Le FLNKS rejette « l’accord » de Bougival 13 août 2025
Ce 13 août, le FLNKS a fait connaitre la motion adoptée, le 09 août 2025 lors de son 45ème congrès extraordinaire, concernant le rejet unanime, par toutes ses composantes, du projet d’accord issu de la rencontre de Bougival entre l’Etat, des représentants non indépendantistes, et des représentants indépendantistes.
Ce texte, que les Loyalistes ont présenté comme une victoire, et Macron comme un « accord historique », avait auparavant déjà été discuté et rejeté par les militants et les instances des sept formations qui composent actuellement le Front de Libération Kanak et Socialiste. [1]
Les principales raisons, mises en avant par les Indépendantistes pour rejeter ce texte sont les suivantes :
- La non-reconnaissance du peuple Kanak
Comme l’ont notamment souligné l’UC et la DUS, « il n’est plus question dans le texte de Bougival que d’une identité kanak diluée au sein du peuple calédonien », alors que les politiques coloniales menées par la France n’ont eu de cesse d’étouffer démographiquement la revendication d’indépendance Kanak.
- L’abandon de l’objectif d’accession à la pleine souveraineté.
La seule perspective portée par le projet d’accord de Bougival est, en effet, celle d’un « Etat de Nouvelle-Calédonie », au sein de l’entité nationale française.
- La négation du droit à l’autodétermination du peuple colonisé.
L’organisation d’un nouveau référendum est proscrite. Le transfert de compétences régaliennes à un pseudo-Etat de Nouvelle-Calédonie reste formellement possible, mais conditionné par un vote du Congrès à la majorité qualifiée, ce qui le rend quasiment inatteignable pour les indépendantistes, vu la composition du Congrès et le poids de la Province Sud dominée par les partisans du maintien dans la France.
Participant en visio conférence depuis a métropole, qu’il n’a toujours pas le droit de quitter, Christian Tein a fustigé le « mépris de la puissance administrante » à l’égard de du combat du peuple Kanak pour la reconnaissance de ses droits de peuple colonisé et rappelé que, si le FLNKS reste ouvert au dialogue, cela « se fera uniquement sur les modalités d’accession à la vraie souveraineté. ».
Notre parti réaffirme son soutien à cette revendication et aux organisations indépendantistes qui la portent avec esprit de conséquence.
Macron a tenté d’imposer sa « solution », en partant des intérêts de l’impérialisme français qui veut, coûte que coûte, maintenir sa présence dans cette zone stratégique du Pacifique.
En 2021, il a voulu tourner définitivement la page des Accords de Matignon et de Nouméa en faisant passer en force le maintien précipité du troisième référendum et en affirmant que ce serait le dernier.
Il a fait voter la loi sur le dégel du corps électoral, qui a provoqué la colère légitime du peuple Kanak et notamment de sa jeunesse et il s’exonère aujourd’hui de ses responsabilités dans la crise économique et sociale qui s’en est suivi.
Nous dénonçons l’odieux chantage de l’Etat français qui conditionne son soutien à la filière nickel et sa réponse aux urgences sociales, à l’acceptation de l’accord de Bougival et au renoncement de fait à toute indépendance véritable.
Nous dénonçons les prétentions de la réaction « loyaliste » qui pousse à une « départementalisation » au profit de la province Sud, qu’elle contrôle et l’appui que leur apporte les réformes institutionnelles proposées par l’Etat français.
Nous savons que le peuple Kanak colonisé depuis 1853 ne renoncera pas à l’indépendance.
Vive la lutte du peuple Kanak !
Paris le 13 août 2025
Parti Communiste des ouvriers de France
[1] Le FLNKS est actuellement composé des formations suivantes : l’Union calédonienne, le Rassemblement démocratique océanien, le Mouvement océanien indépendantiste, la Dynamik unitaire Sud, le Parti travailliste, la Confédération nationale des travailleurs du Pacifique, la Dynamique autochtone (ex-LKS). L’USTKE proche du Parti travailliste et la Cellule de coordination des actions de terrain (CCAT), liée à l’UC et dont le dirigeant a été nommé président du FLNKS en septembre 2014, ne sont pas formellement membres du FLNKS. Le Palika et l’Union progressiste en Mélanésie (UPM) s’en sont retiré et n’ont pas participé au Congrès de janvier 2025.

