La lutte contre la guerre dans le mouvement syndical 08 mai 2026
Le 18 mars 2026, l’Union départementale CGT de Loire-Atlantique (44) appelait aux mobilisations contre la venue d’E. Macron à Nantes lors de la présentation du futur porte-avions nucléaire sur le site de Naval Group dont le coût annoncé est de l’ordre de 10 milliards.
Dans son communiqué, l’Union départementale CGT indique notamment : « Alors que nos hôpitaux, nos écoles et tous nos services publics sont exsangues, alors que nous n’avons aucun plan pour une industrie à la hauteur de l’urgence sociale et environnementale, alors que notre sécurité sociale, conquête du Conseil national de la Résistance, est attaquée chaque jour, l’argent public pleut pour l’industrie de l’armement et surto ut pour leurs actionnaires, qui eux aussi sont des profiteurs de guerre. » Les militants comprennent à juste titre qu’avec de tels investissements, dans le climat international actuel et les guerres en cours, les risques « d’en être » se multiplient.
« Ce projet majeur » , comme dit l’Élysée à propos de ce porte-avions nouvelle génération, avait été annoncé par E. Macron en décembre 2025 à l’occasion de son discours aux troupes françaises engagées notamment aux Émirats arabes unis.
Comme l’avait rapporté Radio France à l’époque :« Ces dernières années, la France a signé toute une série d’accords de défense avec ses alliés du Golfe, l’heure est venue pour Paris de les respecter… » .
« Les marchands de mort se frottent les mains et profitent d’un marché juteux dans lequel les États injectent des centaines de milliards sans contrôle démocratique » comme l’a dénoncé Boris Plazzi, le 24 mars 2026, devant la commission exécutive de la CGT. Faudrait-il encore dénoncer ces accords qui profitent à ces « marchands de mort », nommer ces Naval Group justement, ces Dassault, Safran, Thales… pour ce qu’ils sont.
En soutien à la lutte du peuple palestinien, le mouvement syndical, principalement au niveau d’un certain nombre de structures de la CGT, de Solidaires, s’est mobilisé et continue de se mobiliser pour dénoncer la collusion entre ces groupes du lobby militaro-industriel français, et donc de l’État français, avec l’armée israélienne, partie-prenante de fait du génocide et des crimes commis contre les populations palestiniennes. Le mouvement de solidarité avec le peuple palestinien, en s’attaquant à la responsabilité de ces groupes de l’armement devant les entreprises, en diffusant notamment des tracts – même si leur fourniture en termes de matériel militaire proprement dit reste limitée, mais là n’est pas la question – a permis aussi de faire prendre conscience de ce phénomène qu’est la militarisation et du rôle direct qu’elle joue dans l’alimentation des champs de bataille.
La France est le deuxième exportateur d’armes au monde et ces armes sont au service de la politique internationale de l’impérialisme français, c’est-à-dire au service des intérêts des monopoles qui dominent la société française.
C’est la première fois, depuis des décennies, que ces questions de la guerre reviennent avec une telle acuité dans le mouvement syndical en lien avec l’évolution de la situation internationale où se mêlent les guerres inter-impérialistes sur le dos des peuples comme en Ukraine, les guerres impérialistes comme celle déclenchée par les Etats-Unis et Israël contre l’Iran et le Liban.
L’exemple de la lutte des dockers en Italie contre les livraisons d’armes à Israël a été essentiel pour aider à ce que le mouvement syndical en France appelle à des mouvements de grève et de mobilisation en soutien avec le peuple palestinien, notamment dans les ports et aéroports.
Des militants syndicalistes se sont engagés dans tout un travail d’investigation pour débusquer et dénoncer ici les entreprises qui alimentent l’armée israélienne génocidaire. Les discussions avec les associations et collectifs qui en étaient à l’origine ont permis de « rectifier le tir » et de souligner la responsabilité pleine et entière des entreprises dans la production d’armes et non pas celle des travailleurs.
Aujourd’hui, la revendication d’un « droit de retrait » pour celles et ceux qui refusent de travailler sur des programmes militaires est repris notamment par la CGT. Et les voix qui s’opposent à la priorité donnée par le gouvernement à la militarisation de l’économie au détriment des budgets sociaux deviennent de plus en plus nombreuses chaque jour qui passe, comme ce fut le cas à l’occasion de ce 1er mai 2026.
La lutte « pour la paix » c’est celle de la paix entre les peuples, celle contre les fauteurs de guerre, dont la France fait partie ! ★
