armes vers Israël et avaient menacé de bloquer le port si la flottille était attaquée ont été suivis par ceux de Barcelone, appuyés par des rassemblements populaires massifs dans les deux pays. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si les gouvernements italien et espagnol ont annoncé l’envoi de navires de guerre pour protéger leurs ressortissants.

Si l’on pouvait penser que cet envoi consistait en fait à dissuader la flottille d’aller plus loin et épargner le travail à Israël, c’est bien la pression populaire qui a poussé ces Etats à prendre des mesures de protection des bateaux et quelques distances envers Israël.

En Italie, après la grève générale du 22 septembre pour l’arrêt du génocide et la prise de sanctions suivie par des centaines de milliers de personnes, la nouvelle de l’attaque de la flottille a de nouveau déclenché un mouvement massif suivant le slogan des dockers de Gênes  :

«  S’ils arrêtent la flottille, bloquons tout  !  » . Le 1 er septembre a commencé l’occupation d’une centaine de places de villes italiennes et une nouvelle grève générale a été lancée le 3 octobre, cette fois encore suivie par des centaines de milliers de travailleurs, provoquant de nombreux blocages de routes, ports, retards ou annulations de trains et d’avions. Si Meloni qualifie les grévistes de hooligans, tente vainement d’empêcher légalement les grèves et ne prend toujours pas de sanctions envers Israël, le mouvement ne faiblit pas, avec de nouveaux jours d’action nationaux prévus alors que continuent les occupations et manifestations locales. L’attaque de la flottille et la colère qu’elle a suscité a relancé un mouvement de soutien populaire au peuple palestinien, déjà massif, et qui entend durer jusqu’à obtenir des résultats concrets. C’est aussi le cas en Espagne où le gouvernement affiche une position pro-palestinienne mais dont les actes concrets se font toujours attendre. Là aussi, la mobilisation continue, rassemblant étudiants et travailleurs de nombreux secteurs.

A l’image du mouvement qui ne doit pas faiblir, une nouvelle flottille d’une dizaine de bateaux partie d’Italie est au large de Malte et se dirige vers Gaza. ★