Parti Communiste des Ouvriers de France

La situation continue de se dégrader dans la Santé
10 juin 2026

Que ce soit du côté des patients, comme du côté des soignants, la santé va plutôt mal ! Et la première canicule historique de cette fin mai contribue à renforcer les inégalités sociales et de santé des populations : les personnes vulnérables (malades, enfants, personnes âgées, handicapées…), sont évidemment les premières touchées par ces vagues de chaleur, et les locaux hospitaliers, les établissements sociaux et médicosociaux, les écoles, sont loin d’être tous adaptés à ces épisodes caniculaires qui vont être de plus en plus fréquents et longs. A Tours (37) par exemple, la famille d’un enfant handicapé hospitalisé à l’hôpital Clocheville a posté sur Facebook un message pour remercier les soignants mais alerter sur les conditions de chaleur subies : près de 34° dans les chambres, malgré des couvertures de survie collées aux fenêtres. De nouvelles huisseries sont attendues depuis trois ans… Dans les EHPAD, la situation n’est pas meilleure ; si des pièces climatisées sont obligatoires depuis la canicule de 2003, encore faut-il que l’état de santé et de mobilité permette de s’y rendre. La rénovation et l’isolation du bâti de tous ces établissements accueillant des personnes fragiles devrait être un sujet prioritaire de notre gouvernement, avec les moyens nécessaires.

Au lieu de cela, ce sont encore 36 milliards de rallonge qui viennent d’être votés par le parlement pour la loi de programmation militaire de 2024/2030, Comment penser, dès lors, qu’une quelconque amélioration puisse se réaliser ?

C’est d’ailleurs ce que nous montrent les dernières mesures annoncées par S. Rist, ministre de la santé, concernant la santé des soignants  :

après un rapport de l’APHP montrant que ceux-ci n’allaient pas bien, la ministre n’a pas lésiné sur les moyens.

« Minutes » de prévention : penser à boire, à aller aux toilettes, et à bien dormir, mise en place d’un numéro vert, et création d’un module dans la formation initiale « être acteur de sa propre santé » pour finir de dédouaner les employeurs de toute responsabilité concernant la santé et la sécurité de leurs personnels. Rien sur les sous-effectifs chroniques partout, le manque de moyens généralisé… La CGT santé a qualifié à juste titre ces mesures méprisantes de pansements sur une jambe de bois. Mais la ministre ne s’est pas arrêtée là  :

elle annonce 6 milliards d’investissement sur dix ans pour les hôpitaux (publics et privés sans préciser si le lucratif en fait partie), un montant finalement dérisoire puisque qu’il représente 302 000 euros/an pour nos 1 330 hôpitaux publics. De plus, ils seront conditionnés à une meilleure « efficience », autant dire plus de suppressions de lits et de services.

A Tours, cette «  efficience  » s’est traduite par la suppression de 83 lits de psychiatrie pour payer un Nouvel Hôpital Psychiatrique ! Selon l’étude de la Direction des services statistiques de ministères sociaux (DREES), les délais d’attente aux urgences n’ont jamais été aussi longs : 17h30 pour les patients admis en unité d’hospitalisation de courte durée, soit 2h de plus qu’en 2013. Comment trouver des lits d’aval quand ils ont été fermés ? … L’accès aux soins est toujours plus compliqué, selon la récente étude de la fondation J. Jaurès et de Doctolib, 63 % des patients ont renoncé à chercher un rendez-vous, montrant que les délais d’obtention ne captent qu’une partie des difficultés d’accès.

Le renoncement n’est pas concentré sur les publics précaires. Ce sont les cadres (71  %) et les 25-34 ans (75 %) qui renoncent le plus, davantage que les ouvriers (63  %) ou les personnes sans activité (63  %). Les contraintes horaires pèsent autant que les contraintes financières.

L’écart de renoncement entre zones urbaines denses et zones rurales n’est que de 4 points. Cette situation, pourtant prévisible et organisée (numerus clausus), fait maintenant l’objet de mesurettes : cabines de téléconsultation (une aubaine pour le privé et les acteurs de la Tech), maisons et centres de santé locaux, financés par les régions, les mairies – contraintes de rogner sur d’autres budgets  –, «  médecins solidaires  », IRM mobile (privé)…, qui ne peuvent être la solution pérenne, globale et nécessaire.

La santé mentale des jeunes ne cesse de se dégrader depuis le Covid, mais toutes les structures sont débordées.

Pour y faire face, le gouvernement annonce une mesure «  coupe-file  » pour les élèves en détresse. Là aussi, on est loin de la résolution du problème.

Les mobilisations existent et doivent grandir, avec l’appui des populations, pour faire face à cette situation délétère.

A Paris, les agent.es du Centre psychiatrique d’orientation et d’accueil de SainteAnne sont en grève depuis le 26 mai, pour réclamer la réouverture des lits fermés. A Brest, la néonatologie de la clinique Keraudren est fermée temporairement depuis le 28 mai en raison d’une grève commencée le 19 mars, contre les conséquences du plan de réorganisation imposée par la direction de l’établissement, qui prévoit la suppression de quinze postes. Les salarié.es des EHPAD du groupe Vivalto dans la Vienne sont en grève depuis le 7  avril pour des revalorisations salariales. Le 9 juin, c’est l’ensemble des secteurs de santé de l’Isère (38) qui sont appelés à cesser le travail par l’Union syndicale départementale santé de la CGT… ★