Parti Communiste des Ouvriers de France

Le billet de la semaine : nous n’acceptons pas de « perdre nos enfants » pour la guerre impérialiste
28 novembre 2025

« Si notre pays flanche, parce qu’il n’est pas prêt à accepter de perdre ses enfants (…) de souffrir économiquement, parce que les priorités iront à la production de défense, si on n’est pas prêt à cela, alors on est en risque ». Le général Mandon, chef d’état-major des armées ne va pas par quatre chemins : il faut préparer les esprits et la population à une guerre avec la Russie, qui menace les Etats de l’Otan à moyen terme : quelques années, d’ici 2030…

C’est ce qu’il ne cesse de répéter depuis sa prise de fonction, début d’été, allant dans chacune de ses prises de position, un cran au-dessus. C’est devant l’assemblée des maires de France qu’il a évoqué le sacrifice des jeunes, les maires que les va-t’en guerre veulent gagner, pour faire passer le message à grande échelle. Les maires qui voient aussi les crédits et les subventions de l’Etat réduites de plus en plus dans le projet de budget de l’Etat, à géométrie variable, mais à austérité constante !

Les réactions ont été immédiates : c’est non à l’idée de faire des jeunes de la chaire à canons. Mais aussi non, aux milliards pour les marchands de canons, pour les armées, toujours plus omniprésentes dans le débat public. Rien n’y fait ; ce n’est pas parce que d’autres chefs d’état-major d’autres pays de l’UE tiennent le même discours, que les gouvernements sont eux aussi dans une concurrence effrénée, à qui aura le plus de chars, le plus de canons, à qui vendra le plus d’armes, que les masses populaires adhèrent à la militarisation de l’économie, de l’école, de la société. C’est vrai chez nous et dans plusieurs pays de l’UE. Mais ce « non » est étouffé par les médias dominants, quand il n’est pas qualifié de « pro-Poutine ».

Macron a senti le danger d’en rajouter, alors qu’il n’est question que d’efforts supplémentaires pour ficeler le budget d’austérité, en rognant sur tous les budgets sociaux. Du coup, il a modulé son discours sur le consentement qu’il voudrait « volontaire », à « l’effort de guerre ». Oui, les militaires de carrière doivent être prêts à « mourir pour la patrie », mais on ne peut pas (encore) attendre cela de toute la population. A ceux qui s’inquiètent, à juste titre, de voir que la nouvelle réforme du Service national universel (SNU) qu’il s’apprête à annoncer, va dans le sens d’un service militaire « volontaire », il s’est empressé de dire que ces jeunes volontaires n’iront pas en Ukraine. Ils patrouilleront dans le cadre du dispositif « sentinelle », c’est-à-dire, avec des armes lourdes, qui tuent, au milieu de la foule… Aux autres, il demande de rejoindre la « réserve » militaire, avec la formation militaire qui leur sera dispensée.

En toile de fond, il y a évidemment la guerre inter-impérialiste entre la Russie et ses alliés et l’Ukraine, soutenue par les puissances impérialistes de l’’Otan, et les arrangements entre Trump et Poutine.

Macron veut continuer à jouer un rôle au niveau de l’UE, en défendant une ligne « dure », de soutien à l’Ukraine, contre la Russie. Mais Trump a plus de cartes dans la main et il négocie directement avec Poutine, les termes d’un arrêt des combats, sur les lignes de front, c’est-à-dire, celles que les armées russes ont imposées aux forces ukrainiennes. Macron gesticule, mais finit par dire que le « plan de paix est bon ». Ce qu’il veut, pour les marchands de canons français, c’est qu’ils aient une part importante du marché du réarmement de l’Ukraine. Il promet de vendre une centaine de Rafale à Zelensky – ou à son successeur – alors que l’Ukraine ne peut pas les payer et que Dassault n’est pas en mesure de les produire… Quel cynisme !

Il n’y a pas de « consentement » à la politique de méga austérité, et il n’y a pas de « consentement » à la militarisation.

Dans les mobilisations qui s’annoncent, notamment celle du 2 décembre, il faudra le crier « haut et fort » !

Dans les mobilisations qui s’annoncent, notamment celle du 2 décembre, il faudra le crier « haut et fort » !