Le budget d’austérité de Lecornu 2, pour nous, c’est toujours non ! 12 novembre 2025
Comme la majorité des travailleurs, des masses populaires, nous sommes largement spectateurs des discussions, négociations, tractations qui se mènent depuis des semaines à l’Assemblée nationale et au Sénat, alors que nous sommes les premiers concernés, car c’est à nous que l’Etat veut faire « payer sa dette ».
Ces débats vont se poursuivre au moins jusqu’en décembre. Ils sont souvent « illisibles » pour le plus grand nombre, du fait de leur technicité et des mille et un mécanismes du débat parlementaire, qui font qu’il est quasi impossible de savoir ce qui est réellement voté et ce qui va s’appliquer.
Cela rappelle la séquence des débats sur la réforme des retraites, qui ont mis en lumière des mécanismes inclus dans la constitution, permettant à l’exécutif d’imposer, en fin de compte, ses textes. A l’époque, c’était le 49.3 qui avait beaucoup servi. Cette fois, Lecornu l’a écarté, mais il peut compter sur d’autres « voies de passage », y compris celle des ordonnances, en cas de blocage au Parlement, au terme d’un délai de 70 jours (soit la fin décembre). Cela montre, une fois encore, le caractère antidémocratique des institutions de l’Etat bourgeois.
Comme nous le disons dans notre tract pour les manifestations des retraité.es du 6 novembre, cette « dette » n’est pas la nôtre !
C’est celle des riches et des grandes entreprises, exonérés d’impôts depuis de dizaines d’années et gavés d’aides publiques. C’est celle des monopoles d’armement grassement financés par les commandes de l’Etat. C’est celle de toutes les entreprises privées qui font des profits via la privatisation des services publics, comme la santé, l’éducation, la recherche et les transports… Le « trou » de la Sécu, ce n’est pas nous qui le creusons !
Ce sont les exonérations de cotisations, les « trappes » à bas salaires, les milliers de licenciements pour plus de profits qui en sont responsables…
Lecornu à la recherche d’un compromis avec le PS
Ces négociations se sont développées depuis que le gouvernement Lecornu 2, composé de macronistes pur jus, s’est lancé dans la quête du compromis avec le PS, pour l’adoption du budget de l’Etat (prévision : 305 milliards) et celui de la Sécurité sociale (PLFSS, prévision 665 milliards).
Lecornu compte sur le soutien explicite ou l’abstention bienveillante des droites.
Si le RN continue à brandir la menace de la dissolution, il se retrouve avec les droites et des macronistes dans la surenchère sur le thème du refus de tout impôt ou taxe sur les entreprises, les riches… oubliant au passage ses discours « sociaux ».
C’étaient le Medef et les grands patrons du CAC 40 qui étaient montés au créneau pour dénoncer certains aspects du budget Bayrou et menaçaient Macron et son gouvernement d’une « grande manifestation » au cas où il leur viendrait à l’idée d’augmenter la fiscalité sur les possédants ; ils avaient alors obtenu gain de cause. Mais ils avaient aussi contribué, sans le vouloir, à faire grandir le rejet du budget des « 44 milliards d’économies » de Bayrou, rejet qui s’est notamment traduit par les mouvements de grèves et de manifestations de septembre et octobre.
Aujourd’hui, ils repartent à la bataille contre la « frénésie fiscale » du gouvernement Lecornu 2 cherchant le soutien du PS. Ils mettent en avant des patrons de PME « familiales », qui « menacent de mettre la clé sous la porte », à longueur de reportages et d’interviews.
Les débats ne portent pas sur l’austérité pour les larges masses, mais sur la nécessité de « préserver la compétitivité des entreprises », menacées par les produits venant de Chine, les taxes et les diverses « contraintes » qui poussent aux délocalisations. A l’appui, ce sont les centaines de plans antisociaux qui mettent des milliers de travailleurs à la rue, plans que le gouvernement et les « services de l’Etat » continuent à financer sans sourciller.
Macron, dont la côte de popularité est au plus bas (11 % selon de récents sondages) s’est permis, depuis l’Egypte, d’affirmer que ce sont les partis politiques qui sont responsables des blocages actuels.
Incapable de la moindre remise en cause, il veut afficher à tout prix son leadership, quitte à désavouer ses propres « troupes » et son fidèle premier ministre qui s’est qualifié luimême de « moine soldat ». Il a tenu à rectifier le discours de Lecornu et des dirigeants du PS sur le report, ou la suspension, ou le décalage… de la réforme des retraites, pour insister sur le fait qu’il ne s’agit en aucun cas d’une remise en cause, même limitée, de sa réforme phare de son deuxième quinquennat. Il est visiblement le seul à y croire.
Pour les travailleurs, actifs et retraités, chômeurs et précaires, jeunes, pour les femmes des milieux populaires, usagers des services publics, les terrains de mobilisation, ce sont la grève dans les entreprises, les services, les manifestations dans les rues, pour défendre, sans attendre le budget, nos intérêts. ★
