La Françafrique sévit toujours 12 novembre 2025
Avec un redéploiement forcé, sur fond de colères populaires et de rivalités inter-impérialistes, l’impérialisme français a connu en Afrique de grands revers. Ce n’est pas pour autant la fin de la Françafrique !
Ce système de relations étroites et multiformes qui a permis à la France de maintenir pendant des décennies une domination néocoloniale sur ses anciennes possessions africaines, a, incontestablement, du plomb dans l’aile. L’armée française a été contrainte de se retirer des pays du Sahel, au Sénégal, Macky Sall a été écarté du pouvoir, au Tchad, Deby-fils, adoubé par Macron à la mort de son père, est en position fragile ….
Macron a présidé à Paris, fin octobre, une « conférence de soutien à la paix dans la région des grands Lacs » mais, là non plus, ce n’est pas l’impérialisme français qui a les cartes en mains. La Chine est très présente et l’administration étasunienne multiplie les initiatives pour le contrôle des matériaux stratégiques dont regorge cette région (cf. La Forge Juillet-août 2025 « Accord de “paix” Rwanda-RDC : l’impérialisme étasunien facilitateur intéressé »).
Malgré ces difficultés que rencontre l’impérialisme français et bien qui n’ait plus vraiment les moyens de ses ambitions, la « Françafrique » n’est pourtant pas enterrée. A Madagascar, le 12 octobre, c’est par un avion de l’armée française qu’a été exfiltré le Président Andry Rajoelina, contraint de quitter le pouvoir par le soulèvement de la jeunesse que la répression n’a pas fait taire. Les relations sont coupées avec les putschistes du Mali, du Burkina-Faso et du Niger qui se sont tournés vers la Russie ; mais en Guinée et au Gabon, les autorités françaises ne voient aucun problème à entretenir de bonnes relations avec Mady Doumbouya et Brice Clotaire Oligui Nguema, pourvu que les affaires continuent. Le pétrole congolais, les intérêts de Total, Orange et c’est ainsi que l’objectif affiché d’accroître ses parts de marché en Guinée sont des arguments de poids, même si impérialisme français n’est pas seul à vouloir sa part du gâteau. Les séquences électorales qui viennent de se dérouler en Côte d’ivoire et au Cameroun, deux piliers historiques de la Françafrique, confirment également que ces pays n’en sont pas sortis. ★
