Le gouvernement a reculé sur le 1er Mai 18 avril 2026
L’attaque était perfide : « il faut permettre aux boulangers, aux fleuristes, de travailler le 1er Mai ». On commence par renverser les termes de la question ; ce sont les salariés qui « demandent à pouvoir travailler » et pas leurs patrons – qui peuvent déjà ouvrir la boutique, mais sans faire travailler leurs employés. On met en avant la boulangerie artisanale, mais, dans la foulée, ce sont tous les patrons du secteur de l’alimentation, du commerce et de la restauration, du spectacle… qui attendent la remise en cause du seul jour chômé, payé, de l’année, le 1er Mai, avec tout ce qu’il signifie pour le mouvement syndical et ouvrier.
Nous n’avons pas la mémoire courte : c’est la même méthode qui a été utilisée pour banaliser le travail du dimanche, à la fin des années 2000.
Le Sénat avait voté la loi, fin 2025, mais elle devait passer par l’Assemblée nationale. C’était prévu pour le 10 avril. Attal voulait la faire voter pour une application immédiate, dès le 1er mai 2026. Quand le texte a commencé à être discuté, le 10 avril, il a déposé une motion de rejet « tactique », votée par toute la droite et le RN, pour qu’il soit immédiatement transmis, sans débats, à la commission mixte paritaire, où il avait toutes les chances de passer.
Cette manœuvre a renforcé la constatation qui s’exprimait depuis plusieurs jours, dans des rassemblements syndicaux, dans des déclarations de toutes les centrales syndicales et à l’Assemblée.
Une mesure anti sociale, imposée par un coup de force, par le parti macroniste : c’était trop et même « risqué » pour un gouvernement qui n’a aucune majorité.
Lecornu a préféré temporiser. Il a rencontré les syndicats et fait savoir qu’il ne convoquerait pas la commission mixte paritaire et que le ministre du travail allait inviter les partenaires sociaux à discuter de cette question, au nom du respect du « dialogue social ». En attendant, il allait faire en sorte que les employeurs dans la boulangerie et le commerce des fleurs, qui ouvriraient le 1er mai, avec des salariés (donc en infraction avec la loi), ne soient pas sanctionnés.
Il est clair que sans la mobilisation des syndicats et des travailleurs, cette loi risquait de passer. C’est malgré tout un échec pour le patronat, pour ceux qui ont voté pour la manœuvre d’Attal et pour le gouvernement Lecornu lui-même.
Cela dit, cette attaque s’inscrit dans un contexte, où patronat, gouvernement et réaction ne cessent de dire qu’on ne travaille pas assez, qu’on ne produit pas assez… qu’il y a des secteurs qui manquent de main d’œuvre – comme celui de la fabrication des armes -, qu’il y a trop de contraintes …, tout en licenciant en restructurant et en s’opposant aux augmentations de salaires, au moment où les prix des produits de consommation sont à la hausse.
Cette nouvelle tentative de remise en cause générale du 1er Mai se poursuit avec l’appel au « dialogue social », avec un patronat à l’offensive et un gouvernement à sa botte, qui, certes, est obligé de louvoyer, mais défend par-dessus tout, les intérêts des monopoles, notamment des marchands de canons.
Alors, oui, nous allons manifester le 1er Mai, plus déterminés à défendre nos intérêts de travailleurs, pour les salaires, la santé, l’éducation, contre la guerre, pour la solidarité internationale.
Loi Yadan : au nom des députés macronistes, Attal a retiré l’examen du texte le 16 avril à l’Assemblée, pour annoncer un projet de loi en juin, du même acabit ! Avant d’être stoppée, la pétition contre cette loi liberticide criminalisant la dénonciation de la politique d’Israël, a recueilli 700 000 signatures (sur le site de l’Assemblée nationale, malgré avec un mécanisme particulièrement complexe).
La mobilisation doit continuer et s’amplifier.
