Parti Communiste des Ouvriers de France

La Forge · Juin 2026

10 juin 2026
10 juin 2026

Editorial

Surexploitation, réaction, militarisation, c’est non !

Nous faire travailler plus et plus longtemps, casser tous les acquis des luttes ouvrières, lever tous les freins à la surexploitation de la force de travail, sont des exigences de l’économie de guerre dans laquelle Macron et ceux qui en tirent de fabuleux profits, veulent nous faire entrer à marche forcée. C’est dans ce contexte que la répression antisyndicale, une constante dans la société capitaliste, ne cesse de s’aggraver et que des mairies, comme celle de Carcassonne dirigée par le RN, veulent chasser les syndicats des bourses du travail.

L’État est de plus en plus ouvertement l’État des monopoles . Ceux qu’il gave d’aides, ceux qu’il refuse de taxer pour, soi-disant, ne pas porter atteinte à leur compétitivité, ceux que Macron appelle à « choisir » la France. Et quand une vague de chaleur arrive, comme celle qui a frappé avant même le début de l’été, toutes les conséquences dramatiques de l’abandon des services publics se font une fois de plus cruellement sentir.

La plupart des établissements scolaires sont des passoires thermiques, qui ne sont pas en mesure d’accueillir décemment les élèves et leurs professeurs, mais comme le montre la proposition de loi Blanchet , la priorité est ailleurs : faire de « l’enseignement de la défense » une discipline à part entière, avec des professeurs (4 000 suppressions de postes, par ailleurs !), qui pourraient ponctuellement être assistés par des militaires en service ou des réservistes.

La lutte de classe et les luttes des peuples sont les moteurs de l’histoire . Il ne faut jamais l’oublier dans une situation nationale et internationale où toutes les contradictions du système capitaliste impérialiste s’aiguisent aux dépens des travailleurs et des peuples du monde entier.

Le récent congrès de la CGT a montré un rajeunissement de l’organisation et, pour beaucoup de ces jeunes délégués, la volonté de s’organiser pour se battre contre le patronat et le système capitaliste. Dans les entreprises, les luttes se poursuivent : pour l’augmentation des salaires, pour des moyens pour la santé et l’école, pour dire non aux licenciements et faire payer les patrons… Et quand trop c’est trop, ce sont, comme à la SNCF le 10 juin, l’ensemble des organisations syndicales qui appellent à la grève. Dans les universités, où le gouvernement veut imposer une augmentation massive des frais d’inscription, les mobilisations l’obligent à avancer plus prudemment… Les guerres se prolongent en Ukraine et en Iran . Israël continue son agression contre le Liban. L’administration Trump poursuit ses pressions en Amérique latine, ciblant désormais Cuba. L’impérialisme français tente de regagner, en Afrique anglophone, le terrain qu’il a perdu dans ses anciennes colonies.

Mais, nulle part, les puissances impérialistes n’arrivent à tuer les résistances ouvrières et populaires.

En Équateur , face aux attaques du « petit dictateur » Noboa, ami de Trump, les initiatives que développent les syndicats, les organisations populaires et le mouvement indigène pour exiger sa révocation, montrent que, lorsque le mécontentement social s’accumule, de nouvelles formes d’organisation et de mobilisation émergent.

Au Burkina Faso , le pouvoir en grande difficulté a suspendu l’UGEB, arrêté son secrétaire général et 13 autres militants.

Nous apportons notre solidarité aux organisations qui se battent pour défendre les travailleurs, la jeunesse, les paysans et les populations déplacées, et au PCRV, qui a toujours été à la pointe du combat contre la domination impérialiste, en premier lieu, l’impérialisme français.

En Nouvelle-Calédonie-Kanaky , l’État français espéraient pouvoir entraver définitivement le chemin vers l’indépendance, en arrêtant et en déportant en France sept militants et militantes kanak de la CCAT. Mais le récent non-lieu prononcé par les juges d’instruction de Paris constitue une première victoire pour eux et tous ceux qui se sont mobilisés depuis leur arrestation et déportation en 2024.

Dénoncer et combattre la militarisation est un travail de longue haleine. Pour mobiliser, il y a la pétition, dont notre parti est partie prenante, que nous devons continuer à faire connaître. Le numéro 5 de notre revue Rupture, que nous devons étudier, discuter, diffuser, est un outil précieux pour mener ce travail.

L’anniversaire du traité de Versailles (juin 1919) nous rappelle que l’impérialisme, c’est la guerre.

Celui des grèves et des occupations de juin 1936, que la politique de front est une nécessité pour créer le rapport de force, faire reculer le patronat et la réaction, arracher des exigences sociales et politiques. Mais aussi qu’elle ne peut pas se résumer à de simples alliances électorales : elle doit mettre en mouvement toutes les classes et les couches victimes des politiques au service des monopoles, de l’aggravation de l’exploitation et de la militarisation à marche forcée. La classe ouvrière doit en être la colonne vertébrale ; les communistes doivent l’inscrire dans la lutte pour une rupture révolutionnaire avec le système capitaliste impérialiste. C’est plus que jamais d’actualité. ★