Parti Communiste des Ouvriers de France

La mobilisation du 18 septembre dans la Santé
10 octobre 2025

Il faut dire que les « annonces » du nouveau Premier ministre Sébastien Lecornu, fidèle lieutenant de Macron, n’avaient aucune chance de rassurer les professionnels de santé, tant le flou qui les accompagne frise la caricature. En déplacement à Mâcon (71), le 14 septembre, il s’est hâté de promettre la construction d’un réseau de 5 000 maisons baptisées « France Santé » d’ici 2027 pour permettre à tous de bénéficier d’une offre de soins à « environ » 30 minutes de chez eux. Quel statut (public ? privé ?) pour cette offre ?

Quels types de soins ? Avec quels recrutements de professionnels ? On n’en saura pas plus, mais d’après S. Lecornu, ce sera « une grande priorité nationale » ! Dans le contexte de déserts médicaux que l’on connaît depuis trop longtemps, par delà l’opération de com, on est en droit de ne pas en attendre grand-chose.

Alors que F. Bayrou avait annoncé un nouveau plan d’économie de 5 milliards d’euros dans la Santé, S. Lecornu déclare que les moyens consacrés à la santé devraient augmenter de 5 milliards d’euros mais sans donner plus de précisions. Par contre, les mesures annoncées précédemment ne sont pas abandonnées, comme le projet de loi contre la fraude sociale voulu par C. Vautrin, avec un renforcement des contrôles sur le transport sanitaire (mise en place de la géolocalisation) ; la limitation à 15 jours de la durée initiale des arrêts maladies en ville et à un mois à l’hôpital, le délai de carence pouvant passer à sept jours au lieu de trois jours actuellement.

Le doublement des franchises médicales reste, lui, d’actualité ainsi que la réforme de l’Aide Médicale d’État (AME) sous prétexte de lutter, là encore, contre la « fraude ».

Sans être exceptionnelle, la mobilisation des personnels hospitaliers pour le 18 septembre a été un peu plus importante que lors du 10. Mais, ce qui est nouveau, c’est que l’on a vu à l’occasion de ce 18 septembre, un nombre relativement important de professionnel.les de santé libéraux touché.es par les mesures d’austérité se mobiliser.

Les syndicats interprofessionnels, alors qu’ils ont plutôt coutume de faire entendre leurs revendications particulières à l’occasion de journées dédiées, se sont cette fois-ci sentis également touchés par un budget de méga-austérité et les attaques contre la Sécurité sociale. 98 % des pharmacies étaient fermées et 30 000 pharmaciens ont manifesté contre la baisse des remises commerciales sur les médicaments génériques, susceptibles de mettre en péril, à terme, l’existence des officines rurales ou des petites structures indépendantes. Des rassemblements ont eu lieu devant les préfectures de plusieurs villes. Le Syndicat français des pharmaciens de France (SFPF), dans ses déclarations, entend « préserver l’accès à des soins de qualité pour nos concitoyens ».

Les kinés étaient également mobilisés contre le report des revalorisations de leurs tarifs, les infirmières libérales appelaient elles aussi à soutenir le mouvement du 18 septembre, le SNIIL (Syndicat national des infirmiers et infirmières libérales) rappelant leurs revendications comme la revalorisation des actes infirmiers et la reconnaissance des nouvelles compétences pour « garantir un meilleur accès aux soins pour tous ».

L’Union syndicale des professionnels des centres de santé (USPCS) dénonçait le plan d’économies du gouvernement et appelait à la fermeture complète des centres de santé pour la journée avec, comme mot d’ordre commun, « défendre l’accès universel aux soins » et alertait sur les conséquences qu’auraient de nouvelles coupes budgétaires dans un système déjà fragilisé.

Certes, pour eux, il s’agit de défendre d’abord leurs intérêts marchands et parfois leur survie, mais en l’état de permettre aussi un certain maintien de l’accès aux soins, de plus en plus difficile, notamment pour les personnes les plus en difficulté.

Dans le prolongement, le samedi 4 octobre à Paris, une trentaine de syndicats et d’associations de soignants et patients appellent à une marche blanche pour « exiger la sanctuarisation des budgets de santé ».

Parmi eux figurent des organisations d’infirmiers, de kinésithérapeutes, ou de psychiatres, mais aussi la première fédération de syndicats de médecins hospitaliers APH (action praticiens hôpital), les syndicats d’urgentistes Samu-Urgences de France et Amuf, les principaux syndicats des pharmaciens – USP et FSPF – ou encore plusieurs syndicats de médecins libéraux (UFML, SML, Médecins pour demain).

Le Collectif Santé en Danger a appelé depuis plusieurs semaines à cette marche blanche. ★