La mobilisation des jeunes 10 octobre 2025
Chacun a pu constater la présence massive des jeunes dans les manifestations de cette rentrée. Une frange importante de cette jeunesse se politise et, pour certains, en recherche d’organisation pour concrétiser leurs engagements. Le souffle de contestation qui, dans de nombreux pays, poussent la jeunesse populaire dans la rue, ne peut que l’y encourager.
Les jeunes travailleurs qui étaient présents en nombre dans les mobilisations contre les retraites, continuent à apporter de l’oxygène au mouvement syndical. La question des salaires et de la précarité, et plus généralement du respect, en particulier chez les jeunes femmes, sont aussi des éléments de leur mobilisation. Beaucoup se posent la question du sens de leur travail. A travers la dénonciation des coopérations avec les entreprises et l’Etat génocidaire d’Israël, certains commencent à mesurer ce que représente le complexe-militaro-industriel.
Des étudiants, mais aussi des lycéens – principalement encore, dans les filières générales –, des jeunes enseignants, des jeunes soignants, des jeunes travailleurs sociaux se mobilisent contre les conséquences concrètes des économies budgétaires dans leurs secteurs, contre la violence des attaques et le mépris du pouvoir.
Dans les manifestations, devant des lycées et des facs, on voit se décliner le mot d’ordre « de l’argent pour…, pas pour la guerre ». Les jeunes sont également fortement présents dans les mobilisations contre le génocide du peuple palestinien et la complicité des gouvernements, dans les mobilisations sur les questions écologiques, contre la répression policière, contre la montée de la réaction ( « Siamo tutti antifascisti » ), pour la solidarité avec le peuple Kanak… Tous aspirent à être actifs, partie prenante dans la construction des luttes, avec beaucoup de distances par rapport aux instituions et à ceux qui s’y coulent… Mais sans a priori par rapport à la politique, plutôt en recherche des organisations politiques révolutionnaires, disposés à les connaître.
Cette jeunesse qui se mobilise ne veut plus servir d’alibi aux contreréformes et à l’austérité.
Pour le pouvoir, le « problème » n’est pas la situation et l’avenir de la jeunesse qu’il met en avant pour faire passer le recul de l’âge de la retraite ou les économies en vue de réduire la dette, mais … la jeunesse ellemême. Notamment les jeunes des classes populaires, qu’il faut encadrer et formater pour en faire de la chair à patrons ou de la chair à canons.
Cette jeunesse qu’il faut mater quand elle se rebelle ou qu’elle glisse dans la délinquance !
A l’école et à l’université, la sélection sociale et financière est de plus en plus dure. 4 étudiants sur 10 mettent leurs études et leur santé en péril en devant travailler durant l’année scolaire. Beaucoup sautent des repas et renoncent à se soigner.
Le taux de chômage des 15-24 ans a été en moyenne de 18,8 % sur l’année 2024, avec des variantes importantes selon le milieu ou le quartier d’origine. Moins de 50 % des jeunes de moins de 25 ans en emploi ont un CDI. Ceux qui sont « employables » doivent prouver leur motivation en acceptant d’être sous-payés, voire de commencer à travailler quasi gratuitement comme stagiaires. Les autres doivent donner des gages de leur « employabilité ». Pour les bénéficiaires du RSA (à compter de 25 ans) ou les titulaires d’un contrat d’engagement jeune (CEJ), il n’est plus question de « droits », mais de contreparties, de « devoirs » et de sanctions ! Quant aux stages en entreprises, obligatoires pour entrer dans la vie active, leur diminution drastique décidée par les employeurs, parce que les aides de l’Etat ont diminué, ajoute à la précarité.
Pour ceux qui décrochent, il n’est plus question d’éducation ou de « protection de l’enfance et de l’adolescence en danger », mais de majorité pénale abaissée et de prison, où ils continueront à être dans les griffes du crime organisé qui recrute sur le terrain de la misère. On ne parle plus de jeunes en danger, mais de jeunes dangereux : « sauvageons » « racailles », « émeutiers, « casseurs »… Tous ces éléments viennent alimenter la contestation d’un système économique, social et politique qui perd tout vernis démocratique et n’offre, en réalité, pas d’autre « avenir » à la jeunesse populaire que l’exploitation, la surexploitation, l’écrasement des peuples, la réaction, la militarisation et les guerres entre brigands impérialistes. Cette contestation doit se politiser, s’organiser pour combattre le système, pour prendre conscience de la nécessité d’une rupture révolutionnaire. ★
