La journée du président du FLNKS à Bordeaux, le 18 octobre 21 octobre 2025
Le collectif girondin Solidarité avec la lutte du peuple kanak (CGSPK) a été sollicité pour organiser une conférence avec le président du FLNKS, Christian Téin. Nous avons eu 15 jours pour trouver la salle et tout préparer.
Samedi 18 octobre à 9h, des membres du collectif ont accueilli C. Téin à la gare de Bordeaux président du FLNKS, arborant un keffieh palestinien, son épouse et Dimitri du FLNKS. Nous faisons la coutume d’accueil. Et déjà nous voilà au cinéma Utopia pour une conférence de presse à laquelle était conviée une petite dizaine de médias bordelais : la radio « La clé des ondes » et le quotidien Sud-Ouest ont répondu positivement. (voir Photo)
C’est le calme et l’humilité de nos invités qui nous frappent le plus. Après est venu le moment marquant de la journée : la conférence de Christian Téin. Avant toute chose, un présent a été offert par les invités à toute l’assistance en remerciement coutumier.
Le collectif avait fait une intense communication par réseaux sociaux autour de l’affiche et par mailing avec rappel pour les contacts. Près de 100 personnes ont répondu à l’appel du collectif et du FLNKS : une bonne vingtaine de Kanak ont rejoint la salle des Douves, complétant une salle bien remplie.
Une heure d’intervention du président pour expliquer les conditions et les raisons politiques des émeutes du 13-14 mai 2024 à Nouméa et dans tout l’archipel. La question centrale du corps électoral et les nombreuses tentatives de la France coloniale de revenir sur les accords de Nouméa qui s’inscrivent dans une démarche d’autodétermination.
Le récit par Christian Téin de sa propre incarcération, de son expérience douloureuse de la déportation puis de la détention arbitraire a beaucoup touché l’assistance notamment sa phrase : « Vraiment, heureusement que j’ai eu la visite de ma femme, car ils ne pouvaient empêcher cela, sinon je ne sais pas comment je serais sorti de cette épreuve ».
Dans son analyse de la situation politique, il fait remonter les changements décisifs à la toute fin du Covid au pays et au 3e référendum. A ce moment-là, Macron, Darmanin et Lecornu (alors ministre des territoires des Outre-Mer) ont voulu tordre le cou aux accords de Nouméa et Matignon. L’étape suivante fut le vote du 13 mai 2024 par l’Assemblée nationale, sur le dégel du corps électoral qui a déclenché la colère kanak et celle de la jeunesse révoltée par la puissance administrante colonisatrice.
Autre point qui est revenu plusieurs fois dans ses analyses ou dans ses réponses aux questions du public : la question du nickel, véritable richesse pour un pays indépendant, libre de l’exploiter. Mais le capitalisme régnant fait que ces mines de nickel sont entre les mains de la puissance coloniale, de puissances d’argent, de monopoles et sont convoitées par des Etats. Assurément, pour le FLNKS, cette question est une des plus importantes à maîtriser dans les années à venir, pour l’avenir même de la Kanaky.
Christian Téin connaissait l’existence du projet EMME de batteries électriques prévu sur l’estuaire de la Gironde, au nord de Bordeaux. Projet contesté par des collectifs locaux de riverains qui veulent préserver l’espace Natura2000 sur lequel ce projet serait imposé par décision gouvernementale : en haut lieu donc ! Notre parti a soutenu en mai dernier ce mouvement populaire anti-EMME et avait défendu la matière première appartenant au peuple kanak. Le danger, dit le FLNKS, c’est l’extraction du nickel pour le transformer ailleurs !
La situation politique actuelle en Kanaky étant instable et évoluant à mesure de votes, de nominations et de campagnes de presse sous contrôle colonialiste, C. Téin a souligné que l’on ne peut absolument pas prévoir l’avenir proche. La tâche du Front est de mobiliser après avoir fait et refait le travail de terrain d’explication et de conscientisation, comme ce fut le cas avant chaque référendum en 2018, 2020 et 2021, et comme c’est le cas depuis deux semaines sur tout l’archipel et dans l’hexagone.
Les prochaines échéances de février 2026, sont les élections provinciales qui devraient se dérouler en novembre de cette année. Le gouvernement est en train de faire voter un nouveau décalage de cette échéance, alors que le FLNKS s’y oppose. Puis, il y a l’intention du gouvernement Macon-Lecornu d’introduire Bougival – rejeté par le FLNKS – dans la constitution, à travers un vote à l’Assemblée nationale et au Sénat. Face à ce passage en force, Christian Téin a appelé à la solidarité du peuple français en montrant l’exemple positif de cette salle pleine et proche du peuple kanak. Il a prévenu, « dès le 26 octobre, des évènements importants vont avoir lieu. »
La précédente action du collectif girondin avait été la projection du film WAAN YATT, le 2 octobre, à l’Utopia de Bordeaux où près de 150 personnes avaient pu échanger avec Benoît Trépied. Beaucoup de personnes qui y avaient participé, sont venues à cette conférence. Celle-ci s’est terminée par un petit « en-cas » que des camarades du Parti avait préparé avec une maman kanak. L’appel aux dons et à la restauration a déclenché une heure de solidarité réussie : plus de 600 € ont été donnés pour le retour des prisonniers politiques déportés kanak au pays. N’oublions pas que la France les a emmenés dans des conditions sordides en Métropole mais, une fois libérés, ils doivent se payer le billet de retour.
Les aurevoirs coutumiers ont été faits dans la salle même avant de nous séparer avec un dernier verre d’amitié et de solidarité. Direction Toulouse pour la délégation du FLNKS où un meeting les attendait avant celui de Marseille.
Notre parti a fait cadeau à Christian Téin du dossier Kanaky, le Recueil d’articles de La Forge, un dossier officiel du Projet EMME, et un message de notre cellule au président du FLNKS.
Correspondance Cellule SBB






