La Forge de septembre est sortie et en téléchargement 10 septembre 2025
Editorial
Avec ou sans Bayrou, l’austérité c’est toujours NON !
Au moment où nous écrivons ces lignes, nous ne savons pas encore l’ampleur exacte qu’aura le 10 septembre, ni ce qu’il en sera précisément de la suite. Comme nous l’écrivons dans notre article « Travailler au succès du 10 et du 18 et se préparer pour “après” », « la seule chose qui est sûre, c’est que le rejet du budget est très fort et que la colère contre celui qui l’a porté – Bayrou – touche aussi celui qui l’a inspiré – Macron ».
Nous revenons dans ce journal sur la manière dont cette date s’est imposée, comment le groupuscule d’extrême droite qui en a lancé l’idée en a rapidement été dépossédé sans que l’extrême droite ne parvienne à instrumentaliser « une colère qui vient de loin ».
Le slogan « le 10 septembre, bloquons tout » s’est d’abord répandu à travers les réseaux sociaux, mais n’est pas resté dans le domaine du virtuel.
Notre article « A bas le budget d’austérité et de régression sociale, tous dans la rue les 10 et 18 septembre ! » montre comment le 10 septembre, qui n’a pas été lancé par les syndicats, est devenu pour le mouvement syndical un premier grand rendez-vous de la rentrée sociale.
C’est l’annonce du budget de méga-austérité qui a nourri cette dynamique.
Cette date est également devenue une référence dans de nombreux autres secteurs de la société, là où les coupes budgétaires annoncées vont encore aggraver une situation déjà insupportable, là où les colères s’accumulent, où des luttes se mènent.
C’est le cas notamment dans le secteur de l’Education où la rentrée scolaire et universitaire s’avère particulièrement dégradée ; dans la Santé, où les « 5 milliards d’économie, avec toujours les mêmes rengaines », vont continuer à exténuer les soignants et mettre en danger les patients ; dans le secteur de la Culture où l’asphyxie financière qui condamne de nombreuses équipes artistiques, et l’offensive réactionnaire des mécènes comme E. Sterin (« Un milliardaire d’extrême droite très actif dans la bataille idéologique et réactionnaire »), suscitent des résistances et des luttes.
Le sport n’est pas épargné par le rabot budgétaire et une année après les JO, une grande partie du monde sportif, notamment celui du sport pour les personnes handicapées, dénonce l’instrumentalisation faite alors par le gouvernement des jeux paralympiques et les promesses non tenues.
La mobilisation contre la loi Duplomb et le « premier recul, fruit de la mobilisation citoyenne » imposé à l’agrobusiness et à ses défenseurs sur la question des néonicotinoïdes sont un encouragement à continuer la lutte pour son abrogation totale notamment concernant les méga-bassines.
La nouvelle mouture de la Journée Défense Citoyenne montre que la militarisation, ce ne sont pas seulement des dizaines de milliards pour les armées et pour l’industrie d’armement, mais aussi une vaste opération de recrutement pour l’armée active et la réserve et d’embrigadement idéologique de l’ensemble de la jeunesse. Cette dimension s’inscrit elle aussi dans la contestation d’un système de plus en plus réactionnaire et dangereux.
C’est le mouvement populaire et la lutte de classe, et non les manœuvres de ceux qui comme les dirigeants du PS ont déjà fait leur offre de service à Macron, qui donne le ton à cette rentrée sociale vigoureuse qui se décline autour de plusieurs dates que nous rappelons dans ce journal.
Le FLNKS rejette l’accord de Bougival
Les colères ne s’accumulent pas seulement pas seulement en métropole, mais aussi aux Antilles, où s’est rendu Retailleau, à Mayotte où des milliers d’enfants ne feront pas la rentrée… et en Kanaky. Les manœuvres pour tenter de clore définitivement la question kanak montrent que, pour défendre sa présence dans le Pacifique, l’impérialisme français est prêt à tous les coups tordus. Mais la réponse du FLNKS et de toutes ses composantes, dont nous nous faisons l’écho, a été cinglante : rejet du texte de Bougival !
Sauvez Gaza !
Ce journal fait aussi le point sur la guerre en Ukraine et sur la paix tronquée qui se dessine au moment où Trump et Poutine voudraient entériner le rapport de forces militaire qui s’est établi sur le terrain.
Plusieurs pages sont une fois de plus consacrées à la guerre que l’Etat sioniste poursuit à Gaza, tout en continuant la colonisation de Cisjordanie. Nous rendons compte du mouvement de solidarité qui s’exprime dans le monde entier, y compris en Israël-même, et qui, dans notre pays, se concrétise aussi par des initiatives dans diverses entreprises dont les salariés dénoncent l’implication directe ou indirecte dans le génocide.
Comme le souligne la déclaration du séminaire international sur les problèmes de la révolution en Amérique latine que nous publions, partout dans le monde « les peuples résistent et luttent plus que jamais ». C’est le cas notamment en Equateur où le PCMLE et les différents fronts de lutte combattent résolument la politique antipopulaire du gouvernement Noboa qui a décrété l’état d’exception sous couvert de lutte contre le narcotrafic.
