La Forge de juillet août est sortie 09 juillet 2026
Editorial
Un gouvernement incapable de nous protéger
Des patrons qui font passer les profits avant la santé des travailleurs
Plusieurs articles de ce numéro sont consacrés à la canicule et à plusieurs affaires qui mettent en exergue l’inaction et, dans la plupart des cas, une complicité active de l’Etat incapable de protéger autre chose que les profits, mais jamais responsable de rien !
- La canicule n’est pas une surprise. Les causes du dérèglement climatique sont connues. Mais rien n’a été fait pour s’y préparer, et encore moins pour s’attaquer aux causes et essayer d’en limiter les dégâts. Autant de questions abordées dans le numéro 4 de notre revue Rupture, dont nous conseillons la lecture et la diffusion, car « il faut que la juste colère qui s’exprime contre le “gouvernement de l’inaction”, se nourrisse de la conscience de la responsabilité du système capitaliste impérialiste – dont ce gouvernement défend les intérêts – et renforce notre volonté collective de mettre à bas ce système “broyeur de vies” ».
- L’assassinat de la jeune Lyhanna, qui a provoqué une importante mobilisation, a montré, elle aussi, un État qui sait, mais qui n’agit pas, qui provoque en osant dire que « ce n’est pas une question de moyens », et qui tergiverse quand les organisations féministes, largement soutenues sur cette question, exigent une « loi intégrale » contre les violences faites aux femmes. Nous reproduisons de larges extraits d’un article publiée dans la revue de l’Organisation Femmes Egalité dont nous conseillons la lecture.
- Le scandale du chlordécone, lui aussi, met en accusation un État qui a laissé sciemment empoisonner les travailleurs agricoles et toute la population des Antilles, qui a fini par reconnaître « une part de responsabilité », mais qui, dans les faits, refuse d’indemniser et réparer. Nous soutenons la population et les organisations de Martinique et de Guadeloupe qui refusent ce mépris et cette justice coloniales.
Pour le patronat, c’est : profits avant tout !
Tant pis pour les malaises dans les ateliers, tant pis pour les décès, comme celui d’un jeune couvreur de la Drôme, mort au travail à 19 ans !
Et si « les profits s’envolent, les salaires, eux, restent cloués au sol », comme le dénoncent les salariés d’Airbus qui ont vu leur prime annuelle de participation divisée par 2 alors que les bénéfices ont augmenté et que les conditions de travail sont de plus en plus dures.
Dans ces conditions difficiles, « les ouvriers et les ouvrières ne désarment pas ». C’est le cas chez Bosch, dont la direction, qui a proposé aux syndicats de négocier la fermeture de l’usine, est prévenue : « ça ne se fera pas sans bruit et sans lutte ! »
Cette colère et cette combativité, ce sont également celles des « AESH toujours en lutte », mais aussi les mobilisations contre les fermetures de classe dans l’Education nationale.
En Kanaky, les élections provinciales, maintes fois reportées, ont eu lieu. Avec, en toile de fond, cette question incontournable : celle du droit à l’autodétermination du peuple kanak. Les anti-indépendantistes et l’État colonial voudraient définitivement l’étouffer, mais les organisations indépendantistes, qui ont fait la preuve de leur représentativité, vont continuer à se battre pour l’arracher. Nous continuerons à soutenir ce combat.
Au Burkina Faso, la junte militaire qui poursuit sa politique de répression contre les forces démocratiques, anti-impérialistes et révolutionnaires vient d’annoncer la rupture des relations diplomatiques avec la France. Nous réaffirmons toute notre solidarité avec le peuple burkinabé et ses organisations de lutte, et condamnons par avance toutes représailles contre les travailleurs et les étudiants Burkinabè en France, ainsi que toute velléité d’ingérence directe ou indirecte de la France au Burkina Faso.
Nous consacrons également un article de ce journal au sommet de l’Otan : « L’impérialisme US défend, par-dessus tout, ses intérêts. Il ne veut pas abandonner la direction de l’alliance militaire la plus puissante et la plus belliciste au monde, mais il impose à ses “allié”» d’accroître leurs moyens militaires. » Au salon Eurosatory, marchands de drones et de missiles ont tenu la vedette, tandis que le gouvernement français annonçait un emprunt de 15 milliards auprès du « fonds européen pour la défense », afin de couvrir en partie la rallonge de 36 milliards qui vont s’ajouter aux 413 milliards de la loi de programmation militaire 2024-2030.
En page 16, nous revenons sur « l’échec de la guerre des USA contre l’Iran » et sur la guerre qu’Israel poursuit au Liban, un pays dévasté où la population résiste.
Nous publions également dans ce numéro l’appel pour le 29e Camp international de la jeunesse antifasciste, anti-impérialiste et démocratique qui se tiendra en Autriche du 31 juillet au 9 août : « Nous avons un monde à conquérir ! La jeunesse du monde entier contre le fascisme et la guerre ! ». Une jeunesse dont l’État israélien voudrait étouffer la résistance dans l’œuf en s’en prenant aux enfants et dont le gouvernement français craint l’esprit de contestation comme en témoigne la loi Riposte contre la jeunesse et les free parties.
Dans ce numéro, qui couvre les mois de juillet et août, nous revenons sur « l’itinéraire d’un historien engagé », Marc Bloch, et nous donnons également quelques idées de lectures pour les vacances d’été.
Bonne lecture pour ce numéro dont la ligne directrice est donnée dans le titre de l’article politique qui ouvre ce numéro : « Ni adaptation, ni résignation à ce système de surexploitation, de misère, de guerres et de destruction de l’environnement »
Nous savons qu’il n’y aura pas de « pas de trêve estivale pour la lutte sociale et politique » et c’est pourquoi nous insistons sur la nécessité de gagner au parti de nouveaux militants et de nouvelles militantes.
Rendez-vous pour nos lecteurs en septembre. D’ici là n’hésitez pas à consulter notre site : pcof.net et notre facebook.
