Parti Communiste des Ouvriers de France

La Forge de Mai est en circulation et en téléchargement
06 mai 2025

Ce mois de mai s’est ouvert par les combattives mobilisations du 1er Mai. Là où c’était possible, nous y avons formé un pôle avec nos camarades des partis frères et les militants de leurs organisations de masse, comme le montre notre « une » et sa banderole. Nous y avons largement diffusé le tract du parti et notre autocollant : « Militarisation, union nationale derrière les va-t-en-guerre, c’est NON ! ».

Convention par-ci, conclave par-là, tous les dérivatifs sont bons pour Macron et le gouvernement dans un contexte de colères et de mobilisations. Dans un exécutif où chacun joue sa partition, le seul point d’accord, c’est de continuer à nous faire payer la dette en y ajoutant maintenant la facture de la militarisation. C’est l’enjeu des 40 milliards supplémentaires d’économies que Bayrou veut trouver aux dépens des services publics et de la protection sociale, sans toucher aux profits dont continuent de se goinfrer sans vergogne les actionnaires du Cac 40.

Dans une société en crise, de plus en plus violente, les jeunes sont les premières victimes. Il faut combattre l’idéologie et la politique réactionnaires qui préfèrent remplir les prisons plutôt que de protéger la jeunesse ; réclamer du personnel éducatif et d’encadrement dans les établissements scolaires, plutôt que des fouilles et des policiers !

La lutte contre le narcotrafic sert à justifier d’inquiétantes mesures de contrôle et de répression qui vont bien au-delà de cette gangrène. L’assassinat dans une mosquée du Gard, d’Aboubacar Cissé, jeune malien de 24 ans, montre où conduisent les politiques islamophobes et le climat réactionnaire qu’elles développent. Diviser, museler et faire taire, c’est aussi la règle dans les universités où la répression bat son plein. Mais les mouvements étudiants tiennent bon et gagnent en maturité politique, conscients de la justesse de leurs luttes contre les politiques d’austérité de plus en plus sévères, ou en faveur des droits du peuple palestinien.

Quel que soit le secteur économique, par-delà tel ou tel patron, tel ou tel monopole, c’est avec le système lui-même qu’il faut en finir !

Dans un contexte de crise et de concurrence exacerbée et de restructurations au niveau mondial, une seule règle prévaut, dans les aciéries, comme dans l’automobile ou la chimie, mais aussi dans le commerce et la grande distribution : abaisser les coûts de production et reverser des milliards aux actionnaires.

Les licenciements tombent, les usines et les magasins ferment et pour ceux qui restent, l’exploitation se renforce. Pendant ce temps, des affairistes industriels et financiers, à l’affût des bonnes affaires, s’engouffrent dans les opportunités ouvertes par « l’économie de guerre » ! La reconversion dans la production d’obus des Fonderies de Bretagne, ancienne filiale du groupe Renault spécialisée dans les pièces automobiles, est le symbole de la « réindustrialisation » que prônent le gouvernement et le ptronat.

Dans le monde capitaliste, tous les pays connaissent une hausse sans précédent des dépenses militaires. Cette orientation des ressources vers le complexe militaro-industriel a des conséquences dans tous les secteurs. Les mobilisations du social, de France Travail et de la Sncf mettent le doigt sur la dégradation majeure des services publics pour les usagers et l’aggravation des conditions de travail des agents. Dans toutes ces luttes nous pouvons dire : « De l’argent pour les salaires, les pensions, l’école, l’hôpital, le logement, la culture… pas pour les actionnaires, pas pour les banques et les marchés financiers, pas pour la guerre ! Avec les peuples du monde, solidarité !

Le déplacement de Macron à Mayotte a été « centré sur la stratégie française dans cette partie de l’océan Indien », tandis que la Nouvelle-Calédonie reste un enjeu majeur dans le Pacifique. Valls tente d’arracher un accord pour « une Nouvelle-Calédonie prospère et apaisée ». Mais il se heurte à la radicalisation des « loyalistes » et le FLNKS reste ferme sur l’exigence de l’indépendance de la Kanaky : nous le soutenons. La solidarité doit continuer à se développer pour soutenir les forces indépendantistes et exiger la liberté pour les prisonniers politiques de Kanaky !

Cette solidarité, nous ne devons pas non plus la relâcher dans le soutien au peuple palestinien, sans nous laisser intimider par la répression, les dissolutions ou tentatives d’interdiction, ici, en France, des militants et association qui dénoncent la politique criminelle de l’Etat sioniste, la dernière en date visant Urgence Palestine. En Israël même, la contestation de Netanyahu grandit contre la guerre génocidaire qu’il mène contre le peuple palestinien.

Alors qu’en Turquie, la tyrannie du gouvernement Erdogan est de plus en plus contestée, nous reproduisons de larges extraits d’un document de notre parti frère de Turquie, EMEP, qui fait une analyse approfondie du mouvement populaire qui se développe dans le pays depuis l’arrestation du maire d’Istanbul.

Nous saluons également dans ce journal la création, en Italie, de l’Organisation pour le parti communiste du prolétariat.

Dans les réunions politiques que nous animons autour de La Forge, dans les syndicats et les organisations où militent nos camarades, une question revient souvent : que faire – et comment faire – pour que le combat contre la militarisation et la fascisation se concrétise sur les différents fronts de la lutte de classe ? Pour agir, il faut comprendre… et avoir une boussole : développer la solidarité avec celles et ceux qui luttent ; inscrire nos combats dans la lutte pour la rupture avec le système capitaliste impérialiste ! C’est le fil rouge de ce journal.