Parti Communiste des Ouvriers de France

La Forge d’avril est en vente et en téléchargement
08 avril 2025

Il y a actuellement, dans le monde entier, une accélération brutale de la militarisation. C’est le reflet de l’aiguisement de toutes les contradictions du système capitaliste impérialiste et il n’est pas question de nier la gravité et la complexité de cette situation qui nourrit de grandes inquiétudes. Nous y consacrons à nouveau plusieurs articles : sur la guerre commerciale que Trump semble avoir déclaré au monde entier, au risque d’engendrer partout une accélération des restructurations et une flambée de l’inflation ; sur les discussions de brigands entre Trump et Poutine et l’opération de mains basses sur les richesses de l’Ukraine ; sur le réarmement partout et la répartition des tâches entre les Etats européens et les forces étasuniennes.

Refusons de nous ranger derrière ceux qui nous martèlent que « nous sommes en guerre » !

Il faudrait admettre qu’il n’y a pas d’argent pour l’hôpital public et le système de santé, pas d’argent pour l’éducation, pas d’argent pour la culture violemment frappée par les coupes budgétaires, pas d’argent pour le logement alors que le nombre des mal-logés et des expulsions locatives ne cesse de croître… Mais il faudrait accepter que des milliards d’argent public, d’argent collecté sur les marchés financiers et d’argent prélevé sur l’épargne populaire, puissent être mis à la disposition des monopoles du complexe militaro-industriel ! Il faudrait se faire à l’idée que des « sacrifices » sont nécessaires, qu’il faut travailler plus longtemps, que les usines devront tourner 24 heures sur 24 ! Tolérer que les bénéficiaires du RSA soient considérés comme des fainéants qu’il faut sanctionner plus durement et remettre au travail !

Les mobilisations contre la surexploitation et pour les salaires, le combat des « premières de corvées » qui ne se laissent pas intimider par la répression, comme le montre notre article qui fait le point sur les mobilisations et la solidarité autour de la militante CGT de l’ADMR 41 menacée de licenciement ; les mobilisations des salariés de l’action sociale et de la santé qui ont manifesté les 1er et 3 avril ; les mobilisations pour le droit au logement qui ont eu lieu les 29 et 30 mars…, sont autant de réponses concrètes à cette confiscation de toute la richesse sociale au profit des marchands de canons, des banques qui les financent et des profiteurs de guerre.

Autrement dit, « le non à la militarisation doit se décliner sur tous les terrains » : contre la priorité donnée aux budgets de l’armement, contre la surexploitation dans les entreprises, contre la défense européenne et pour la sortie de l’Otan, mais aussi contre l’offensive idéologique sur le thème de la guerre inéluctable contre la Russie et les tentatives d’embrigadement de la jeunesse.

L’autocollant que le parti vient de réaliser et que nous reproduisons en « Une » de ce journal est un outil pour faire grandir la voix du « non » à la militarisation et aux appels à l’union nationale derrière les va-t-en-guerre !

Militarisation, austérité et fascisation vont de pair

Au niveau du gouvernement, chacun joue sa partition. D’un côté ceux qui en appellent à l’esprit patriotique et au réarmement du pays. De l’autre, les Retailleau, Darmanin, Valls…, ceux qui veulent développer la croisade contre l’islamisme, qui leur tient lieu de drapeau pour s’attaquer aux étrangers et rassembler le gratin de l’extrême droite et des fans de Netanyahu, comme ce fut le cas lors du « meeting de la honte » qui s’est tenu le 25 mars à Paris.

Mais comme l’ont montré les très fortes mobilisations du 22 mars, des dizaines de milliers de personnes sont prêtes à se retrouver aux côtés des migrants, des travailleurs et travailleuses sans papiers, des organisations démocratiques, des organisations féministes, des groupes antifascistes, des collectifs LGBT, des collectifs de solidarité avec la Palestine et des syndicats pour dénoncer le racisme et l’extrême droite.

L’affaire Le Pen s’est, depuis, invitée dans l’actualité. Le communiqué que notre parti a publié le 31 mars donne les critères à propos de cette « affaire qui ne fait que commencer » et qui ne doit pas nous faire oublier que si l’offensive de l’extrême droite est un élément la fascisation, la montée de la réaction touche également l’Etat et le fonctionnement de la « démocratie » bourgeoise.

Nos articles sur la Turquie, ceux sur les mobilisations aux Etats-Unis, qui se sont depuis encore développées, montrent que la réaction et les velléités fascisantes des dirigeants réactionnaires ne feront jamais taire les résistances ouvrières et populaires. Solidarité avec ces combats qui sont aussi les nôtres !