Parti Communiste des Ouvriers de France

Le 54e congrès de la CGT à Tours
10 juin 2026

C’est dans un contexte moins conflictuel qu’en 2023 que se tenait le 54 e congrès de la Confédération Générale du Travail.

Sous le slogan « On s’organise », plus de 900 délégués portant les mandats de leurs syndicats étaient réunis à Tours pour voter sur le rapport d’activité du syndicat depuis 2023, sur le rapport financier et sur le document d’orientation pour les trois prochaines années.

Le congrès a débuté par la journée internationale. Des syndicalistes de tous les continents ont dénoncé et illustré la responsabilité des multinationales sur les conditions de vie des travailleurs.euses dans le monde et les ravages du capitalisme sur l’environnement. Gabriel Zucman était chargé de présenter ses propositions « pour gagner une autre répartition des richesses » face aux ultrariches, reprises à son compte par S.  Binet.

La journée s’est conclue par un meeting international pour la paix au cours duquel plusieurs syndicats ont dénoncé les agressions américaines contre le Venezuela, l’Iran et Cuba, mais également la militarisation en cours pour préparer la guerre. Dans sa déclaration lue en tribune, le secrétaire adjoint de la CGT-B (1), dont le visa a été refusé par la France, a dénoncé les guerres interimpérialistes et la nécessité pour les travailleurs.euses de combattre tous les impérialismes : l’impérialisme américain, mais aussi l’impérialisme français, Israël et le pouvoir au Burkina qui se place sous la coupe de l’impérialisme russe.

De nombreux délégués sont revenus sur le mouvement des retraites de 2023 pour critiquer l’alignement de la CGT sur l’intersyndicale , qui est, pour eux, la raison de son échec.

Les fédérations « contestataires » ont organisé les interventions de leurs délégués en ce sens pour afficher « leur syndicalisme révolutionnaire, de classe et de masse ». Ceci dit, le rapport d’activité qui n’avait pas été adopté en 2023 a reçu plus de 80 % de votes favorables. Les fédérations chimie et organismes sociaux ont multiplié les interventions pour dénoncer l’abandon présumé de la revendication du «  100  % sécu  » censé constituer « l’antidote au capitalisme » (?!). Ce débat de posture illustre la confusion politique caractérisant de nombreuses interventions pilotées par des fédérations pourtant parfaitement alignées sur la ligne confédérale pour la réindustrialisation du pays et le « made in France  », totalement absents des débats.

Mis à part des modifications statutaires non adoptées, la direction confédérale sort confortée par les votes qui ont permis son renouvellement sans heurts. C’est la mise en avant par S. Binet du combat contre l’extrême droite, l’implication annoncée de la CGT dans les prochaines élections présidentielles, son soutien à la lutte du peuple palestinien, et contre les violences sexistes et sexuelles au sein de la CGT qui ont rassemblé les militants derrière la secrétaire générale dans un congrès « tenu », voire verrouillé.

Le nombre de primo-congressistes confirme le rajeunissement de l’organisation. Si les débats ont montré la confusion politique et idéologique, ils reflètent néanmoins la volonté de s’organiser pour se battre contre le patronat et le système capitalise chez les nouveaux adhérents.

En conclusion du congrès qui l’a confortée, S. Binet affichait une CGT rassemblée et mobilisée.

Pendant ce congrès, les luttes se sont poursuivies pour les salaires, les indemnités kilométriques, le blocage des prix du carburant, des moyens pour la santé à l’hôpital public, les cliniques privées et les Ehpad et pour dire « Non aux licenciements !

» comme chez Bosch Vendôme. C’est à quelques kilomètres du congrès confédéral et c’est après avoir déjà fait céder la multinationale (2) que 250 camarades de travail sont en grève totale pour obtenir de l’entreprise qu’elle annonce ses intentions sur la fermeture ou sur la cession de l’usine. Contrainte par la mobilisation, l’entreprise a rouvert les négociations. L’intersyndicale a refusé d’accompagner les licenciements et poursuit la mobilisation pour défendre les intérêts des travailleurs.euses, leurs emplois et faire payer la multinationale !

Si la CGT reste très impliquée dans le « dialogue social », elle reste une organisation de masse. Les militants qui se reconnaissent dans le syndicalisme de lutte de classe avec leur syndicat CGT, leur section syndicale, dans la lutte pour la défense des intérêts des travailleurs, doivent contribuer à faire avancer les positions de classe dans la CGT. Notre travail syndical et politique doit les y aider et faire avancer la conscience de la nécessité de la rupture avec le système capitaliste-impérialiste ! ★


1. CGT du Burkina Faso
2. Cf.La Forge n°676 et 677.