Parti Communiste des Ouvriers de France

L’asphyxie budgétaire sans fin des Universités françaises
09 avril 2026

L’enseignement supérieur et la recherche (ESR) en France, et tout particulièrement les Universités, souffrent d’un problème de sous-financement chronique qui n’a fait qu’empirer au cours des dernières années. A cela s’ajoutent des attaques de plus en plus virulentes contre les libertés académiques et l’encadrement de plus en plus serré des activités de recherche.

C’est dans ce contexte tendu que se sont ouvertes, le 26 mars, les assises du financement des Universités, annoncées par le ministère en janvier. Cet événement réunit principalement les directions d’établissements, les rectorats, les collectivités locales et le ministère et se tient donc loin des personnels et des étudiants. En ouverture de ces assises, les représentants du ministère se sont permis de répéter les discours habituels vantant la hausse des dotations des Universités et la priorité donnée à l’ESR au cours des dernières années. Mais ces discours sont très loin de la réalité des Universités françaises puisque, pour la plupart, ces dernières ont voté un budget en déficit pour 2026.

Il faut savoir qu’une bonne partie des financements octroyés aux Universités (ceux du Programme des investissements d’avenir (PIA), de l’Agence nationale pour la recherche (ANR), ou du Programme France 2030) sont fléchés de telle façon qu’ils ne puissent pas être utilisés pour embaucher du personnel statutaire ou pour permettre le fonctionnement ou l’entretien des Universités.

Ils servent en fait à faire avancer le projet de mettre les Universités au service des intérêts économiques et du privé.

Les financements dédiés aux missions fondamentales des Universités sont, eux, totalement insuffisants, ce qui a pour conséquence des conditions d’accueil des étudiants et de travail des personnels de plus en plus dégradées, y compris dans la minorité de grandes Universités qui ont émergé dans le courant des années 2010 (par la fusion de plusieurs Universités ou écoles) et qui reçoivent les financements compétitifs du PIA. Cette pénurie récurrente – organisée par les gouvernements successifs depuis le début des années 2000 (malgré les discours plaçant l’ESR dans les grandes priorités du pays) dans le but de détruire le service public de l’ESR et de le remodeler à l’image du système anglo-saxon (de grandes Universités aux frais d’inscription très élevés et en lien étroit avec les intérêts économiques privés)  – rend de plus en plus difficile le fonctionnement élémentaire des Universités. La menace d’une augmentation massive des frais d’inscription, qui est déjà effective dans certaines Universités ou certaines formations pour les étudiants étrangers non-européens, plane de plus en plus sur l’ESR.

Des intérêts privés de plus en plus prégnants

Notons que si les présidents des grandes Universités partagent le constat des personnels et des étudiants concernant la pénurie de moyens, ils restent des acteurs essentiels dans la mise en place des reformes de l’ESR intervenues dans les vingt dernières années, notamment en favorisant la mise en place d’Universités de plus en plus inféodées aux intérêts privés.

Ainsi, le président de l’Université Paris Cité (UPC) a très récemment accordé une interview au journal Les Echos , au cours de laquelle il se félicite de la mise en place d’un fonds d’investissement adossé à l’UPC. Il explique comment ce fonds, doté de plusieurs millions d’euros, permettra de valoriser notamment les débouchés de la recherche médicale en favorisant les investissements dans des start-up et en prenant exemple sur les États-Unis. Cette annonce en grande pompe contraste fortement avec la situation quotidienne que vivent les étudiants et personnels de l’UPC dans une Université où les postes d’enseignants-chercheurs ont été plusieurs fois gelés au cours des dernières années, où le manque de personnel dans les services est criant et où les locaux sont vétustes et bourrés de malfaçons depuis des années. Le président d’UPC pense pourtant que le moment est plutôt à contribuer à la financiarisation des produits de la recherche médicale sur le modèle étasunien au détriment de l’accès aux soins de la population.

Face à cette situation très difficile, les personnels et les étudiants restent mobilisés. Plusieurs rassemblements et manifestations ont eu lieu depuis le début de l’année 2026, notamment le 26 mars, en réponse à l’ouverture des assises du financement des Universités.

Les personnels et étudiants en lutte sont pleinement conscients de la situation actuelle de sousfinancement chronique de l’ESR et d’attaques envers les libertés académiques. Ils dénoncent également la militarisation de la société au détriment notamment des services publics et de la jeunesse. La mobilisation devra encore s’amplifier dans les semaines et les mois qui viennent pour défendre le service public de l’ESR. . ★