Parti Communiste des Ouvriers de France

Le 10 juin, toutes les organisations syndicales de la SNCF appellent à la grève
10 juin 2026

Avec la fin du monopole de la SNCF sur le transport ferroviaire voyageurs, l’entreprise a été divisée en trois établissements publics à caractère commercial (EPIC).

SNCF réseau, qui gère les infrastructures, les voies ferrées et la circulation des trains ; SNCF mobilités, qui assure le transport des voyageurs et des marchandises, et la holding SNCF qui chapeaute le tout. Chacune de ces entités crée ses propres filiales en fonction de sa stratégie. Une multitude ont été créées, flexibilisant l’organisation du travail et réduisant d’autant le contingent des cheminots sous statut, assurant une pression constante sur les salaires et les conditions de travail.

Face « à la multiplication des drames (accidents du travail, arrêts maladie, suicides) engendrés par les restructurations compulsives et le processus de filialisation » , les organisations syndicales – CGT cheminots, UNSA ferroviaire, SUD rail  et CFDT cheminots – ont déposé un préavis de grève « carré » pour le 10 juin.

Elles exigent  : l’Arrêt immédiat des réorganisations et de la filialisation considérées comme nuisibles à la santé physique et mentale des agents  ; l’ouverture de négociations salariales à l’échelle du groupe SNCF (et non par filiales) et l’amélioration des conditions de travail et du dialogue social.

D’après les organisations syndicales  :

«  Un agent sur trois déclare aujourd’hui souffrir de troubles anxieux ou dépressifs. Les arrêts maladie liés à la santé mentale ont progressé de 40  % en cinq ans. Les accidents de travail ont bondi de 15,9  % entre 2024 et 2025 dans le groupe public unifié, de 21,7 % avec les filiales incluses, et de 50  % sur trois ans » .

Dans le tract commun du 28 mai intitulé « Stoppons la casse qui broie », elles énumèrent  : « Liquidation de fret SNCF, cinq cents postes supprimés et vingt-trois flux livrés au privé. Sud Azur, Etoile d’Amiens, Loire Océan, créées dans la foulée pour fracturer la SNCF sous couvert “d’ouverture” à la concurrence ; “Maintenir Demain” qui redécoupe vingt-huit établissements et redistribue quatorze mille mainteneurs  ; “Résonnances” qui prend la suite chez SNCF Réseau, sans temps mort  ; et dans toutes les fonctions transverses – RH, finances, juridique, communication, achats ; dans tous les chantiers, les ateliers, les dépôts, les bureaux, les gares, partout la même musique depuis des années  : moins d’effectifs, plus de polyvalence, plus de territoire à couvrir par agent. Voilà le quotidien des cheminots, dans tous les collèges, dans tous les métiers  :

des collectifs cassés, des repères qui sautent, des postes supprimés et menacés, des conditions de vie et de travail qui se dégradent ». Concernant le temps de travail, la direction de la SNCF, notamment pour la filiale SA Voyageurs (conducteurs), veut étendre l’amplitude maximale de la journée de service et allonger le temps de travail effectif ; réduire les pause repas ; réduire les temps de récupération, en finir avec « les repos doubles », mordre sur le nombre de dimanches non travaillés, en finir avec la sédentarisation des contrôleurs (ASCT), revenir sur le statut des roulants (ADC) et « ajuster » les prises de service en fonction des besoins de l’employeur… Dans la continuité de la politique de son prédécesseur, par-delà le démantèlement de l’entreprise, Jean Castex cherche aussi à en finir avec cette «  unité sociale  » si spécifique aux cheminots, redoutée de tous les gouvernements. Les organisations syndicales, vent debout contre cette « politique anxiogène », exigent notamment que l’accord groupe sur le temps de travail s’applique à l’ensemble des salariés y compris ceux des filiales créées pour répondre aux appels d’offres et, dans un contexte d’inflation et de hausse des coûts de l’énergie, exigent la réouverture de négociations sur les salaires pour 2026. Les 2,57 % octroyés étant insuffisants. ★