Le 2 décembre, en grève et dans la rue contre le budget de méga-austérité 12 novembre 2025
Les débats parlementaires avec le nouveau gouvernement Lecornu sur le budget et celui de la Sécurité sociale sont maintenant engagés depuis le vendredi 24 octobre. Le gouvernement Bayrou, avant sa chute, pour amener les députés du parti socialiste à ne pas voter la censure, avait sorti de son chapeau le « conclave » sur la réforme des retraites de 2023, « sans tabou », du moins affiché, pour amener toutes les organisations syndicales autour de la table.
S. Lecornu, bien obligé après la faillite dudit « conclave », va un peu plus loin en décrétant la suspension, disons plutôt le recul dans la mise en œuvre de cette réforme qui ne passe toujours pas. Et, comme avec Bayrou, les députés du PS n’ont pas voté la censure. Le gouvernement Lecornu 2 n’étant pas renversé, la discussion parlementaire autour du budget de méga-austérité se poursuit.
Ces débats à l’Assemblée, qui se jouent principalement entre les députés du parti socialiste et le gouvernement, relayés matin, midi et soir par les médias, remplissent l’essentiel de l’espace public, arrivant même à en faire oublier le fond. Voté ou pas avec les voix du parti socialiste ou mis en œuvre par ordonnances, ces budgets vont gravement et sérieusement amputer les conditions de vie de l’ensemble des travailleuses et des travailleurs, celles des retraités, des chômeurs et d’une large partie de la jeunesse.
Ce budget, qui reprend dans les grandes lignes celui de Bayrou (44 milliards d’économies essentiellement sur le « social »), est, comme tous les précédents, un budget au service des intérêts de l’oligarchie financière, mais un budget d’austérité élevée au « carré ». Il est le carburant de la colère, de l’exacerbation toujours présentes dans de larges secteurs de la population, et tout particulièrement chez les salariés-es.
Les 10 et 18 septembre, nous étions des centaines de milliers dans les rues pour dire Non à cette mégaaustérité avec cette particularité, maintes fois commentée, sur le caractère « spontané » du 10 septembre et qui, par sa « réussite, a enclenché une dynamique qui a favorisé la construction du 18 septembre » comme l’a admis le Comité confédéral national (CCN) de la CGT des 4 et 5 novembre.
Face à cette montée de la mobilisation sociale à l’image des grandes manifestations appelées par l’intersyndicale pendant la bataille contre la réforme des retraites de 2023, l’oligarchie, par la voix de certains des siens comme B. Arnault (LVMH) ou N. Dufourcq (BpiFrance) ou encore P. Martin (MEDEF) sont montés très fort au créneau pour défendre avec beaucoup de hargne le caractère de classe de ce budget – pas question de faire payer les riches – en s’attaquant tout particulièrement à la taxe Zucman.
Le gouvernement ayant annoncé la « suspension » de la réforme des retraites, la CFDT s’empressa d’applaudir des deux mains. Le 20 octobre, l’Intersyndicale publiera ce qui sera en fait son dernier communiqué où, tout en dénonçant un budget qui « fait peser l’essentiel des efforts sur le monde du travail », appuiera les tractations en cours à l’Assemblée nationale et dans les coulisses, qualifiant cette « suspension » de « premier pas qui en appellera d’autres » (!), tout en étant impuissante à proposer une date de mobilisation.
Le rapporteur au CCN de la CGT, en convoquant l’histoire avec un grand H, dira : « la suite de l’Histoire nous dira s’il ne s’est agi que d’un recul tactique du capital ou d’un premier coup d’arrêt du détricotage engagé depuis des décennies » (?!). Le même jour, la secrétaire générale de la CFDT, M. Léon, sur les ondes de RMC au détour d’une question sur ceux qui parlaient « d’un leurre » concernant cette « suspension », enfonçait le clou et répondait à la CGT : « c’est l’argument des loosers » !
Ce recul tactique du capital pour gagner les faveurs du PS a aussi fait voler en éclats l’intersyndicale. Seules la FSU et Solidaires ont répondu présents avec la CGT pour une nouvelle journée de mobilisation pour « l’augmentation des salaires et l’enterrement du budget d’austérité », mardi 2 décembre. En même temps, toutes les organisations syndicales (les huit) ont accepté de participer à la nouvelle conférence « travail/retraite » proposée par le gouvernement.
Le front syndical porté par l’Intersyndicale n’existe plus. Les conditions dans lesquelles va se mener la lutte contre ce budget de méga-austérité en sont quelque peu changées, alors que les conditions de vie et de travail de millions de travailleuses et de travailleurs, de retraités, de jeunes, de chômeurs… vont s’aggraver.
C’est d’abord avec cette capacité des travailleuses et des travailleurs à résister, à se battre, et à s’organiser contre l’exploitation capitaliste de tous les jours qu’il va falloir compter.
Afin de conforter et développer la lutte de classe, combattre ce sentiment d’attentisme si prégnant depuis l’annonce de la « suspension », et être à même de construire d’autres 10 et 18 septembre… encore plus conséquents, tant du point de vue du nombre que de celui du mouvement gréviste lui-même. ★
